Moscou dit contrer des attaques ukrainiennes là où Kiev revendique des gains

Un habitant local dégage les débris d'un magasin détruit après un bombardement russe à Kherson, le 12 juin 2023 (Photo, AFP).
Un habitant local dégage les débris d'un magasin détruit après un bombardement russe à Kherson, le 12 juin 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 juin 2023

Moscou dit contrer des attaques ukrainiennes là où Kiev revendique des gains

  • La localité de Levadné est située à l'ouest du saillant de Vremivka, et c'est dans cette zone qu'une unité ukrainienne, la 110e de la défense territoriale, a revendiqué lundi la libération le 4 juin du village de Novodarivka
  • Forte d'armements occidentaux et après des mois de préparation, l'Ukraine a lancé début juin une offensive pour reconquérir les 17% de territoire occupé par la Russie

MOSCOU: L'armée russe a affirmé lundi avoir repoussé des offensives ukrainiennes dans la zone du Sud de l'Ukraine où Kiev a revendiqué la capture de plusieurs localités.

Cependant, le ministère russe de la Défense s'est gardé de démentir ou de confirmer son repli de Blagodatné, Makarivka, Neskoutchné et Storojevé, villages que l'armée ukrainienne a dit dimanche et lundi avoir reprises. Elles se trouvent toutes au sud de Velyka Novossilka et Vremivka.

"Dans la zone du saillant de Vremivka, les unités de défense ont repoussé, à l'aide d'artillerie et de systèmes lance-flammes du groupement des forces +Est+, trois attaques de l'adversaire depuis Velyka Novossilka (...) et de la localité de Levadné", a indiqué le ministère russe dans son communiqué.

La localité de Levadné est située à l'ouest du saillant de Vremivka, et c'est dans cette zone qu'une unité ukrainienne, la 110e de la défense territoriale, a revendiqué lundi la libération le 4 juin du village de Novodarivka.

Nucléaire: Le chef de l'AIEA attendu mardi en Ukraine

Rafael Grossi, sera mardi à Kiev avant de se rendre dans la centrale ukrainienne de Zaporijjia, fragilisée après la destruction d'un barrage sur le fleuve Dniepr.

Après Kiev, le chef de l'AIEA prendra la direction de la centrale ZNPP occupée par les Russes "pour évaluer la situation et organiser une nouvelle rotation d'experts", dont le nombre va être augmenté.

Depuis le début de l'invasion, il ne cesse de mettre en garde contre le risque d'un accident nucléaire sur ce site du sud-est de l'Ukraine, où il s'est déjà rendu à deux reprises et a déployé des agents de manière permanente.

La centrale de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, se trouve au cœur du conflit: tombée aux mains de l'armée russe le 4 mars 2022, elle a été visée par des tirs et a été coupée du réseau électrique à plusieurs reprises.

Comme à son habitude, l'armée russe affirme infliger de très lourdes pertes aux Ukrainiens, mais ne dit rien des siennes.

Forte d'armements occidentaux et après des mois de préparation, l'Ukraine a lancé début juin une offensive pour reconquérir les 17% de territoire occupé par la Russie.

Vladimir Poutine a affirmé vendredi que ses forces repoussaient les attaques adverses, mais dimanche Kiev a revendiqué de premiers gains, même si ceux-ci apparaissent comme marginaux après près d'une semaine de combats.

La zone dans laquelle l'armée ukrainienne a gagné un peu de terrain est à la frontière des fronts Est et Sud. Elle est située à une dizaine kilomètres au nord des principales lignes fortifiés russes, faites notamment de tranchées et de pièges antichars.

Un succès militaire ukrainien d'ampleur dans cette région permettrait de rompre le pont terrestre reliant la Russie à la péninsule annexée de Crimée. Cela constituerait un revers majeur pour Moscou.

Selon les analystes militaires, l'Ukraine n'a pas encore lancé le gros de ses forces dans sa grande contre-offensive, et qu'elle teste actuellement encore le front avec des attaques ciblées pour en déterminer les points faibles.

Les autorités ukrainiennes ont elles juré de garder le silence sur leurs objectifs, stratégie et tactiques.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.