Tabac: au « coeur du réacteur » lyonnais, les douanes en lutte contre un trafic de plus en plus florissant

Le trafic de tabac grimpe au gré de la hausse des prix. (AFP).
Le trafic de tabac grimpe au gré de la hausse des prix. (AFP).
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Publié le Jeudi 08 juin 2023

Tabac: au « coeur du réacteur » lyonnais, les douanes en lutte contre un trafic de plus en plus florissant

  • Carole, agent des douanes, a déniché dans le micro-ondes du bar à chicha où elle intervient, deux sacs de tabac à narguilé "de contrebande"
  • Avec elle des policiers de la Brigade spécialisée terrain (BST) pour sécuriser l'opération, des agents de la Brigades de contrôle et de recherche (BCR) pour contrôler les caisses et faire des signalements aux services fiscaux

LYON: "Il s'est carapaté par la fenêtre !": le gérant de ce bar à chicha de Lyon a filé dès que les agents des douanes sont entrés dans son établissement lors d'une opération visant à lutter contre les trafics illicites de tabac, en plein essor.

Vendu 230 euros le kilo chez le buraliste, le tabac à narguilé s'achète 70 euros place Gabriel-Péri - le "coeur du réacteur" selon un agent des douanes lyonnais - où pas moins de 50 revendeurs tentent de faire leur beurre chaque jour.

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Un douanier vérifie les bagages d'un passager à l'aéroport de Lyon-Saint Exupery lors de l'opération Colbert, une opération majeure de lutte contre le trafic de tabac à Lyon, le 2 juin 2023. (AFP).

Carole, agent des douanes, a déniché dans le micro-ondes du bar à chicha où elle intervient, deux sacs de tabac à narguilé "de contrebande", sous le regard tranquille d'un consommateur sexagénaire, imperturbable.

"C’est une opération qu’on fait très souvent surtout aux abords de la place Gabriel-Péri, on sait que les gérants s’approvisionnent sur la place", souligne-t-elle.

Avec elle des policiers de la Brigade spécialisée terrain (BST) pour sécuriser l'opération, des agents de la Brigades de contrôle et de recherche (BCR) pour contrôler les caisses et faire des signalements aux services fiscaux mais aussi de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) qui peuvent faire fermer l'établissement pour des mesures d'hygiène.

L'opération se déroule cette fois dans le cadre d'une vaste opération nationale, initiée par les douanes et baptisée Colbert (du 31 mai au 6 juin). Plusieurs axes - bars à chicha, marchés, aéroports, péages routiers - sont ciblés dans les principaux bassins du trafic de tabac.

A Lyon, une vingtaine d'agents ont contrôlé quatre bars à chicha et une épicerie pour un butin plutôt maigre; la nouvelle de leur présence s'est vite propagée dans le quartier.

Mais pour Carole et ses deux collègues douaniers, "ces contrôles sont très importants, sur la place Gabriel-Péri, mais aussi pour que les habitants nous voient".

Phénomène croissant

Sur cette place bondée, un revendeur est appréhendé après avoir été repéré par un policier. Carole, en tant que douanière, a un pouvoir de transaction contrairement à la police, peut verbaliser cet homme. Il a sur lui 435 euros, ce qui devient le montant de l'infraction.

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Un douanier vérifie les bagages d'un passager à l'aéroport de Lyon-Saint Exupery lors de l'opération Colbert, une opération majeure de lutte contre le trafic de tabac à Lyon, le 2 juin 2023. (AFP).

La somme est plutôt importante. Proche de l'interpellé, un homme vocifère dans une autre langue que le français. "C'est lui le vendeur. Ils sont généralement 4 ou 5, il n'ont pas plus d'un paquet sur eux, ils sont approvisionnés au fur et à mesure par des gars à vélo. Avant on faisait 20, 30 kilos. Aujourd'hui si on fait 1,5 kilo...", souffle un agent des douanes.

Le trafic de tabac grimpe au gré de la hausse des prix. Sur le marché de la contrebande, un paquet de cigarettes est vendu 5 euros quand il coûte au minimum 11 euros depuis le 1er mai chez un buraliste. Une légère hausse sur le marché noir a même été relevée "ces derniers temps avec un paquet à 5,5 euros", glisse une agente.

"C’est le fonds de commerce et c’est un phénomène qui va aller en s’accentuant dans la mesure où les Etats européens et notamment la France alourdissent le prix du tabac. Depuis que les prix augmentent, les marchés parallèles explosent. Nous, on est envahi", relève Aline, chef d'équipe des douanes à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, pour qui c'est "un peu tous les jours Colbert".

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Une douanière montre un moniteur à rayons X alors qu'elle contrôle les bagages d'un passager à l'aéroport de Lyon-Saint Exupery lors de l'opération Colbert, une opération majeure de lutte contre le trafic de tabac à Lyon, le 2 juin 2023. (AFP).

Dans cet aéroport aux onze millions de passagers annuels, les douaniers ont l'oeil ce jour-là sur les vols en provenance d'Istanbul et d'Alger, deux villes où les cigarettes sont à bas prix, principalement pour la marque la plus connue, au logo rouge et blanc. La cartouche en France est à 110 euros, elle est achetée 20 euros dans certains pays.

"Vous imaginez la culbute qu'ils font par cartouche !", lance Aline, qui fouille les valises et trouve du tabac dans les emballages alimentaires, les poches des vêtements ou encore les fruits et légumes.

La tentation est grande de ramener plus d'une cartouche, la quantité légale. Mazari, un Algérien de 40 ans, a quatre cartouches sur lui. "Je suis toujours passé avec quatre cartouches", dit-il.

Cette fois, ça n'est pas passé; Mazari n'a pas voulu s'acquitter des taxes - 95 euros par cartouche - et sa marchandise a été saisie. En 2022, près de 4 tonnes de tabac entrées frauduleusement ont été saisies à l'aéroport de Lyon.


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.