Une usine Tata Steel aux Pays-Bas investie par des manifestants écologistes

Des centaines d'activistes de Greenpeace ont forcé samedi les barrières d'un site de production du géant de l'acier Tata Steel à Velsen, près d'Amsterdam, afin d'y manifester malgré une interdiction formelle des autorités locales. (AFP)
Des centaines d'activistes de Greenpeace ont forcé samedi les barrières d'un site de production du géant de l'acier Tata Steel à Velsen, près d'Amsterdam, afin d'y manifester malgré une interdiction formelle des autorités locales. (AFP)
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Publié le Dimanche 25 juin 2023

Une usine Tata Steel aux Pays-Bas investie par des manifestants écologistes

  • «Il y a un nombre de cancers très élevé ici tout comme des émissions de plomb qui causent des lésions cérébrales chez les jeunes enfants»
  • «Si nous agissons aujourd'hui, c'est parce que le gouvernement n'en fait pas assez», a déclaré Faiza Oulahsen, directrice climat et énergie de Greenpeace Pays-Bas

VELSEN: Des centaines d'activistes de Greenpeace ont forcé samedi les barrières d'un site de production du géant de l'acier Tata Steel à Velsen, près d'Amsterdam, afin d'y manifester malgré une interdiction formelle des autorités locales.

Ils protestaient contre la pollution provoquée par les activités de cette usine, considérée par l'organisation de défense de l'environnement comme "l'une des usines metallurgiques les plus polluantes d'Europe et située au milieu d'une zone densément peuplée".

"Ensemble, Greenpeace Pays-Bas, des riverains et des activistes exigent que les parties les plus toxiques de Tata Steel soient fermées afin de protéger la santé des résidents des environs", a déclaré Greenpeace samedi dans un communiqué.

"Il y a un nombre de cancers très élevé ici tout comme des émissions de plomb qui causent des lésions cérébrales chez les jeunes enfants. Si nous agissons aujourd'hui, c'est parce que le gouvernement n'en fait pas assez.", a déclaré à l'AFP Faiza Oulahsen, directrice climat et énergie de Greenpeace Pays-Bas, pendant la manifestation.

"En tant qu'infirmière, je sais ce qu'avoir un cancer du poumon signifie pour les personnes et leurs familles, ce n'est vraiment pas quelque chose qu'on aimerait avoir...", a également confié à l'AFP Annigje Bos, venue, elle aussi, participer au rassemblement.

"Cette usine ici aux Pays-Bas rend littéralement les gens malades", a déclaré Rose van Vuuren, une autre manifestante.

Dans un communiqué, Tata Steel a condamné cette action. "Il est inacceptable que des manifestants de Greenpeace entrent dans le terrain industriel de l'entreprise alors même que son accès est conditionné par des règles de sécurité strictes. Ils peuvent provoquer des accidents involontaires, perturber les opérations de l'entreprise et être à l'origine de risques importants pour la santé et la sécurité des personnes et de l'environnement", a réagi le groupe.

En soutien à la manifestation de Greenpeace, sept membres du mouvement écologiste Extinction Rebellion se sont enchaînés samedi pendant plusieurs heures à une voie ferrée reliée au site industriel.

Ils ont finalement été délogés et arrêtés par la police avant d'être transportés par bus jusqu'à la gare de Driehuis, où ils ont été libérés, a indiqué la commune de Velsen dans un communiqué.

Sous le nom de "ensemble pour un air sain", une autre manifestation soutenue par des organisations locales de défense de l'environnement a également eu lieu samedi sur une plage proche du site.

Dangerosité 

L'éventuelle présence de manifestants sur le terrain de Tata Steel était depuis plusieurs jours l'objet d'une dispute entre les autorités locales et Greenpeace.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi, le maire de Velsen, Frank Dales, avait interdit aux manifestants de se rendre sur le terrain de Tata Steel, mettant en avant la dangerosité du site.

"Il s'agit d'une propriété privée dont l'accès ne vous est pas autorisé. Le terrain de Tata Steel est vaste et dangereux à plusieurs endroits comprenant d'énormes installations impossibles à désactiver, des substances brûlantes, de grands véhicules, dont des trains, etc.", a-t-il prévenu dans une lettre ouverte.

"Le maire ferait mieux de s'interroger sur la sécurité des habitants de sa propre commune. Il est précisément dangereux de vivre près de Tata Steel puisque des nuages toxiques s'échappent chaque jour de l'usine", lui avait rétorqué Faiza Oulahsen, de Greenpeace Pays-Bas, dans une autre lettre ouverte.

En février 2022, la justice néerlandaise a ouvert une enquête pour pollution "intentionnelle et illégale" causée par Tata dans son usine près d'Amsterdam, estimant que la santé publique pourrait être menacée.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

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  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".

 


Trump prévient l'Iran que «le temps est compté» avant une possible attaque américaine

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
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  • Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place
  • Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes

WASHINGTON: Donald Trump a pressé mercredi l'Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que "le temps était compté" avant une attaque américaine contre Téhéran.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a écrit le président américain, menaçant d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.

Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.

"Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.

Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que pour négocier, les Américains allaient devoir "cesser les menaces, les demandes excessives".