Trump et Biden s'inquiètent du futur approvisionnement en vaccins anti-Covid-19

Le président sortant Donald Trump a signé un décret qui stipule qu'aucune dose ne sera exportée avant que chaque Américain ait accès aux vaccins (Photo, AFP)
Le président sortant Donald Trump a signé un décret qui stipule qu'aucune dose ne sera exportée avant que chaque Américain ait accès aux vaccins (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 décembre 2020

Trump et Biden s'inquiètent du futur approvisionnement en vaccins anti-Covid-19

  • Les deux hommes ont des ambitions comparables, mais dans l'incertitude de l'approvisionnement et l'empressement des annonces symboliques, leurs chiffres varient
  • Le patron de Pfizer, Albert Bourla, a d'ailleurs prévenu mardi que ce serait «une grande erreur» de ne pas prendre la seconde dose, qui permet de «presque doubler la protection»

WILMINGTON: Chacun à leur façon Donald Trump et Joe Biden ont prévenu mardi que la bataille contre la Covid-19 devenait non plus un problème scientifique mais logistique et industriel, les Etats-Unis n'ayant pas à ce jour sécurisé l'approvisionnement nécessaire en doses de vaccin pour ses 330 millions d'habitants.

Le président sortant a signé un décret qui stipule qu'aucune dose ne sera exportée avant que chaque Américain ait accès aux vaccins. Il a rappelé qu'il avait le pouvoir d'invoquer une loi préemptant la production des usines américaines, même s'il ne pensait pas que ce serait nécessaire.

De son côté, son successeur qui prendra le pouvoir le 20 janvier, Joe Biden, a averti qu'à moins de nouveaux crédits votés par le Congrès pour la distribution et la production de vaccins, les vaccinations pourraient s'arrêter après la phase initiale.

Les deux hommes ont des ambitions comparables, mais dans l'incertitude de l'approvisionnement et l'empressement des annonces symboliques, leurs chiffres varient. L'administration sortante pense pouvoir vacciner 100 millions d'Américains avant fin mars (contre fin février il y a une semaine). Joe Biden a donné comme objectif 100 millions de doses injectées pendant ses 100 premiers jours de mandat, soit fin avril.

Pfizer/BioNTech et Moderna, dont les vaccins en deux doses devraient être autorisés aux Etats-Unis en décembre, ont chacun des contrats pour 100 millions de doses, ce qui devrait suffire pour la phase initiale (résidents de maisons de retraite, professionnels de santé, et une partie des groupes prioritaires qui seront désignés ensuite).

Pour la suite, les Etats-Unis auront besoin de Johnson & Johnson, qui pourrait demander une autorisation fin janvier ou début février selon Moncef Slaoui, conseiller scientifique de l'opération Warp Speed du gouvernement. Et d'AstraZeneca/Oxford, fin février ou début mars. Sans compter deux autres projets également financés par Washington (Novavax et Sanofi/GSK), mais pas avant mi-2021.

Mais le décret signé par M. Trump est symbolique de son approche « America First ».

Il veut « inscrire le nationalisme vaccinal dans la loi », dit Matthew Kavanagh, de l'université Georgetown. « Il n'est ni éthique ni bon pour les Américains de suggérer que chaque personne en bonne santé aux Etats-Unis ait besoin d'être vaccinée avant la première personne vulnérable en Inde, en France ou en Colombie », a-t-il jugé.

Le reste du monde devra donc principalement compter sur les usines des fabricants en Europe.

Transparence  

Dans un rapport de 53 pages publié mardi en prévision d'une réunion cruciale jeudi du comité d'experts indépendants conseillant l'Agence américaine des médicaments (FDA), les scientifiques ont fait leur compte-rendu des données complètes de l'essai clinique mené par Pfizer sur 44.000 participants, dont la moitié a reçu un placebo et l'autre moitié le vaccin.

Aucune autre agence réglementaire n'a publié un tel document, pas même le régulateur britannique qui a déjà autorisé le vaccin. Mais la FDA, qui se voit comme l'agence de référence dans le monde, soigne la transparence de sa procédure pour rassurer le grand public sur la sécurité et l'innocuité du vaccin, développé en moins d'un an.

Le compte-rendu confirme la très haute efficacité du vaccin, à 95%, qui avait été annoncée par les fabricants, c'est-à-dire que les deux doses espacées de trois semaines réduisent de 95% le risque de contracter la Covid-19, en particulier les formes graves.

Surprise, les données suggèrent même que la première dose aide à prévenir la Covid-19 au bout d'une dizaine de jours, avec une efficacité entre les deux doses estimée à 52%, même s'il ne s'agit pas de « conclusions définitives ».

Le patron de Pfizer, Albert Bourla, a d'ailleurs prévenu mardi que ce serait « une grande erreur » de ne pas prendre la seconde dose, qui permet de « presque doubler la protection ».

Le vaccin « semble aussi bon si ce n'est meilleur que prévu », a dit Andrew Morris, infectiologue à l'université de Toronto.

« La prévention de la maladie grave reste la meilleure nouvelle » dit Saad Omer, directeur de l'Institut de santé globale de Yale.

Effets secondaires  

Côté effets secondaires, l'analyse fine confirme que le vaccin provoque très souvent des réactions douloureuses au niveau de l'injection dans le bras (de l'ordre de 80%).  

Les personnes vaccinées devront aussi se préparer à des effets indésirables non dangereux mais pénibles: fatigue pour une moitié ou plus, maux de tête, courbatures, plus rarement de la fièvre (15,8%).

La FDA a soulevé l'existence de quatre cas de paralysie faciale de Bell (en général temporaire et non grave), sur plus de 18.000 personnes vaccinées, et recommandé une vigilance spécifique.

Quant aux effets indésirables graves, la FDA en a recensé seulement deux: une blessure à l'épaule liée à l'injection, et un cas de gonflement des ganglions, et conclu au « profil de sécurité favorable » du vaccin.


Trump et le président taïwanais envisagent de se parler

Donald Trump a assuré mercredi qu'il parlerait au président taïwanais Lai Ching-te, une perspective immédiatement saluée par les autorités de l'île, pour ce qui serait une première depuis 1979. (AFP)
Donald Trump a assuré mercredi qu'il parlerait au président taïwanais Lai Ching-te, une perspective immédiatement saluée par les autorités de l'île, pour ce qui serait une première depuis 1979. (AFP)
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  • La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949
  • Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force

TAIPEI: Donald Trump a assuré mercredi qu'il parlerait au président taïwanais Lai Ching-te, une perspective immédiatement saluée par les autorités de l'île, pour ce qui serait une première depuis 1979.

Ces déclarations d'intention interviennent juste après une visite à Pékin du président américain, au terme de laquelle il a déclaré avoir "beaucoup parlé" de ce dossier hautement inflammable avec son homologue chinois Xi Jinping.

"Je parlerai avec (Lai). Je parle avec tout le monde", a déclaré Donald Trump à des journalistes qui l'interrogeaient sur cette possibilité, une ligne rouge pour Pékin. "Nous allons travailler (sur) le problème de Taïwan."

Le ministère des affaires étrangères de Taipei a répondu peu après que l'île était "déterminée à maintenir le statu quo dans le détroit de Taïwan", estimant que la Chine était "le perturbateur de la paix et de la stabilité" dans la région.

Lai serait "heureux de discuter de ces questions avec le président Trump", a ajouté son communiqué.

Peu après sa première élection en 2016 mais avant de prendre ses fonctions, Donald Trump avait accepté un coup de téléphone de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, suscitant l'ire de Pékin.

Mais jamais des présidents américains et taïwanais en exercice ne se sont parlés directement depuis que Washington a transféré ses relations diplomatiques de Taipei à Pékin, en 1979.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.

A Pékin, le locataire de la Maison Blanche avait mis en garde les dirigeants de l'île contre toute proclamation d'indépendance.

"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre", avait-il expliqué vendredi à Fox News.

Washington a approuvé fin 2025 la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars.

Mais le président réserve sa réponse concernant la suite des livraisons souhaitées par Taipei. "Cela dépendra de la Chine. C'est un très bon atout de négociation pour nous", avait-il déclaré.

Lai Ching-te s'en est ému, relevant que "Taïwan se trouvait au coeur des intérêts mondiaux". Selon lui, "la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan ne seront jamais sacrifiées ni marchandées".


La menace de l'Iran sur les câbles sous-marins d'Ormuz: de quoi parle-t-on ?

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé lundi d'instaurer des "permis" pour autoriser l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé lundi d'instaurer des "permis" pour autoriser l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Les réseaux de câbles FALCON et Gulf Bridge relient eux les pays du Golfe - dont l’Iran - à l'Inde et à l'Afrique de l'Est, remontant jusqu'à l'Egypte
  • Transitent par ces câbles, "n'importe quelles données que vous pouvez imaginer: vidéos, courriers électroniques, réseaux sociaux, transactions financières, communications gouvernementales"

PARIS: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé lundi d'instaurer des "permis" pour autoriser l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. De quelles infrastructures s'agit-il exactement? Et comment ces menaces pourraient-elles se concrétiser?

Quels câbles passent par Ormuz ? 

Une section de l’AAE-1 (Asie, Afrique, Europe), vaste infrastructure sous marine qui relie des points allant de Hong Kong à l'Italie et à la France, passe par le détroit d'Ormuz.

Les réseaux de câbles FALCON et Gulf Bridge relient eux les pays du Golfe - dont l’Iran - à l'Inde et à l'Afrique de l'Est, remontant jusqu'à l'Egypte.

Transitent par ces câbles, "n'importe quelles données que vous pouvez imaginer: vidéos, courriers électroniques, réseaux sociaux, transactions financières, communications gouvernementales", explique à l'AFP Alan Mauldin, directeur de la recherche au sein de la société spécialisée TeleGeography.

Le potentiel de perturbation mondiale de la menace iranienne serait limité, selon Alan Mauldin, car les données qui circulent entre l'Asie et l'Europe sur l’AAE-1 ne passent pas par le détroit d'Ormuz mais par une autre liaison.

Et "tous les pays du Golfe qui utilisent des câbles sous-marins qui traversent le détroit d'Ormuz disposent de plusieurs autres options", ajoute l'expert.

Néanmoins, "la capacité des réseaux terrestres pourrait ne pas suffire à gérer un reroutage complet du trafic" si les connexions sous-marines du Golfe étaient coupées, remarquait en mars l'expert dans un blog.

Et le Qatar, qui est le point terminal de la branche de l'AAE-1 dans le Golfe, pourrait être particulièrement affecté.

Quelle menace pèse sur ces câbles ? 

"On est dans un espace géographique restreint, dans un détroit, avec des eaux peu profondes, une mer fermée. C'est particulièrement propice à des opérations de harcèlement.

Par des capacités habitées (bateaux, sous-marins) ou non-habitées (drones, missiles), donc à proximité d'une côte qui, pour l'instant, reste libre de tout mouvement", analyse Eric Lavault, ancien officier de la marine française.

D'ailleurs, observe-t-il, les forces américaines n'ont pas été en mesure d'empêcher l'Iran, qui conserve "un solide potentiel militaire", de lancer des opérations depuis sa longue côte.

Les autorités iraniennes pourraient donc empêcher les opérations de maintenance, la pose de nouveaux câbles, sans compter que si ces câbles sont volontairement ou involontairement endommagés, il faudra les réparer, énumère Eric Lavault.

Partout dans le monde, les câbles sous-marins sont régulièrement endommagés, la plupart du temps par accident par exemple avec les ancres de navires. TeleGeography recense environ 200 incidents par an. Et une flotte de réparation dédiée est en alerte.

Mais ces navires de réparation ont besoin d'autorisations pour pénétrer dans les eaux d'un pays. Lors de leurs opérations, ils restent immobiles sur zone pendant un certain temps, vulnérables à de potentielles attaques.

Un seul navire de ce type appartenant à la société e-Marine, basée aux Emirats arabes unis, se trouve actuellement dans le Golfe, selon Alan Mauldin, limitant les possibilités de réparation tant que le détroit d'Ormuz est bloqué.

Est-ce conforme au droit ?

A ce stade, les déclarations iraniennes restent floues. S'agit-il de mettre en place des péages? Des permis? Qui serait concerné entre les poseurs de câbles, les propriétaires, les exploitants et les utilisateurs?

"Compte tenu des problèmes de longue date avec l'Iran, tous les câbles qui passent par le détroit d'Ormuz, ont été posés dans les eaux omanaises" mais Téhéran, dont les côtes sont de l'autre côté du détroit, revendique "la souveraineté absolue sur le fond et le sous-sol de sa mer territoriale", soulignait Alan Mauldin dans sa note de mars.

Et "l'Iran joue sur le droit international", souligne Eric Lavault. Car si ce pays a signé la convention de Nations Unies de Montégo Bay de 1982 (CNUDM) qui codifie le droit de la mer, il ne l'a jamais ratifiée, remarque-t-il.

En principe, "ils n'ont pas le droit d'exiger des péages" aux navires ni aux câbles.

La CNUDM autorise la pose de câbles et d'oléoducs dans les zones économiques exclusives des Etats, qui s'étendent jusqu'à 200 milles nautiques (370 kilomètres) de leurs côtes.

"L'Etat côtier n'a normalement pas le droit de s'y opposer", rappelle Eric Lavault pour qui "c'est une fois de plus un pilier fondamental du droit international qui se fissure".


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.