A Mayotte, Gérald Darmanin défend l'opération contestée Wuambushu

Gérald Darmanin a entamé samedi une visite de deux jours à Mayotte pour défendre Wuambushu, son opération contestée de lutte contre la criminalité, l'immigration illégale et l'habitat insalubre dans cet archipel français de l'océan Indien. (AFP)
Gérald Darmanin a entamé samedi une visite de deux jours à Mayotte pour défendre Wuambushu, son opération contestée de lutte contre la criminalité, l'immigration illégale et l'habitat insalubre dans cet archipel français de l'océan Indien. (AFP)
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Publié le Samedi 24 juin 2023

A Mayotte, Gérald Darmanin défend l'opération contestée Wuambushu

  • Le ministre de l'Intérieur est arrivé dans la matinée dans le 101e département français, le plus pauvre du pays, à la situation sociale et sécuritaire explosive
  • Lancée officiellement le 24 avril, l'opération Wuambushu avait des objectifs annoncés ambitieux mais ses résultats sont pour l'instant modestes, aux yeux des collectifs

COMBANI: "Les résultats sont là": Gérald Darmanin a entamé samedi une visite de deux jours à Mayotte pour défendre Wuambushu, son opération contestée de lutte contre la criminalité, l'immigration illégale et l'habitat insalubre dans cet archipel français de l'océan Indien.

Le ministre de l'Intérieur est arrivé dans la matinée dans le 101e département français, le plus pauvre du pays, à la situation sociale et sécuritaire explosive.

Les autorités y ont déployé depuis avril des centaines de policiers et gendarmes supplémentaires pour mener une série d'interventions regroupées sous le nom de Wuambushu ("reprise" en mahorais).

"C'est une opération qui donne des bons résultats, il faut que nous continuions, sans doute un peu différemment", a déclaré Gérald Darmanin devant la presse à Combani, dans le centre de Grande Terre.

En visite dans un régiment, il a précisé que Wuambushu serait prolongée de "plus d'un mois" puis qu'un "deuxième type d'opération" débuterait en septembre, ciblant via des procédures judiciaires l'agriculture et la pêche illégales, ainsi que les marchands de sommeil.

Collier de fleurs mahoraises autour du cou, Gérald Darmanin a prononcé un peu plus tôt un discours dans le centre de Mamoudzou devant des collectifs de citoyens qui avaient installé des banderoles clamant "Mayotte dit Merci aux forces de l'ordre" ou "Darmanin l'homme de la situation".

"Maintenant que nous reprenons la main sur la sécurité, il faut s'occuper de tout le reste", a-t-il poursuivi, appelant au développement du tourisme et de l'agriculture et à résoudre les problèmes d'eau, dont les coupures sont quasi-quotidiennes.

La visite du ministre de l'Intérieur était très attendue à Mayotte.

"Il a le soutien de la population mais il ne faut pas qu'il nous lâche (...). Il n'y a pas un seul service public de l'île qui n'est pas impacté par l'immigration clandestine", a affirmé à l'AFP Safina Soula, présidente du collectif des citoyens de Mayotte 2018.

Lancée officiellement le 24 avril, l'opération Wuambushu avait des objectifs annoncés ambitieux mais ses résultats sont pour l'instant modestes, aux yeux des collectifs.

"Il faut qu'il y ait beaucoup plus de décasages (destructions de bidonvilles, NDLR), des sanctions pour les marchands de sommeil et plus de contrôles aux frontières", estime Safina Soula.

Une deuxième prison en projet 

Dans une interview au Figaro mise en ligne vendredi, Gérald Darmanin a assuré que le gouvernement maintiendrait "plus d'un millier" de forces de sécurité sur l'île.

Défendant le bilan de l'opération, il a affirmé qu'en deux mois, "les violences contre les personnes ont été réduites de 22%" et les cambriolages, vols et atteintes aux biens "de 28%", revendiquant aussi avoir "divisé par trois le flux entrant de clandestins".

Reste que l'objectif de détruire avant fin juin 1 000 bangas, ces cases insalubres en tôle, a été repoussé à la fin de l'année.

Depuis le début de l'opération, dénoncée par des associations comme "brutale" et "antipauvres", seuls deux bidonvilles, Talus 2 et Barakani, ont été démantelés, ce qui correspond à environ 250 habitations.

Les expulsions, avec un objectif de 150 à 400 éloignements quotidiens contre 70 par jour en moyenne en 2022, ont été perturbées par l'arrêt des liaisons maritimes avec les Comores pendant près d'un mois, Moroni refusant l'accostage sur l'île comorienne d'Anjouan de bateaux transportant des migrants.

Les traversées ont repris le 17 mai, Gérald Darmanin assurant que Moroni acceptait désormais "100% des personnes irrégulières".

En 2023, "on aura beaucoup plus d'expulsions" qu'en 2022, quand 25.000 personnes avaient été expulsées de Mayotte toutes destinations confondues, a-t-il aussi promis.

Le ministre a annoncé qu'il se rendrait "après les vacances d'été au Burundi, au Rwanda, en Tanzanie et au Mozambique, sans doute pour négocier des accords de réadmission" avec ces pays d'où proviennent une partie des migrants.

Il s'est aussi dit favorable à déplacer vers la métropole certains réfugiés auxquels l'asile a été accordé.

Le dernier objectif de Wuambushu, la lutte contre la criminalité, pose lui des problèmes de surpopulation carcérale, au point que l'unique prison de l'île a été bloquée début juin par des surveillants pénitentiaires, le taux d'occupation étant passé à 230%.

Gérald Darmanin s'est dit favorable à la construction d'un deuxième centre de rétention administrative (CRA), où des migrants en attente d'expulsion sont enfermés, et d'une nouvelle prison, mais qu'aucun terrain n'était pour l'heure identifié pour les bâtir.


G7 : Appel « à un arrêt immédiat » des attaques contre les civils en Iran et au Moyen-Orient

Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du G7 posent pour une photo de groupe à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris, le 27 mars 2026. (AFP)
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  • Le G7 appelle à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils et les infrastructures en Iran et au Moyen-Orient, et insiste sur la coordination de l’aide humanitaire
  • Les ministres réaffirment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et appellent à des partenariats pour atténuer les chocs économiques mondiaux

DUBAÏ : Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni – ainsi que la haute représentante de l’Union européenne, se sont réunis sous présidence française à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, en France, les 26 et 27 mars 2026. La rencontre a porté sur la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Dans une déclaration conjointe, les responsables ont insisté sur la nécessité de limiter les conséquences du conflit pour les populations civiles, les partenaires régionaux et les infrastructures critiques, tout en coordonnant les efforts d’aide humanitaire.

« Nous appelons à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques », soulignent-ils.

Les ministres ont également évoqué l’importance de partenariats diversifiés pour atténuer les chocs économiques mondiaux, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui ont des répercussions directes sur (leurs) concitoyens, dans les secteurs économique, énergétique, commercial et des engrais.

Enfin, le G7 a réaffirmé la nécessité de garantir « de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre » dans le détroit d’Ormuz, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations Unies et au droit de la mer.


Villepin retourne dans l'arène, avec 2027 dans le viseur

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier. (AFP)
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  • L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour
  • Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027

PARIS: Quand se lancera-t-il? L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin entretient un suspense savamment construit, bien que mince, sur sa candidature à l'élection présidentielle, et remet vendredi un pied dans l'arène avec une conférence sur "l'état de la France".

L'homme politique de 72 ans, figure de la présidence de Jacques Chirac, prépare plus ou moins discrètement son grand retour.

Il se montre en tout cas très généreux en indices. En janvier, il clame ainsi, après avoir multiplié les allusions, sa volonté d'être "présent" dans "le grand combat" de 2027.

Dominique de Villepin a déjà la panoplie du candidat. Un parti, La France humaniste, lancé en juin 2025. Une présence médiatique. Un livre politique, sorti l'an dernier.

Une bonne cote de popularité aussi, même si, pour l'instant, elle ne se convertit pas en intentions de vote.

Pour changer cela, Dominique de Villepin veut accélérer le mouvement.

Première étape: une conférence à l'université parisienne de La Sorbonne vendredi à 20H, centrée sur la politique nationale. Ces derniers mois, il avait surtout commenté les questions internationales.

"Le but est de poser un constat sur l'état de la France" et du même coup "les jalons d'une ligne politique", dit son entourage à l'AFP. "C'est la pré-campagne présidentielle qui s'ouvre", ajoute-t-on.

Pour la vraie campagne, patience. Son entourage affirme que l'annonce de candidature pourrait arriver "dès avril comme en décembre".

Questionné sur LCP en janvier concernant son calendrier, Dominique de Villepin répond qu'il faut attendre que les Français soient "dans le temps de la présidentielle". Les élections municipales étant passées, la route est dégagée.

Dostoïevski 

Dominique de Villepin joue sa propre temporalité, volontiers à contre-courant.

Sur les réseaux sociaux, où les formats courts et survoltés règnent, ce passionné de poésie publie des vidéos dans lesquelles il analyse en détail les écrivains Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï ou Albert Camus - mais aussi l'Evangile selon Saint Jean.

Héraut d'un droit international piétiné, l'énarque au verbe flamboyant signe des messages fleuves disséquant l'actualité du monde, Iran, Gaza ou Venezuela.

Il s'exprime sur ces sujets avec sa légitimité de diplomate de carrière devenu ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac de 2002 à 2004. Et surtout, en tant que visage du "non" français à la guerre en Irak en 2003, son heure de gloire.

Sa position d'observateur, hors du jeu, lui permet pour l'instant de commenter ce qui lui plaît sans trop se mouiller.

Un retour réussi signerait une revanche de taille pour Dominique de Villepin, effacé par l'accession à l'Elysée de son rival Nicolas Sarkozy en 2007 puis la brumeuse affaire Cleastream, dans laquelle il a finalement été relaxé.

Sa tentative présidentielle, en 2012, s'était arrêtée dans la douleur quand il avait échoué à rassembler les parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater. Il dit en avoir tiré les leçons.

A droite, à gauche 

Mais qui constituerait son électorat? Si sa carrière politique s'est faite à droite, ses récentes prises de position tranchent avec cet héritage.

Il s'élève contre le "désastre humanitaire" à Gaza, critique l'impopulaire réforme des retraites, insiste sur le besoin de justice sociale et veut réinventer le monde du travail.

En février, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard l'a jugé "plus à gauche" que le Parti socialiste quand il a dénoncé la "diabolisation" de LFI dans l'affaire du meurtre de Quentin Deranque.

Dominique de Villepin, acclamé à la Fête de l'Humanité en 2024, chasse même sur les terres des Ecologistes en plaidant pour "mettre fin à l'exploitation aveugle des ressources".

Son créneau un peu à part lui vaut d'être isolé.

Il ne semble pas chercher à se faire des amis dans son ancienne famille politique, dont il dénonce "la course à l'échalote avec l'extrême droite" et la "tentation identitaire".

Pour le Dominique de Villepin version 2026, l'avenir est plutôt vers l'électorat centriste ou de gauche modérée. Mais son profil d'homme fortuné, nourri par ses activités de consultant, et son CV de chiraquien pourraient en irriter une partie.

Sur ce marché, il ne manque aussi pas de concurrents. Rien qu'au centre, deux autres anciens Premiers ministres, Edouard Philippe et Gabriel Attal, se disputent déjà la lumière. A plus d'un an de l'échéance, d'autres encore peuvent éclore.

 

 


Hommage national à Lionel Jospin aux Invalides

Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002. (AFP)
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  • La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu
  • De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS

PARIS: Un "grand destin français", une "certaine idée de la gauche": Emmanuel Macron rend un hommage national jeudi à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé dimanche, symbole la "gauche plurielle" au gouvernement de 1997 à 2002.

La cérémonie se déroulera à 11H00 aux Invalides, dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d'honneur pavée, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu, des membres du gouvernement, des présidents des deux Chambres et ceux des commissions et groupes parlementaires.

De nombreuses personnalités de gauche sont également attendues dont l'ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et les anciens Premiers ministres PS Laurent Fabius, Édith Cresson ou encore Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls.

Mais sans Jean-Luc Mélenchon, qui s'est plaint jeudi de ne pas avoir été invité, ce que démentent l'Élysée et les proches de l'ancien Premier ministre. L'ancien ministre de l'Enseignement professionnel (2000-2002) a ensuite assuré avoir été invité par sms jeudi "matin", un délai trop court pour "être présent à Paris".

Le cercueil fera son entrée à 11H05 dans la cour, sur une marche funèbre, au pas du tambour. Suivront l'éloge funèbre du chef de l'État, la sonnerie "Aux Morts", une minute de silence et la Marseillaise. La garde républicaine doit interpréter la chanson de Jacques Prévert et Vladimir Kosma, "Les Feuilles mortes", que Lionel Jospin avait lui-même interprétée dans une émission télévisée en 1984.

"Le souvenir d'un homme droit, construit, au service des autres (...) un homme comme il y en a peu aujourd'hui", a déclaré aux journalistes Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre des Finances en arrivant aux Invalides.

Les obsèques de Lionel Jospin, décédé à l'âge de 88 ans, se dérouleront à 14H30 au cimetière parisien du Montparnasse.

Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour cet hommage plus personnel ouvert au public, durant lequel François Hollande, à la tête du PS quand Lionel Jospin était à Matignon, Martine Aubry, son emblématique ministre du Travail, Daniel Vaillant, ex-ministre de l'Intérieur ou encore Pierre Moscovici, à l'époque chargé des Affaires européennes, prendront la parole.

A cette occasion, le PS invite chaque militant à apporter une rose et des cahiers d'hommage seront ouverts dans l'ensemble des fédérations.