Du pétrole russe et mexicain pour soulager la pénurie de carburant à Cuba

Le pétrolier mexicain Bicentenario est vu à la raffinerie de pétrole Ñico Lopez à La Havane le 8 juin 2023. (Photo YAMIL LAGE / AFP)
Le pétrolier mexicain Bicentenario est vu à la raffinerie de pétrole Ñico Lopez à La Havane le 8 juin 2023. (Photo YAMIL LAGE / AFP)
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Publié le Samedi 10 juin 2023

Du pétrole russe et mexicain pour soulager la pénurie de carburant à Cuba

  • Sous embargo américain depuis 1962, Cuba, qui ne produit qu'un tiers du carburant qu'elle consomme chaque jour, traverse sa pire crise économique en trois décennies avec pannes d'électricité et pénuries alimentaires récurrentes
  • Washington, dont les relations sont rompues avec le Venezuela depuis 2019, a assoupli en novembre ses sanctions contre Caracas, permettant notamment à Chevron d'opérer dans le pays latino-américain

HOUSTON, Etats-Unis : Avec les récentes livraisons de pétrole du Mexique et de la Russie, et le rapprochement commercial entre le Venezuela et les Etats-Unis, Cuba, plongé dans une profonde crise, pourrait atténuer sa grave pénurie de carburant.

Depuis fin mars, les files de voitures à l'entrée des stations-service font partie du paysage quotidien de l'île communiste.

Sous embargo américain depuis 1962, Cuba, qui ne produit qu'un tiers du carburant qu'elle consomme chaque jour, traverse sa pire crise économique en trois décennies avec pannes d'électricité et pénuries alimentaires récurrentes.

Mais de récentes livraisons de pétrole pourraient améliorer la situation. Selon le site de surveillance maritime Vessel Finder, le pétrolier mexicain Bicentenario, dont la cargaison est estimée à 265.000 barils, a accosté mardi au port de La Havane. Jeudi, il était amarré à la raffinerie Ñico Lopez de la capitale, a constaté l'AFP.

Fin mai, le superpétrolier Limo, battant pavillon camerounais et en provenance de Russie, était arrivé au port de Matanzas, à une centaine de kilomètres à l'est de La Havane, avec une cargaison estimée à 800.000 barils.

L'offre de pétrole pourrait «revenir à un niveau acceptable», estime Jorge Piñon, spécialiste en politique énergétique de l'Université du Texas, aux Etats-Unis.

Avec une capacité de traitement de 22.000 barils par jour par la raffinerie de La Havane, la capitale peut être approvisionnée jusqu'à trois semaines, estime l'expert.

- «Pas d'argent» -

Il s'agit depuis le début de l'année de la troisième livraison de pétrole du navire Bicentenario envoyé par le gouvernement du président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador, souligne M. Piñón. L'entreprise publique Petroleos Mexicanos (Pemex) n'était pas joignable dans l'immédiat pour répondre aux questions de l'AFP.

Le Mexique, qui veut jouer un rôle de premier plan dans la région, demande la levée de l'embargo américain contre Cuba, tout en maintenant le dialogue avec les Etats-Unis, souligne l'analyste cubain et professeur invité à l'Université autonome de Madrid Arturo Lopez-Levy.

En ce qui concerne les relations entre La Havane et Moscou, elles se sont intensifiées ces derniers mois avec des projets ambitieux dans différents secteurs et la multiplication des visites de hauts responsables dans chacun des deux pays.

«Cuba n'a pas d'argent et je doute que le pays paie pour ce pétrole. Je suppose que le Mexique, au lieu de payer en liquide l'envoi de médecins cubains, le fait avec du pétrole», souligne M. Piñon, pour qui la Russie a pu réactiver les ventes à Cuba à crédit. Le Mexique va chercher des médecins sur l'île communiste du fait du manque dans le pays de généralistes mais aussi de spécialistes.

- Chevron versus Cuba -

En 2022, Cuba a dû faire face à un incendie dans son principal centre de stockage de carburant dans la province de Matanzas, ainsi qu'à une réduction des livraisons en provenance du Venezuela, son principal allié régional.

L'île produit environ 40.000 barils par jour, mais a besoin de 100.000 barils supplémentaires pour répondre à sa demande, explique M. Piñón. La différence est partiellement couverte par ses partenaires, avec un déficit d'au moins 20.000 barils, estime-t-il.

Les raffineries cubaines n'ayant pas la capacité de traiter le brut vénézuélien lourd, La Havane a dû revendre en mai une cargaison en provenance de Caracas, ajoute-t-il.

Cet approvisionnement est d'autant plus compliqué que désormais le géant américain de l'énergie Chevron «peut acheminer 100.000 barils de pétrole par jour du Venezuela vers les États-Unis», rappelle M. Piñón.

Washington, dont les relations sont rompues avec le Venezuela depuis 2019, a assoupli en novembre ses sanctions contre Caracas, permettant notamment à Chevron d'opérer dans le pays latino-américain.

Désormais «il est plus important pour PDVSA (la compagnie pétrolière vénézuélienne) de livrer ce volume à Chevron», ajoute l'expert.

Arturo Lopez-Levy estime cependant que «si le Venezuela sort de sa querelle avec les Etats-Unis et de son isolement, la mine d'or fonctionnera à nouveau», favorisant indirectement Cuba, qui recevrait également une partie de cette augmentation de production.


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Forbes France cesse de paraître, après le retrait de son investisseur français

L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
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  • "En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun"
  • L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe"

PARIS: L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France.

"En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et développé un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu'une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux", indique le groupe  360 Business Media dans un communiqué.

L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe", ajoute -t-il, confirmant une information parue dans le quotidien économique Les Echos.

Le dernier numéro de Forbes France a paru en décembre. Le magazine pourrait être relancé si un repreneur se déclare.

Le magazine américain, connu pour son classement annuel des plus grandes fortunes de la planète, édite des versions dans de nombreux pays et en plusieurs langues.

Interrogé par l'AFP, le groupe 360 Business Media a précisé qu'il employait 20 salariés, dont 10 pour Forbes France, à qui "il sera proposé de basculer sur les autres titres s'ils le souhaitent".


La France «ne baisse pas les bras» dans son soutien économique à l'Ukraine, dit Nicolas Forissier

La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
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  • La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays
  • Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes

KIEV: La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7.

Q: La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays. Comment transforme-t-on ces points en gains économiques ?

R: En étant opiniâtres, en étant francs dans la négociation et la discussion. Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes. C'est l'esprit dans lequel il me semble que nous avons travaillé, l'esprit de cette visite à Kiev. On réussit parce qu'on a aussi de l'excellence, des savoir-faire, des entreprises qui sont dans tous les domaines. Et parfois, même souvent, et c'est le cas en Ukraine mais pas seulement, nos partenaires préfèrent travailler avec des entreprises françaises. Il y aura toujours une concurrence quel que soit le pays. Mais il y a une relation particulière qui existe aujourd'hui entre l'Ukraine et la France.

Q: Quelle impression vous a laissée la population ukrainienne lors de cette visite de deux jours ?

R: J'ai été très ému par la visite de Boutcha (ville où des massacres de civils ont eu lieu par l'armée russe en mars 2022, NDLR). Aussi par la remise des générateurs électriques donnés par la France à l'Ukraine. Je pense que c'était le sentiment de tous ceux qui ont participé à cette mission: c'est quand nos amis sont dans la difficulté qu'on doit être avec eux.

Q: L'Ukraine traverse un hiver froid et la communauté internationale s'intéresse moins au sort du pays. Comment attirer l'attention ?

R: D'abord, ce n'est pas le cas de la France, nous sommes vraiment présents et nous le démontrons. Dans le cadre du G7 énergie on va le montrer aussi, on va encore une fois pousser beaucoup pour apporter des solutions. Je suis venu pour inciter nos entreprises à être conquérantes, présentes, à ne pas avoir peur parce qu'il y a une situation compliquée. C'est maintenant qu'il faut être présents. C'est le message du ministre du Commerce extérieur mais aussi du gouvernement français tout entier. Cela va de pair avec la solidarité qu'on a exprimée aux Ukrainiens pendant tout ce voyage: on ne baisse pas les bras.