Négociations acharnées pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis

Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), prend la parole lors de la conférence mondiale du Milken Institute à Beverly Hills, Californie, le 1er mai 2023. (AFP)
Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), prend la parole lors de la conférence mondiale du Milken Institute à Beverly Hills, Californie, le 1er mai 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 28 mai 2023

Négociations acharnées pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis

  • Les discussions se sont poursuivies tard dans la nuit et ont repris samedi matin
  • Pour lever le risque d'une banqueroute, il faut que le Congrès vote pour relever le plafond maximal d'endettement public autorisé

WASHINGTON: Démocrates et républicains semblent proches d'un accord samedi afin d'éviter un défaut de paiement des Etats-Unis avant la nouvelle date-butoir du 5 juin, mais les négociations buttent encore sur d'ultimes points.

Le président américain Joe Biden a fait part, dès vendredi soir, de son optimisme quant aux perspectives d'un accord avec l'opposition républicaine soulignant que les négociateurs dans les deux camps sont "très proches" de conclure.

Les discussions se sont poursuivies tard dans la nuit et ont repris samedi matin, les négociateurs pointant des "progrès" mais aussi d'ultimes points d'achoppement liés notamment à des exigences des républicains conditionnant l'octroi de certaines prestations sociales.

"Notre économie doit être celle qui aide à remplir les placards de nos cuisines, pas les poches des ultra-riches", a tweeté Joe Biden.

Interrogé samedi matin pour savoir s'il y aurait un accord avant la date-butoir, le chef républicain à la Chambre des Représentants Kevin McCarthy a répondu: "Oui".

"Je pense vraiment qu'on peut y arriver", a-t-il dit à des journalistes tout en prévenant qu'il restait des points "à régler".

"On y est pas encore", a-t-il ajouté.

Les deux hommes se sont en tout cas entretenus samedi, selon une source proche des négociations, qui a aussi affirmé que le président avait échangé avec Hakeem Jeffries et Chuck Schumer, chef des démocrates respectivement à la Chambre des représentants et au Sénat.

Les Etats-Unis, qui sont entrés dans le week-end prolongé du "Memorial Day", la fête des anciens combattants lundi, restent suspendus à un accord pour relever le plafond de la dette, indispensable pour éviter le défaut de paiement qui aurait des conséquences catastrophiques pour l'économie mondiale.

La date à laquelle le Trésor américain se trouvera incapable d'honorer ses engagements financiers est désormais fixée au 5 juin, contre le 1er juin auparavant, offrant quelques jours de répit au pays.

Cela concerne aussi bien les salaires de fonctionnaires, les retraites ou remboursements des créanciers.

Lignes rouges 

Parmi les points de désaccords entre les deux camps, figure l'exigence des républicains à limiter l'obtention de certaines prestations sociales, comme l'aide alimentaire, à un nombre d'heures travaillées.

"Je ne pense pas que ce soit bien d'emprunter de l'argent à la Chine pour payer des gens bien portants et n'ayant pas de personne à charge à traîner sur leur canapé", a fustigé M. McCarthy, qui se pose en défenseur intransigeant de la rigueur budgétaire, dans une vidéo partagée samedi.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Andrew Bates, a lui reproché aux républicains de vouloir prendre l'économie en otage et de mettre en péril "plus de huit millions d'emplois" tout en voulant "enlever le pain de la bouche d'Américains qui ont faim".

Joe Biden, en campagne pour sa réélection, se positionne en champion de la justice sociale et fiscale et s'est dit à plusieurs reprises opposé à des coupes budgétaires massives qui impacteraient les travailleurs et les ménages les plus précaires.

L'un des négociateurs républicains, Patrick McHenry, a évoqué une "courte liste de désaccords" restants entre les deux camps. "C'est une question d'heures ou de jours", a-t-il dit samedi.

La pression qui entoure les négociations est d'autant plus forte que le compromis, une fois obtenu, devra être validé par le Sénat à majorité démocrate et la Chambre des représentants dominée par les républicains.

Or, le calendrier parlementaire est serré, nombre d'élus étant rentrés dans leurs fiefs pour quelques jours à l'occasion du week-end férié du "Memorial Day". Ils ont reçu pour consigne d'être prêts à retourner à Washington dans les 24 heures en cas d'accord.

Et le chef républicain Kevin McCarthy a promis qu'il laisserait à chacun 72 heures pour examiner le compromis avant d'envisager tout vote.

Un vote qui reste au demeurant incertain, des élus progressistes au sein du parti démocrate, tout comme des élus républicains, ayant menacé de ne pas ratifier ou de retarder au maximum un texte qui ferait trop de concessions au camp adverse.

Vendredi, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a déclaré qu'un accord était "primordial" pour l'économie mondiale, tout en soulignant que les Etats-Unis devaient faire "plus pour réduire la dette publique".


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.