Etats-Unis: incertitude à la frontière Sud après la fin d'une mesure qui bloquait les migrants

Des migrants traversent le fleuve Rio Grande alors qu'ils tentent de se rendre aux États-Unis, dans l'État de Tamaulipas, au Mexique, le 11 mai 2023 (Photo, AFP).
Des migrants traversent le fleuve Rio Grande alors qu'ils tentent de se rendre aux États-Unis, dans l'État de Tamaulipas, au Mexique, le 11 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 12 mai 2023

Etats-Unis: incertitude à la frontière Sud après la fin d'une mesure qui bloquait les migrants

  • Face aux républicains qui exigeaient son maintien et dénoncent une potentielle «invasion», le gouvernement du président démocrate Joe Biden, à nouveau candidat pour 2024, a rappelé que de nouvelles restrictions au droit d'asile ont été adoptées
  • Certains migrants se sont dépêchés de passer la frontière de quelque 3 000 km avant la levée du «Titre 42» pour demander l'asile

EL PASO: L'incertitude règne vendredi à la frontière des Etats-Unis avec le Mexique, après l'expiration d'une mesure qui verrouillait depuis trois ans l'accès au territoire américain, semant la confusion chez de nombreux migrants et faisant craindre aux autorités un afflux "chaotique".

Cette mesure, le "Titre 42" visant à contrer la pandémie, a expiré jeudi à 23H59 (03H59 GMT vendredi).

Face aux républicains qui exigeaient son maintien et dénoncent une potentielle "invasion", le gouvernement du président démocrate Joe Biden, à nouveau candidat pour 2024, a rappelé que de nouvelles restrictions au droit d'asile ont été adoptées.

"Je veux être très clair: notre frontière n'est pas grande ouverte. Les personnes traversant notre frontière illégalement et sans fondement légal pour rester seront immédiatement (...) expulsées", a dit le ministre de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas.

Toutefois, "nous sommes lucides sur les défis auxquels nous allons probablement faire face dans les jours et semaines à venir et nous sommes prêts à y répondre", a-t-il ajouté, notant qu'"un nombre élevé d'arrivées" avait déjà été observé "dans certains secteurs".

M. Biden lui-même a récemment affirmé que la situation serait "chaotique pendant un moment".

L'Etat fédéral s'est préparé, avec plus de 24 000 agents et forces de l'ordre à la frontière en plus de 4 000 militaires.

Restrictions à l'asile

Certains migrants se sont dépêchés de passer la frontière de quelque 3 000 km avant la levée du "Titre 42" pour demander l'asile, de crainte que le changement de règles ne les empêche de le faire pendant cinq ans.

Le "Titre 42", censé limiter la propagation de la Covid-19, conférait la possibilité aux autorités américaines de refouler immédiatement tous les migrants entrés dans le pays, y compris les demandeurs d'asile. En trois ans, il a été utilisé à 2,8 millions de reprises.

De nouvelles restrictions au droit d'asile, finalisées par les ministères de la Justice et de la Sécurité intérieure, sont immédiatement entrées en vigueur jeudi soir.

Avant de se présenter à la frontière, les demandeurs d'asile, sauf les mineurs isolés, devront désormais avoir obtenu un rendez-vous sur une application téléphonique centralisant les demandes, "CBP One", ou s'être vu refuser l'asile dans un des pays traversés.

Sinon, leur demande sera présumée illégitime et ils pourront faire l'objet d'une procédure d'expulsion accélérée, leur interdisant pendant cinq ans l'entrée sur le sol américain.

Confrontés aux changements des dispositifs migratoires, aux rumeurs propagées par les passeurs et à une procédure en ligne complexe, les migrants qui s'entassent dans le Nord du Mexique témoignent d'un casse-tête, amplifié par les bugs fréquents de l'application.

Pleurs et frustrations

A Brownsville, ville du Texas frontalière du Mexique, quelque 22 000 personnes campent du côté mexicain de la frontière, a assuré aux journalistes le sénateur républicain de cet Etat, Ted Cruz. Il s'est dit "en colère" face à une décision "délibérée" de l'exécutif démocrate "d'ouvrir la frontière à ce qui n'est rien moins qu'une invasion".

Le sénateur républicain du Kansas Roger Marshall a déclaré sur Fox News que la situation à la frontière était un "désastre".

"La menace numéro un pour notre sécurité nationale se trouve juste ici dans le Sud du Texas jusqu'à l'Arizona", a-t-il dit, "ce n'est pas l'Amérique dans laquelle j'ai grandi".

Le représentant démocrate de Californie Mike Levin a accusé les républicains de jouer "au football politique" avec les difficultés du système d'immigration et de chercher à "marquer des points plutôt que travailler concrètement à le réparer".

A Brownsville, l'AFP a vu des dizaines de véhicules de police déployés du côté américain du pont qui relie la ville à Matamoros côté mexicain.

Un peu plus loin, des équipements de terrassage étaient visibles avec des employés préparant l'installation de barbelés.

Dans les rues de la ville, Gabriel Landaeta, 22 ans, fait partie de ceux qui dorment dehors. "Si un jour quelqu'un fait un documentaire, qu'il dise que des Vénézuéliens au bon coeur sont venus ici en quête de bonheur", dit-il à l'AFP.

Avec leur mauvais anglais, lui-même et d'autres migrants tentent de se renseigner. "Le Titre 42 est terminé", leur dit un policier.

A El Paso (Texas), des centaines de personnes entrées jeudi ont vu leur dossier traité et pu déposer une demande d'asile. Mais beaucoup d'autres ont été retenues par les garde-frontières, parmi lesquels semblait régner une certaine confusion. "On ne sait pas", répond l'un d'eux lorsqu'on lui demande ce qui va arriver aux migrants qui ont pu passer.

Côté mexicain, à Ciudad Juarez, Agustin Sortomi explique que lui-même, son épouse et leurs deux enfants ont tenté plusieurs fois de se rendre aux autorités américaines mais ont chaque fois été refusés.

"Beaucoup de gens reviennent déjà en disant qu'ils ne laissent passer personne. Je ne sais que faire", dit-il à l'AFP. "Nous n'avons pas accompli notre rêve. Dieu seul sait quand nous le ferons".


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.

 


Les Etats-Unis disent être près d'un accord «solide» avec l'Iran

Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés
  • "J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit" d'Ormuz, mais aussi "à entrer dans des négociations" sur le nucléaire iranien, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio depuis New Delhi.

"Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd'hui (lundi), je ne m'avancerais pas trop là-dessus", a-t-il ajouté.

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.

Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés.

"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

La présidence pense toutefois "que l'approbation de l'accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours", selon le média Axios.

"Comme le président l'a dit, il n'est pas pressé, il ne va pas conclure un mauvais accord, et le président ne signera pas un mauvais accord", a souligné Marco Rubio lundi.

Selon les médias américains, l'accord en préparation entre Téhéran et Washington permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.

Portés par ces espoirs d'accord, les cours du pétrole refluent lundi matin en Asie. Les prix des baril de Brent de la mer du Nord et de WTI américain chutaient de plus de 5% peu après 04H00 GMT.

Quid du nucléaire? 

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger.

"Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus", a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée.

Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.

"
Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a déclaré Marco Rubio au New York Times.

Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, "nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires", a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de "60 jours".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations". Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.

"Droit de se défendre" 

Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.

Et l'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats la veille dans le sud du Liban.

M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban. "Israël a toujours le droit de se défendre. Chaque pays du monde en a le droit", a encore dit Marco Rubio lundi.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays. Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un "projet israélien".