Russie: amende requise contre l'opposant Roïzman pour «discrédit» de l'armée

L'opposant russe et ancien maire d'Ekaterinbourg Evgueni Roizman, accusé d'avoir "discrédité" l'armée pour ses commentaires sur la campagne militaire russe en Ukraine, comparaît devant le tribunal d'Ekaterinbourg, le 18 mai 2023. (Photo Anna YURIEVA / AFP)
L'opposant russe et ancien maire d'Ekaterinbourg Evgueni Roizman, accusé d'avoir "discrédité" l'armée pour ses commentaires sur la campagne militaire russe en Ukraine, comparaît devant le tribunal d'Ekaterinbourg, le 18 mai 2023. (Photo Anna YURIEVA / AFP)
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Publié le Vendredi 19 mai 2023

Russie: amende requise contre l'opposant Roïzman pour «discrédit» de l'armée

  • Evguéni Roïzman est accusé d'avoir «discrédité» l'armée russe dans une vidéo qu'il avait publiée sur YouTube en juillet 2022 en critiquant l'opération russe en Ukraine
  • M. Roïzman, 60 ans, qui a plaidé non coupable lors de son procès qui a commencé fin avril, risquait jusqu'à 5 ans de prison

MOSCOU: Le Parquet russe a requis jeudi une amende contre l'opposant Evguéni Roïzman, l'un des derniers grands détracteurs du Kremlin encore présents et en liberté en Russie, pour «discrédit» de l'armée russe, a rapporté l'agence officielle TASS.

«Je demande de condamner Roïzman (...) à une amende de 260.000 roubles», environ 3.000 euros au taux de change actuel, a déclaré le procureur, cité par l'agence, lors du procès de l'opposant qui se déroule à Ekaterinbourg, une grande ville de l'Oural dont il fut maire.

M. Roïzman, 60 ans, qui a plaidé non coupable lors de son procès qui a commencé fin avril, risquait jusqu'à 5 ans de prison.

Ce délit relève d'une «faible gravité», a expliqué le procureur, en évoquant également des «circonstances atténuantes» comme des enfants en bas âge à la charge de l'opposant et ses activités caritatives.

Pour sa part, l'avocat Vladislav Imadjapov a demandé la relaxe de son client.

Le verdict dans le procès de l'opposant est attendu vendredi.

«C'est tout à fait inattendu (...). A l'heure actuelle, c'est vraiment très peu ce qu'ils demandent», a réagi devant la presse M. Roïzman, cité par l'agence publique RIA Novosti, en qualifiant la requête du parquet de «végétarienne».

Evguéni Roïzman est accusé d'avoir «discrédité» l'armée russe dans une vidéo qu'il avait publiée sur YouTube en juillet 2022 en critiquant l'opération russe en Ukraine.

Il risquait jusqu'à cinq ans de prison, selon une loi adoptée en Russie dans la foulée du lancement de l'offensive en Ukraine fin février 2022, un texte répressif qui a récemment encore été durci.

De nombreuses personnalités et anonymes russes ont été incarcérés sur cette base.

Evguéni Roïzman, qui a dirigé Ekaterinbourg, ville de 1,5 million d'habitants, entre 2013 et 2018, est considéré comme l'une des dernières grandes figures de l'opposition à être restée en Russie et à avoir, pour l'instant, échappé à une lourde peine de prison.

Après avoir été inculpé pour avoir «discrédité» l'armée russe en août dernier, M. Roïzman n'avait pas été placé en détention provisoire, mais s'était vu interdire d'utiliser internet et de donner des interviews.

Autour de lui, les principales figures de l'opposition restées en Russie ont été jetées en prison, comme Alexeï Navalny, Ilia Iachine ou Vladimir Kara-Mourza.

En décembre dernier, l'opposant Ilia Iachine a été condamné à huit ans et demi de prison pour avoir condamné l'offensive en Ukraine.

Pour sa part, l'opposant Vladimir Kara-Mourza a écopé de 25 ans de prison en avril, un jugement d'une rare sévérité, pour «haute trahison», diffusion de «fausses informations» sur l'armée russe et travail illégal pour une organisation «indésirable».

Leur incarcération s'inscrit dans la ligne générale des autorités russes visant à réprimer toute voix de contestation.

Ainsi, un militant d'opposition russe Mikhaïl Kriguer, qui a critiqué publiquement à plusieurs reprises l'intervention russe en Ukraine, a été condamné mercredi à sept ans de camp pénitentiaire à Moscou pour «apologie du terrorisme».

Poursuivi pour ses posts sur Facebook écrits il y a deux ans, il a qualifié ces accusations de «prétexte» pour le punir pour sa position pro-ukrainienne.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.