Un RN plus ancré et crédible, mais toujours en quête d'incarnation

La présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) Marine Le Pen (Photo, AFP).
La présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) Marine Le Pen (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 18 juin 2023

Un RN plus ancré et crédible, mais toujours en quête d'incarnation

  • Signe d'une tendance à la dédiabolisation de l'image du parti, 59% des personnes interrogées qualifient le RN de parti raciste
  • Au total, 41% des personnes interrogées souhaitent la victoire de Mme Le Pen en 2027

PARIS: Plus de 4 Français sur 10 ont voté au moins une fois pour le Rassemblement national, révèle une étude Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio qui pointe la dédiabolisation du parti, mais aussi l'absence d'une incarnation susceptible de remporter la présidentielle.

Selon cette vaste enquête, 42% des Français disent avoir voté au moins une fois RN dans leur vie. Ils étaient 35% en 2021 et 30% en 2017, signe d'un ancrage continu du parti d'extrême droite.

A la présidentielle de 2022, la candidate du RN Marine Le Pen avait certes obtenu près de 41,5% des suffrages face à Emmanuel Macron. Mais en raison de la forte abstention, ce score ne représente en réalité que 27,26% des inscrits, soit un peu plus d'un Français sur 4.

Parmi les personnes ayant déjà glissé un bulletin RN, les ouvriers (57%) et les catégories pauvres (51%) sont sur-représentées.

Plus surprenant, 28% des sympathisants de gauche, ou encore 27% des personnes ayant choisi Jean-Luc Mélenchon en 2022, disent avoir déjà voté RN.

L'étude souligne que la volonté d'exprimer son mécontentement reste le principal ressort du vote RN (24%), plus que l'adhésion au constat que fait le parti sur l'état du pays (15%).

Le vote RN s'inscrit davantage en rejet des autres partis (pour 61% des électeurs) qu'en adhésion au parti (39%). Une tendance stable depuis 2017, après une forte progression de l'adhésion par rapport à 1997 (13%).

Parmi ces électeurs, ils sont 85% à trouver la justice trop laxiste, 82% à penser que la France est un pays de culture chrétienne ou encore 77% à affirmer que le pays est en déclin. Ils sont aussi 89% à croire que la démocratie est la seule forme de gouvernement acceptable et 78% à juger normal que les couples homosexuels puissent se marier. 50% sont pour le rétablissement de la peine de mort

Dédiabolisation 

Signe d'une tendance à la dédiabolisation de l'image du parti, 59% des personnes interrogées qualifient le RN de parti raciste, un chiffre en net recul depuis 2017 (68%). 55% pensent qu'il est dangereux pour la démocratie, contre 62% il y a 6 ans.

Inversement, ils sont 50% à dire qu'il a une vision d'avenir pour la France, contre 40% en 2017. Et 47% le croient capable de gouverner la France, contre 39% il y a 6 ans.

Dans le champ politique, La France insoumise inquiète plus que le RN (28 contre 21% des personnes interrogées) et le RN est davantage considéré comme proche des préoccupations des gens (30% contre 18%) que la formation de Jean-Luc Mélenchon.

L'enquête met aussi en avant les limites de Marine Le Pen, triple candidate malheureuse à la présidentielle: seulement 23% lui attribuent une stature présidentielle.

Au total, 41% des personnes interrogées souhaitent la victoire de Mme Le Pen en 2027 mais seulement 37% pronostiquent son succès.

Son élection serait vue comme un saut dans l'inconnu pour 73% des personnes interrogées. 72% anticipent des émeutes dans les banlieues et 69% des manifestations massives.

Parmi les éventuelles alternatives à Mme Le Pen, l'actuel président du parti Jordan Bardella paraît le mieux placé, mais reste minoritaire dans l'opinion: 30% des personnes interrogées seraient prêtes à voter pour lui à la prochaine présidentielle, loin devant le député Sébastien Chenu (12%).

Enquête réalisée sur internet du 12 au 15 juin auprès de 1.314  personnes ayant déjà voté RN, extraites d'un échantillon de 3.008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, avec une marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.