Une femme d'affaires façonne l'avenir du secteur immobilier en Arabie saoudite

Mashael ben Saedan, femme d'affaires saoudienne qui contribue à façonner l'avenir du secteur immobilier. (Photo Sayidaty).
Mashael ben Saedan, femme d'affaires saoudienne qui contribue à façonner l'avenir du secteur immobilier. (Photo Sayidaty).
Short Url
Publié le Jeudi 25 mai 2023

Une femme d'affaires façonne l'avenir du secteur immobilier en Arabie saoudite

  • Al-Saedan for Development fait partie des trois entreprises privées approuvées par le roi Salmane en 2019 pour participer au programme national de développement industriel et de logistique
  • «Je commençais chaque cours en rappelant aux étudiants qu'ils ne représentaient pas seulement leur famille, mais l’Arabie saoudite, les Arabes et les musulmans du monde entier», souligne Mme Saedan

RIYAD: Une femme d'affaires saoudienne contribue à façonner l'avenir du secteur immobilier du pays, avec le soutien de la famille royale.

L’entreprise de Mashael ben Saedan, Al-Saedan for Development, est l'une des trois entreprises privées approuvées par le roi Salmane en 2019 pour faire partie du programme national de développement industriel et de logistique.

«J'étais la seule femme présente à la cérémonie de lancement dont l'usine a non seulement été approuvée par le roi Salmane, mais j'ai eu l'honneur de le rencontrer», révèle Mme Saedan.

Depuis, son groupe de développement immobilier n'a cessé de se renforcer en mettant l'accent sur la transformation industrielle numérique et technique du secteur.

L'année dernière, cette cheffe d'entreprise ambitieuse s'est associée à la société japonaise Aizawa High-Pressure Concrete Co. afin de produire et construire des éléments structurels en béton précontraint dans la région métropolitaine de Riyad.

Les deux entreprises ont testé un modèle du composant qui a donné des résultats positifs.

«Le modèle que nous avons testé n'était pas basé sur une nouvelle technologie. Il n'est utilisé que pour la construction de ponts et autres. Ce que nous voulions, c'était utiliser cette technologie pour la construction de maisons», a affirmé la femme d’affaire.

«Les États-Unis ont essayé de tester le modèle mais n'ont pas réussi. Ce que nous avons fait grâce à notre partenariat avec le Japon, c'est développer la même technologie avec des ressources saoudiennes, conserver la bonne qualité et réduire les coûts de production», poursuit-elle.

Elle a indiqué que le gouvernement japonais avait soutenu le partenariat, assurant être «très reconnaissante de son aide».

Du béton précontraint pour Riyad

Elle a commencé à s'intéresser au secteur immobilier alors qu'elle n'avait que six ans. La famille de Mme Saedan est active dans des projets de développement immobilier à Riyad depuis 1934 et peut inclure la première tour d'Arabie saoudite, l'Elegance Tower, dans son portfolio de projets.

Issue de la troisième génération d'une famille d'agents immobiliers, Mme Saedan accompagnait son père dans tous ses déplacements lorsqu'elle était enfant.

«J'ai vu les effets du marché immobilier sur les citoyens et sur ma famille. Ma famille avait une tradition selon laquelle, dans chaque contrat immobilier signé, tous les membres de ma famille recevaient une part égale de la transaction, indépendamment de leur âge ou du fait qu'ils aient travaillé sur le dossier ou non», confie-t-elle.

À l'âge de 12 ans, Mme Saedan a commencé à poser des questions sur le manque d'implication des femmes dans le secteur de l’immobilier en Arabie saoudite.

«Je posais cette question à chaque réunion de famille. Lorsque j'ai eu 18 ans, mon père m'a convoquée dans son bureau et m'a demandé d'élaborer une stratégie commerciale impliquant et ciblant les femmes pour les pousser à investir dans le secteur de l'immobilier», indique-t-elle.

Soucieuse de transformer le secteur dans son pays, la stratégie commerciale de Mme Saedan a consisté à cibler les enseignantes saoudiennes dans les écoles publiques pendant les pauses afin d'informer les femmes sur le secteur immobilier du pays et de les aider à investir dans le marché.

Elle a conclu son premier accord d'investissement avec trois enseignantes saoudiennes de l'enseignement public, qui sont toujours en contact avec elle.

Pendant le boom du marché de l'immobilier entre 2007 et 2009, elle ne savait pas si elle devait profiter de l'occasion ou poursuivre ses études.

Mme Saedan souhaitait développer ses idées à l'échelle internationale et devenir une figure éminente du secteur sur la scène mondiale. Elle a donc opté pour un master dans un pays anglophone.

«J'ai décidé que si je voulais entrer dans le marché international de l'immobilier, je devais apprendre l'anglais», a-t-elle affirmé.

Après avoir obtenu une maîtrise en finance d'entreprise et en économie à l'université de Sheffield, en Angleterre, elle a reçu une offre d'emploi d'une banque internationale basée au Royaume-Uni. Mais elle a refusé cette occasion afin de retourner en Arabie saoudite et d'être une force de changement dans le secteur de l'immobilier de son pays.

L'une de ses ambitions était d'éduquer la jeunesse saoudienne et de l'impliquer dans le secteur, ce qui l'a amenée à donner des cours de finance à l'université Dar Al-Uloom.

«Je commençais chaque cours en rappelant aux étudiants qu'ils ne représentaient pas seulement leur famille, mais l’Arabie saoudite, les Arabes et les musulmans du monde entier.»

«Les gens changent en ayant un modèle, alors après deux mois et demi, j'ai donc démissionné et décidé d'ouvrir ma propre entreprise et d'être le changement que je veux voir chez les autres», soutient-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Carburant: le gouvernement ne doit pas céder au «chantage» de TotalEnergies, dit Olivier Faure

TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.
Short Url
  • "Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi
  • "Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible"

PARIS: TotalEnergies "profite de la crise" et "le gouvernement ne doit pas céder au chantage" du géant pétrolier, a déclaré mercredi le patron du Parti socialiste Olivier Faure sur BFMTV.

Alors que le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné a menacé mardi d'arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service françaises en cas de taxe sur les "superprofits", le patron du PS Olivier Faure a jugé que TotalEnergies était "un profiteur de crise comme d'autres".

Un profiteur de guerre? "Bien sûr", mais "à l'insu de son plein gré. Je ne dis pas que c'est lui qui est à l'origine de cette guerre illégale", a poursuivi le patron du PS, qui a déposé la semaine dernière une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires.

"Je ne dis pas que Total ne paie pas d'impôts, je ne dis pas que Total est un groupe qui mérite d'être mis d'être mis au ban de la société française", a-t-il poursuivi.

"Ce que je dis simplement au gouvernement, c'est qu'il ne peut pas céder au chantage. On ne peut pas avoir un chef d'entreprise qui dit au gouvernement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire, ce n'est pas admissible", a martelé le chef des socialistes.

"Total dit qu'il plafonne les prix, ce qui est vrai", a reconnu M. Faure, mais le groupe "vient de faire 6 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires" et "a augmenté son profit de 51%". "Ce n'est pas normal", a-t-il insisté.

Quand Total et d'autres font des superprofits, "ils ne font pas des profits parce qu'ils ont un génie particulier", a-t-il ajouté, jugeant "normal que celles et ceux qui font des profits qui sont des profits indus soient amenés aussi à contribuer".

Olivier Faure a dit maintenir sa proposition de loi. "Le patriotisme, c'est ça".

Pour sa part, David Lisnard, candidat libéral à la présidentielle, a jugé sur FranceInfo que les marges de Total semblaient être "tout à fait dans la norme", c'est-à-dire "celle du marché".

Le président de l’Association des maires de France (AMF) a réitéré sa proposition de "suspension provisoire des certificats d'économie d'énergie" qui à ses yeux constitue "la seule mesure générale qui est possible sans dégrader les comptes publics".


Le fonds de garantie des dépôts français quasi stable, à 7,7 milliards d'euros

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel. (AFP)
Short Url
  • Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros
  • Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet

PARIS: Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) disposait fin 2025 de 7,745 milliards d'euros en réserve en cas de défaillance d'un établissement bancaire, selon un communiqué publié mardi en marge de la publication de son rapport annuel.

"Nous consolidons ces réserves financières", s'est félicité le président du directoire du FGDR Anthony Requin lors d'un entretien avec l'AFP.

Le FGDR est chargé d'intervenir en cas de défaillance d'un établissement financier: chaque Français est couvert à hauteur de 100.000 euros par ce fonds.

Sont éligibles les comptes courants, comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plan d'épargne logement ou encore les comptes espèces attachés à un compte titres ou à un plan épargne en actions (PEA).

Cette couverture est largement théorique puisque le FGDR n'a en banque que 0,5% du montant couvert, estimé à près de 1.500 milliards d'euros.

Les ressources du FGDR "sont proportionnées au risque réel d’intervention", rappelle-t-il sur son site internet.

La concentration du système bancaire, autour de six grands établissements (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) confère à la France ce ratio si faible.

D'autres digues, positionnées en amont, sont là pour éviter les faillites bancaires: un contrôle régulier et poussé par le superviseur, des exigences réglementaires fortes en matière de fonds propres notamment, un mécanisme de résolution et un fonds européen de près de 80 milliards d'euros.

Au sein de chaque banque existent "des réserves qui sont là pour absorber des chocs", souligne M. Requin.

Le FGDR, créé en 1999, disposait fin 2024 d'un montant à peine plus faible, de 7,732 milliards d'euros.

La différence s'explique notamment par de nouvelles contributions au titre de la garantie des services de gestion ainsi que le produit d'amendes prononcées par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Le FGDR compte 1.134 établissements adhérents, au titre de sa garantie des dépôts, mais aussi des titres ou des cautions.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu.