L'Ukraine revendique des «succès» près de Bakhmout, Moscou affirme contrer une offensive d'envergure

Des roquettes russes sont lancées contre l'Ukraine depuis la région russe de Belgorod, vues de Kharkiv, en Ukraine, le dimanche 4 juin 2023 (Photo, AP).
Des roquettes russes sont lancées contre l'Ukraine depuis la région russe de Belgorod, vues de Kharkiv, en Ukraine, le dimanche 4 juin 2023 (Photo, AP).
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Publié le Mardi 06 juin 2023

L'Ukraine revendique des «succès» près de Bakhmout, Moscou affirme contrer une offensive d'envergure

  • Ces opérations ont lieu à un moment où les autorités ukrainiennes disent préparer depuis des mois une vaste contre-offensive
  • C'est la première fois qu'un responsable russe admet que des combattants russes ont été capturés sur le territoire même de la Russie

KIEV: L'Ukraine a affirmé lundi gagner du terrain près de la ville ravagée de Bakhmout, dans l'est, mais a relativisé l'ampleur des "actions offensives" menées ailleurs sur le front, la Russie affirmant au contraire repousser des attaques d'envergure.

Ces opérations ont lieu à un moment où les autorités ukrainiennes disent préparer depuis des mois une vaste contre-offensive destinée à obliger les troupes russes à se retirer des zones qu'elles occupent.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié ses troupes pour les gains territoriaux qu'elles ont revendiqué, ironisant sur la réaction "hystérique" de Moscou.

"Nous voyons à quel point la Russie réagit de manière hystérique à toutes les avancées que nous faisons dans ce secteur, à toutes les positions que nous prenons. L'ennemi sait que l'Ukraine va gagner", a déclaré M. Zelensky dans un message vidéo.

Le conseiller de la présidence ukrainienne Mykhaïlo Podoliak avait auparavant ironisé sur Twitter sur le fait que la Russie est "occupée à repousser une offensive globale qui n'existe pas encore".

"Dans certains secteurs, nous menons des actions offensives", a déclaré simplement la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar.

Elle a aussi fait état, sans plus de précisions, de "combats mineurs" dans le sud où les forces russes sont "sur la défensive".

Interrogé par la presse sur les chances de succès de la contre-offensive ukrainienne lundi à la Maison Blanche, le président américain Joe Biden a répondu en croisant les doigts.

Le ministère russe de la Défense a quant à lui affirmé avoir contré depuis la matinée du 4 juin des attaques sur cinq secteurs du front "dans la direction sud de la région de Donetsk", située dans l'est.

Il a affirmé que les soldats russes avaient infligé des pertes importantes aux forces ukrainiennes aux abords de Neskoutchné, dans la région de Donetsk, et de Novodarivka, à la frontière entre cette même région et celle plus méridionale de Zaporijjia.

De nouvelles "tentatives de percer les défenses russes" ont aussi lieu lundi après-midi près de la localité de Novodonetské, dans les environs de Vougledar, dans le sud de la région de Donetsk.

"L'ennemi n'a pas atteint ses objectifs", s'est félicité le ministère russe, diffusant des images de destructions de blindés.

Bakhmout «épicentre»

Selon Kiev, le secteur de Bakhmout, qui est le théâtre de la bataille la plus longue et la plus meurtrière du conflit et dont Moscou a revendiqué la prise en mai, reste "l'épicentre des hostilités".

Mme Maliar affirme que les forces ukrainiennes avancent en périphérie de cette cité "sur un front assez large" : "Nous remportons des succès et occupons les hauteurs dominantes".

Selon elle, les troupes ukrainiennes ont avancé de plusieurs centaines de mètres sur ce secteur du front.

Cette progression ukrainienne a été confirmée par le chef du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, selon lequel "une partie de la localité de Berkhivka est déjà perdue", une "honte".

Experts et militaires russes s'attendent à ce que Kiev multiplie les attaques sur les lignes ennemies pour y déceler des faiblesses, avant de lancer le gros des troupes.

En septembre 2022, l'armée ukrainienne avait préparé en secret un assaut qui avait abouti à la reconquête de la quasi-totalité de la région de Kharkiv, dans le nord-est.

Lundi, l'envoyé du pape François pour la paix, le cardinal italien Matteo Zuppi, s'est rendu à Kiev pour discuter avec les autorités ukrainiennes des voies de résolution de la guerre avec la Russie et des besoins humanitaires.

Il a visité Boutcha, une ville près de Kiev devenue un symbole des atrocités commises par les Russes.

«Effet boomerang»

En Russie, depuis deux semaines les incursions et les bombardements se multiplient dans la région de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, revendiqués par des combattants se présentant comme étant des Russes qui luttent aux côtés des Ukrainiens.

Les frappes y ont fait plusieurs morts et des dizaines de blessés parmi les civils.

Dans la dernière opération en date dimanche, l'un de ces groupes baptisé "Légion Liberté de la Russie" a fait des prisonniers qui doivent être remis à Kiev. Une douzaine de détenus, dont deux blessés, sont visibles dans une vidéo.

C'est la première fois que des Russes sont capturés sur le territoire russe.

Le ministère russe de la Défense n'a fait aucun commentaire, affirmant seulement avoir repoussé une nouvelle incursion dimanche.

Les combats se sont concentrés ces derniers jours autour de Novaïa Tavoljanka et Chebekino, près de la frontière, forçant des milliers de civils à fuir vers Belgorod, la capitale régionale.

"On est dans un état terrible. Mais on tient, on essaye d'être forts, parce qu'on a des enfants", dit à l'AFP Irina Bourlakova, une personne déplacée.

Dans la nuit de dimanche à lundi, la région de Belgorod a de nouveau été la cible de frappes et d'une attaque de drones, selon M. Gladkov.

"Que se passse-t-il exactement dans la région de Belgorod en ce moment? C'est simple, c'est un effet boomerang", a écrit sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, en répétant que l'Ukraine n'était "pas impliquée dans ces attaques".

Parallèlement à Bruxelles, la Commission européenne a annoncé lundi que les restrictions imposées par cinq Etats de l'UE (Pologne, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie) sur l'importation de céréales ukrainiennes pour protéger leurs agriculteurs pourront être prolongées jusqu'au 15 septembre, en dépit de l'opposition de Kiev qui dénonce des mesures protectionnistes et cruelles et des résistances d'une partie des Vingt-Sept.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.