Ukraine/Russie: l'Indonésie propose un plan de paix, immédiatement rejeté par Kiev

Le ministre de la Défense indonésien Prabowo Subianto s'exprime lors du sommet du dialogue Shangri-La à Singapour, le 11 juin 2022 (Photo, AFP).
Le ministre de la Défense indonésien Prabowo Subianto s'exprime lors du sommet du dialogue Shangri-La à Singapour, le 11 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 03 juin 2023

Ukraine/Russie: l'Indonésie propose un plan de paix, immédiatement rejeté par Kiev

  • "J'appelle la Russie et l'Ukraine à s'engager à cesser immédiatement toutes hostilités", a déclaré le ministre indonésien
  • "L'Indonésie est prête à contribuer en envoyant des unités pour une potentielle opération de maintien de la paix de l'Onu"

SINGAPOUR: Le ministre de la Défense indonésien Prabowo Subianto a proposé samedi un plan pour arrêter la guerre entre la Russie et l'Ukraine lors d'une conférence sur la défense et la sécurité à Singapour, une initiative jugée "étrange" par Kiev et critiquée par d'autres participants.

"J'appelle la Russie et l'Ukraine à s'engager à cesser immédiatement toutes hostilités", a déclaré le ministre indonésien, soulignant que les économies et l'approvisionnement en nourriture des pays d'Asie étaient durement affectés par ce conflit.

Ce responsable a proposé un cessez-le-feu "sur les positions actuelles", des zones démilitarisées qui seraient garanties par des observateurs et des forces de maintien de la paix de l'Onu.

Il a aussi suggéré à terme un "référendum dans les zones disputées" organisé par les Nations unies, lors de son discours devant la Conférence Shangri-La Dialogue sur la défense et sécurité en Asie-Pacifique.

"L'Indonésie est prête à contribuer en envoyant des unités pour une potentielle opération de maintien de la paix de l'Onu", a-t-il ajouté.

Son homologue ukrainien, Oleksii Reznikov, participant à la réunion, a catégoriquement rejeté la proposition indonésienne. "Cela ressemble à un plan russe, pas à un plan indonésien", a-t-il déclaré. "Nous n'avons pas besoin que ce médiateur vienne à nous (avec) cet étrange plan", a-t-il ajouté.

En avril, la Chine avait présenté son propre plan de paix pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

L'Indonésie, qui privilégie une diplomatie non alignée, a déjà tenté une médiation de paix entre les deux belligérants. Le président indonésien Joko Widodo a effectué un voyage à Kiev et Moscou et rencontré les dirigeants ukrainien et russe l'an dernier, alors que le pays présidait le groupe de puissances économiques G20.

La proposition du ministre indonésien a rapidement été critiquée à la conférence, un participant lui reprochant de mettre l'agresseur et l'agressé sur le même plan.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a fait valoir qu'une paix en Ukraine devait être obtenue selon des termes acceptables sans risquer de geler le conflit.

"Nous devons apporter la paix en Ukraine" mais cela doit être "une paix juste, pas une paix de reddition", a-t-il déclaré, s'exprimant après le ministre indonésien.

Prabowo Subianto est ensuite revenu à la charge. "Demandez aux Indonésiens combien de fois ils ont été envahis", a-t-il souligné en haussant le ton. "Il y a des violations de souveraineté pas seulement en Europe".

"J'ai présenté un plan de résolution du conflit (...) je ne dis pas qui a tort ou qui a raison".

L'Indonésie a voté en faveur d'une résolution de l'Onu condamnant l'invasion de l'Ukraine par la Russie mais n'a pas appliqué de sanctions économiques contre Moscou.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.