Dans le vieux Djakarta, une mosquée arabe témoigne d’un passé cosmopolite

Un Indonésien d’origine arabe passe devant Langgar Tinggi, l’une des plus anciennes mosquées de Djakarta, le 13 mai 2023. (Photo, AN)
Un Indonésien d’origine arabe passe devant Langgar Tinggi, l’une des plus anciennes mosquées de Djakarta, le 13 mai 2023. (Photo, AN)
Achmad Alwi Assegaf, le gardien de Langgar Tinggi, l’une des plus anciennes mosquées de Djakarta, à côté de son minbar, le 13 mai 2023. (Photo, AN)
Achmad Alwi Assegaf, le gardien de Langgar Tinggi, l’une des plus anciennes mosquées de Djakarta, à côté de son minbar, le 13 mai 2023. (Photo, AN)
Achmad Alwi Assegaf, le gardien de Langgar Tinggi, l’une des plus anciennes mosquées de Djakarta, prie dans la salle de prière de la mosquée, le 13 mai 2023. (Photo, AN)
Achmad Alwi Assegaf, le gardien de Langgar Tinggi, l’une des plus anciennes mosquées de Djakarta, prie dans la salle de prière de la mosquée, le 13 mai 2023. (Photo, AN)
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Publié le Mercredi 17 mai 2023

Dans le vieux Djakarta, une mosquée arabe témoigne d’un passé cosmopolite

  • Contrairement à la plupart des structures historiques de Djakarta, la mosquée Langgar Tinggi a conservé sa forme originale
  • Son architecture est un mélange d’influences arabe, européenne, chinoise et javanaise

DJAKARTA: Lorsque les marchands de la péninsule Arabique ont commencé à s’installer à Batavia à la fin du XVIIIe siècle, la plupart d’entre eux sont restés à Pekojan, un quartier que certains membres de la communauté considèrent toujours comme son cœur battant.

Batavia était la principale ville des Indes orientales néerlandaises et correspond à l’actuelle capitale de l’Indonésie, Djakarta. Les dirigeants coloniaux néerlandais étaient très soucieux de mettre en œuvre la division raciale et les différents groupes ethniques étaient également tenus de vivre dans des zones spécifiques.

Pekojan était l’un de ces quartiers: il était non seulement témoin de la ségrégation, mais aussi de la nature de la communauté arabe, qui a su la transcender et embrasser les diverses influences multiculturelles de son nouveau foyer. Le style éclectique de Langgar Tinggi, l’une des plus anciennes mosquées de Djakarta et l’édifice emblématique du quartier arabe, en est la preuve vivante.

Contrairement à la plupart des structures historiques de Djakarta, la mosquée construite il y a près de deux cents ans a conservé sa forme originale. «Regardez cet édifice, il est toujours solide et intact depuis 1828 (...). Cette mosquée a conservé sa forme originale et n’a pas été modifiée depuis sa construction. Nous ne voulons pas qu’elle soit modifiée», raconte à Arab News le gardien de Langgar Tinggi, Achmad Alwi Assegaf.

La mosquée de deux étages a été construite par Aboubakar Shihab, un commerçant musulman du Yémen, sur un terrain offert par une importante famille de marchands d’Arabie du Sud. À l'époque, de nombreux riches commerçants d’origine arabe vivant en Asie du Sud-Est finançaient des installations religieuses ou communautaires pour les musulmans dans les pays colonisés par des puissances européennes non musulmanes.

«Ce sont des cadeaux laissés par les générations précédentes (...) Elles ont construit des mosquées, des salles de prière et financé la célébration des fêtes islamiques pour que les habitants de Pekojan les observent comme au Yémen», explique M. Assegaf, dont la famille est arrivée à Batavia en provenance du Yémen il y a sept générations.

L’ancienne communauté s’était également adaptée aux différents modes de vie de ses voisins: les Chinois, les Européens et les groupes indigènes locaux. Les éléments en bois, les tuiles rouges et les murs blancs de la mosquée font qu’elle ne ressemble pas forcément à une mosquée traditionnelle. En regardant de plus près, on s’aperçoit que c’est un mélange de traditions architecturales qui a contribué à sa forme.

Ses piliers s’inspirent de l’architecture portugaise, qui était à la mode à l’époque, précise M. Assegaf. Les portes, les fenêtres et les poutres de support s’inspirent de la tradition architecturale chinoise, tandis que le style de la base de la structure est commun à l’ensemble de l’île de Java.

«Une fusion a eu lieu. On le voit dans la mosquée de Langgar Tinggi, qui ne se limite pas à l’architecture des Arabes, mais à celle de tous ceux avec qui nous avons commercé et vécu», indique M. Assegaf. Au fil des décennies, Pekojan a perdu beaucoup de ses habitants d’origine. Les plus riches se sont installés dans d’autres parties de Djakarta et de nombreux bâtiments originaux du quartier se sont dégradés.

Abou Sulthan, marchand de bétail, est resté à Pekojan car sa famille y vit depuis 1910. Cependant, il a constaté que le caractère unique du quartier disparaissait peu à peu. «Avant, il y avait beaucoup d’Arabes et de commerçants ici», se souvient-il. «Pekojan est toujours connu comme un quartier arabe, mais beaucoup d’habitants ont déménagé», explique-t-il.

Celui qui, contre toute attente, garde l’espoir que la gloire d’antan reviendra est le gardien de Langgar Tinggi, qui insiste sur le fait que Pekojan sert toujours de référence à la culture arabe. «La culture du Yémen a toujours été préservée à Pekojan», affirme M. Assegaf, évoquant la tradition culinaire du quartier et donnant des exemples de plats arabes authentiques servis dans les restaurants locaux. «Les chefs d’hôtel apprennent également à cuisiner ici», assure-t-il. «L’identité unique est toujours vivante.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tom Holland livre sa meilleure performance à ce jour dans « Spider-Man: Brand New Day »

Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
Tom Holland dans le rôle de Peter Parker dans « Spider-Man: Brand New Day ». (Photo fournie)
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  • Tom Holland livre sa performance la plus aboutie dans un Spider-Man plus sombre, vulnérable et profondément humain
  • Grâce à la réalisation de Destin Daniel Cretton, le film renouvelle la franchise avec une approche émotionnelle, portée par une excellente alchimie entre Holland et Zendaya

DUBAÏ : « Spider-Man: Brand New Day » est l'épisode le plus sombre et le plus introspectif à ce jour consacré au sympathique héros de quartier de Marvel. Destin Daniel Cretton (« Short Term 12 », « Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux », « Wonder Man ») s'impose comme un choix étonnamment parfait pour ce virage tonal. Depuis longtemps salué pour son travail avec les acteurs dans des drames intimistes, Cretton apporte cette même sensibilité à une superproduction, permettant à Tom Holland de livrer une interprétation brute et profondément incarnée qui entraîne le personnage dans des territoires véritablement troublants.

Dans la continuité des séquelles émotionnelles de « No Way Home », le film retrouve Peter Parker dans un état de profond déracinement. Avec l'aide de Doctor Strange, il a effacé des mémoires du monde entier le secret de son identité. Son meilleur ami, Ned Leeds (Jacob Batalon), et l'amour de sa vie, MJ (Zendaya), poursuivent désormais leur existence comme s'il n'avait jamais existé. Le cœur brisé et totalement seul, Parker consacre ses jours et ses nuits à combattre le crime, comme si l'épuisement pouvait combler le vide laissé par sa vie d'autrefois.

Le récit s'appuie pleinement sur cette solitude, qui devient le moteur thématique central du film. Le scénario interroge Peter Parker sur ce qu'il se refuse à vivre lorsqu'il choisit d'ignorer ce qui le rend profondément humain : ses relations avec les autres. Et à mesure qu'il se replie sur lui-même, son corps comme son esprit commencent à se transformer d'une manière qu'il ne maîtrise plus totalement. C'est une métaphore audacieuse du choix du confort de la solitude face à l'inconfort de l'intimité et du changement, flirtant avec le body horror et le thriller psychologique. Mais la mise en scène maîtrisée de Cretton et la vulnérabilité de Holland empêchent l'ensemble de basculer dans le ridicule.

Pendant ce temps, Spider-Man affronte un tout nouvel adversaire, capable de prendre possession du corps de simples civils et déterminé à mettre la main sur un élément conservé au sein de l'agence gouvernementale Damage Control, dirigée par William « Bill » Metzger, brillamment incarné par Tramell Tillman, révélé dans « Severance ». Peter reçoit également l'aide de quelques visages familiers — dont nous ne révélerons pas l'identité — tandis qu'un nouveau personnage fait son apparition, interprété par Sadie Sink (« Stranger Things »). L'actrice s'empare pleinement de son rôle, qui bouleverse la franchise de façon spectaculaire.

Si Tom Holland signe une prestation remarquable, tout en justesse et en intensité, Zendaya brille tout autant dans la peau d'une MJ désormais adulte. La complicité entre les deux acteurs est toujours aussi évidente, et chacune de leurs scènes dégage une énergie irrésistible.

Au final, Destin Daniel Cretton signe l'un de ces rares films de super-héros qui paraissent profondément humains, tandis que Tom Holland livre sans doute sa meilleure interprétation de Peter Parker à ce jour. Si vous hésitez encore à acheter votre billet en vous demandant si vous avez vraiment besoin d'un nouveau film de super-héros, n'hésitez plus. Faites le grand saut. Faites confiance à Spider-Man pour amortir votre chute. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le DJ français Kavinsky retrouvé mort à son domicile à Paris

Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien. (AFP)
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  • Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet
  • Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024

PARIS: Le DJ Kavinsky, une des figures de la scène électro française, a été retrouvé mort à son domicile à Paris, a indiqué mercredi le parquet, sollicité par l'AFP, confirmant une information du Parisien.

Le parquet a précisé qu'"une enquête en recherche des causes de la mort" avait été ouverte, "afin de déterminer l'origine du décès, aucun élément suspect n'ayant été découvert sur place par les services primo-intervenants", mardi soir.

Kavinsky, Vincent Belorgey de son vrai nom, aurait fêté ses 51 ans le 31 juillet.

Cet artiste emblématique de la French Touch était notamment célèbre pour son titre "Nightcall", repris avec le groupe pop-rock Phoenix et la star belge Angèle pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024.

"Avec la disparition soudaine de Kavinsky, la France perd l'une de ses voix les plus singulières. Du film +Drive+ aux JO de Paris, le monde entier avait vibré sur +Nightcall+. À la fois dansante et nostalgique, sa musique continuera de traverser les générations et les frontières", a réagi sur X la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Pianiste autodidacte né en Seine-Saint-Denis, Kavinsky s'est lancé au début des années 2000, assurant notamment des premières parties de Daft Punk et se produisant aux côtés d'autres nouveaux noms de la scène électro, comme SebastiAn. Mais le grand tournant de sa carrière reste "Nightcall", ce tube synthwave à l'ambiance assombrie et au tempo ralenti, qui a fait partie de la bande originale de "Drive", thriller à succès avec Ryan Gosling.


Guggenheim Abu Dhabi fixe sa date d’ouverture en décembre

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  • Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira le 11 décembre, marquant une nouvelle étape dans le développement d’Abu Dhabi comme destination culturelle mondiale
  • Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le musée mettra à l’honneur l’art moderne et contemporain à travers une collection mêlant perspectives régionales et internationales

DUBAÏ : Le Guggenheim Abu Dhabi ouvrira officiellement ses portes le 11 décembre de cette année, a annoncé mardi le Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi.

Cette ouverture marque une étape majeure dans les efforts de l’émirat pour s’imposer comme une destination mondiale de l’art et de la culture.

Le musée d’art moderne et contemporain servira de plateforme d’échange artistique, avec pour ambition de présenter des perspectives mondiales variées tout en mettant en valeur les récits des Émirats arabes unis et de la région. Conçu pour susciter la curiosité autour de l’art moderne et contemporain, il entend mobiliser les nouvelles générations à travers des expositions, des programmes éducatifs et un dialogue culturel.

Situé dans le quartier culturel de Saadiyat, le Guggenheim Abu Dhabi rejoindra le Louvre Abu Dhabi, le Musée national Zayed, le Musée d’Histoire naturelle d’Abu Dhabi et teamLab Phenomena Abu Dhabi, renforçant ainsi le statut du quartier comme l’un des principaux pôles culturels au monde.

Membre du réseau de musées Guggenheim, qui comprend notamment ceux de New York, Venise et Bilbao, l’établissement d’Abu Dhabi a été développé avec une identité propre, ancrée dans l’histoire de l’émirat en tant que carrefour du commerce et des cultures.

Mohamed Khalifa Al-Mubarak, président du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi, a déclaré : « Le Guggenheim Abu Dhabi représente un moment décisif dans notre parcours culturel. Le musée est le fruit de la conviction profonde de l’émirat que la culture constitue le lien le plus durable entre les peuples et un pilier essentiel des sociétés tournées vers l’avenir. Il apporte de nouvelles perspectives sur l’art moderne et contemporain, en mettant en lumière des œuvres venues des quatre coins du monde.

En tant qu’élément clé du quartier culturel de Saadiyat, le musée créera de nouvelles opportunités de transformation en matière d’apprentissage, de créativité et d’échanges culturels, inspirant les générations futures à explorer leur propre potentiel. Ici, chacun trouvera sa place et pourra se reconnaître dans les récits racontés par le musée, en découvrant des idées et des voix artistiques venues du monde entier. »

La Dre Mariet Westermann, directrice générale de la Fondation Solomon R. Guggenheim, a déclaré : « La Fondation Guggenheim est fière et heureuse d’être un partenaire de longue date du Département de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi dans la création d’un musée d’art contemporain d’une ambition et d’une envergure exceptionnelles. La collection du musée est à la fois profondément ancrée dans son territoire et résolument internationale, centrée sur la région tout en réunissant des œuvres provenant de tous les continents. À travers les nombreuses histoires qu’il racontera et fera découvrir, le Guggenheim Abu Dhabi sera une source d’émerveillement, un lieu de rencontre et un espace de curiosité et de joie pour les habitants des Émirats arabes unis comme pour les visiteurs du monde entier. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com