Josep Borrell s'oppose au blocage de l'aide européenne à l'Autorité palestinienne

Josep Borrell s'oppose ainsi frontalement à son collègue, le Hongrois Oliver Varhelyi, commissaire européen en charge de la politique de voisinage. (Photo, AFP)
Josep Borrell s'oppose ainsi frontalement à son collègue, le Hongrois Oliver Varhelyi, commissaire européen en charge de la politique de voisinage. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 13 mai 2023

Josep Borrell s'oppose au blocage de l'aide européenne à l'Autorité palestinienne

  • L'aide de l'UE représente 300 millions d'euros par an
  • Les fonds pour 2023 n'ont pas encore été versés, et ce versement relève d'une décision collégiale de la Commission, a indiqué une porte-parole européenne

STOCKHOLM: Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'est insurgé samedi contre la perspective d'un blocage de l'aide financière à l'Autorité palestinienne en raison de contenus jugés haineux et antisémites dans les manuels scolaires palestiniens.

"L'Autorité palestinienne est dans une situation limite et elle risque la faillite si les financements de l'UE sont bloqués. En tant que Haut représentant, je ne le permettrai pas", a-t-il affirmé à l'AFP à Stockholm où il participe depuis vendredi à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

L'aide de l'UE représente 300 millions d'euros par an.

Josep Borrell s'oppose ainsi frontalement à son collègue, le Hongrois Oliver Varhelyi, commissaire européen en charge de la politique de voisinage, qui a annoncé vendredi que la Commission allait financer "une deuxième étude sur les manuels scolaires palestiniens" pour vérifier leurs contenus, à la suite d'une requête des eurodéputés.

Le Parlement européen a approuvé mercredi le budget européen 2021 mais a de nouveau demandé à ce que "le soutien financier de l'Union à l'Autorité palestinienne dans le domaine de l'éducation soit soumis à la condition que les contenus des manuels (scolaires) soient alignés avec les normes de l'Unesco", "que toutes les références antisémites soient supprimées, et que les exemples incitant à la haine et à la violence soient retirés".

"Nous avons un intérêt commun à assurer à la prochaine génération une éducation qui soutient la paix et la coexistence", a tweeté Oliver Varhelyi.

"Cette affaire est déjà traitée par la Commission et le Service d'actions extérieures avec l'Autorité palestinienne. Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle étude, ni de rien qui retarde le versement de l'aide financière dont l'Autorité palestinienne a besoin", a rétorqué Josep Borrell.

"Le versement de l'aide européenne a déjà souffert de retards il y a deux ans, et cela a eu pour conséquence de priver des personnes d'une assistance nécessaire", a-t-il souligné. "Il n'est pas question de chercher des excuses pour bloquer cette aide financière. Sur ce point je suis ferme", a-t-il averti.

Les fonds pour 2023 n'ont pas encore été versés, et ce versement relève d'une décision collégiale de la Commission, a indiqué une porte-parole européenne.


Le président brésilien Lula persiste à accuser Israël de «génocide» à Gaza

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'exprime lors de la cérémonie d'ouverture de la 37e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine (UA) au siège de l'UA, à Addis-Abeba, le 17 février 2024 (Photo, AFP).
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'exprime lors de la cérémonie d'ouverture de la 37e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine (UA) au siège de l'UA, à Addis-Abeba, le 17 février 2024 (Photo, AFP).
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  • Le dirigeant brésilien, qui réagissait pour la première fois depuis la polémique lancée par sa comparaison de l'offensive israélienne à l'Holocauste nazi, a maintenu sa position
  • «C'est un génocide. Ce sont des milliers d'enfants morts et des milliers de disparus. Ce ne sont pas des soldats qui meurent, ce sont des femmes et des enfants à l'hôpital», a martelé Lula

RIO DE JANEIRO: Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a persisté vendredi à accuser Israël de "génocide" envers les Palestiniens à Gaza, après avoir récemment déclenché une crise diplomatique en comparant l'offensive israëlienne contre le Hamas à la Shoah.

"Ce que l'Etat d'Israël est en train de faire, ce n'est pas une guerre, c'est un génocide, car il est en train de tuer des femmes et des enfants", a lancé Lula lors d'une cérémonie à Rio de Janeiro, après avoir été déclaré lundi "persona non grata" par Israël pour avoir tenu ces mêmes propos.

Le dirigeant brésilien, qui réagissait pour la première fois depuis la polémique lancée par sa comparaison de l'offensive israélienne à l'Holocauste nazi, a maintenu sa position, soulignant à plusieurs reprises le terme de "génocide".

"C'est un génocide. Ce sont des milliers d'enfants morts et des milliers de disparus. Ce ne sont pas des soldats qui meurent, ce sont des femmes et des enfants à l'hôpital. Si cela n'est pas un génocide, je ne sais pas ce qu'est un génocide", a martelé Lula.


L'ex-patron du lobby américain des armes NRA jugé coupable de corruption

L'ancien patron de la National Rifle Association (NRA) Wayne LaPierre quitte la Cour suprême de l'État de New York le 21 février 2024 à New York (Photo, AFP).
L'ancien patron de la National Rifle Association (NRA) Wayne LaPierre quitte la Cour suprême de l'État de New York le 21 février 2024 à New York (Photo, AFP).
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  • Ce verdict d'un jury civil rapporté par plusieurs médias américains comme ABC et CNN s'accompagne pour M. LaPierre d'une réparation financière de plus de 4,3 millions de dollars
  • C'est une nouvelle victoire pour la procureure générale de l'Etat de New York Letitia James

NEW YORK: L'ancien patron de la National Rifle Association (NRA) Wayne LaPierre, qui avait démissionné en janvier du lobby des armes très influent sur la politique américaine, a été reconnu coupable au civil vendredi de mauvaise gestion et de corruption par un tribunal de New York.

Ce verdict d'un jury civil rapporté par plusieurs médias américains comme ABC et CNN s'accompagne pour M. LaPierre d'une réparation financière de plus de 4,3 millions de dollars.

La télévision ABC a expliqué que le jury avait déterminé que M. LaPierre -- dirigeant historique de la NRA avant de la quitter en janvier -- avait coûté par sa mauvaise gestion quelque 5,4 millions de dollars à son organisation. Mais qu'il en avait déjà remboursé un million.

C'est une nouvelle victoire pour la procureure générale de l'Etat de New York (plus haute magistrate locale et également équivalent d'une ministre locale de la Justice), Letitia James.

Cette élue du Parti démocrate, qui a fait condamner le 16 février au civil à New York l'ancien président Donald Trump à une amende de 355 millions de dollars, avait lancé une action au civil en août 2020 contre Wayne LaPierre et la NRA.

Il était poursuivi pour des dépenses personnelles somptuaires réglées par la NRA, et autres abus de biens sociaux, notamment des voyages en avion et des séjours sur des yachts.

M. LaPierre et la NRA ont nié toutes les accusations.

Trois jours avant son procès, ce dirigeant de 74 ans avait annoncé sa démission de la tête de la NRA, effective le 31 janvier, après trois décennies comme chef d'une organisation de cinq millions de membres, avec une très forte influence sur des élus du Congrès et sur la politique américaine.

L'association vieille de 150 ans, censée être sans but lucratif, est enregistrée à New York et s'était déclarée en faillite en 2021. Mais cette procédure avait échoué.

C'est sous la houlette de M. LaPierre que le lobby est devenu extrêmement actif auprès des responsables politiques, qu'il finance ou note défavorablement, parvenant à bloquer au Congrès les propositions de loi considérées comme limitant le droit de posséder et de porter une arme à feu.

La NRA a par exemple versé des dizaines de millions de dollars à la campagne de M. Trump en 2016.


A l'ONU, l'Ukraine fustige la Russie qui «ignore la voix» du monde

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a accusé vendredi à l'ONU la Russie d'"ignorer la voix" de la majorité, tandis qu'une cinquantaine d'Etats affichaient leur soutien à son pays, deux ans après le début de l'invasion russe (Photo, AFP).
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a accusé vendredi à l'ONU la Russie d'"ignorer la voix" de la majorité, tandis qu'une cinquantaine d'Etats affichaient leur soutien à son pays, deux ans après le début de l'invasion russe (Photo, AFP).
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  • Les Occidentaux tenaient à afficher ce soutien politique au moment où l'armée ukrainienne est fragilisée
  • De nombreux ministres européens des Affaires étrangères ont fait le déplacement à l'ONU

NATIONS UNIES: Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a accusé vendredi à l'ONU la Russie d'"ignorer la voix" de la majorité, tandis qu'une cinquantaine d'Etats affichaient leur soutien à son pays, deux ans après le début de l'invasion russe.

"Malheureusement, la Russie ignore la volonté de la majorité mondiale, elle continue son agression, et continue de jeter de plus en plus d'hommes dans les flammes de la guerre", a déclaré Dmytro Kuleba à la tribune de l'Assemblée générale.

"La Russie ne peut pas ignorer la voix de la majorité du monde si nous adoptons une position de principe et agissons ensemble", a-t-il ajouté, appelant tous les Etats membres à participer à une conférence pour la paix qui doit être organisée en Suisse autour de la formule de paix en dix points du président Volodymyr Zelensky.

Le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis a d'ailleurs invité tous les Etats membres à participer à cette conférence envisagée "d'ici cet été".

Une idée rejetée par la Russie. "On ne devrait pas perdre de temps avec les plans futiles de Kiev pour négocier sur la base de la soi-disant formule de paix Zelensky. Ce n'est qu'un ultimatum et une tentative d'appâter le plus de pays possible dans des réunions sans fin sur un projet utopique", a lancé l'ambassadeur russe à l'ONU Vassili Nebenzia.

"Depuis deux ans (...), la guerre en Ukraine demeure une plaie ouverte au cœur de l'Europe", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'une réunion du Conseil de sécurité. "C'en est assez."

De nombreux ministres européens des Affaires étrangères ont fait le déplacement à l'ONU vendredi pour ces réunions, du britannique David Cameron au Français Stéphane Séjourné.

"Nous sommes réunis aujourd'hui pour réaffirmer notre solidarité avec le peuple ukrainien, rendre hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie pour la défense de la liberté et de l'indépendance de l'Ukraine", ont insisté une cinquantaine de pays alliés de l'Ukraine dans une déclaration commune.

"Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale" de l'Ukraine, ont-ils insisté dans cette déclaration lue par M. Kuleba entouré de dizaines de ministres et diplomates.

Les Occidentaux tenaient à afficher ce soutien politique au moment où l'armée ukrainienne est fragilisée par le blocage de l'aide américaine, l'échec de sa contre-offensive estivale et un manque croissant d'hommes et de munitions.

Mais contrairement à l'an dernier, la journée n'est pas marquée par un vote, dans un contexte où la guerre entre Israël et le Hamas est désormais au centre des batailles diplomatiques onusiennes.

En février 2023, l'Assemblée générale de l'ONU avait exigé à nouveau un retrait "immédiat" des troupes russes ayant envahi l'Ukraine un an plus tôt, votant à une majorité écrasante (141 pour, 7 contre, 32 abstentions) une résolution appelant aussi à une paix "juste et durable".

Mais depuis, "l'humeur a changé", a commenté une source diplomatique, évoquant le risque que l'Ukraine ait perdu le soutien des pays arabes en s'abstenant lors des votes de l'Assemblée générale réclamant un cessez-le-feu à Gaza.

Trois précédentes résolutions liées à l'invasion russe avaient recueilli entre 140 et 143 voix pour, avec une poignée de pays votant systématiquement contre (Russie, Bélarus, Syrie, Corée du Nord) et moins de 40 s'abstenant.