Afghanistan: une présentatrice de télévision tuée par balles

Les journalistes en Afghanistan paient un lourd tribu du fait de leur métier. Déjà en 2017, le journaliste Samim Faramarz avait péri en direct alors qu'il couvrait un attentat à Kaboul lorsqu'une autre voiture piégée a explosé non loin de lui. Aujourd'hui, Une présentatrice de télévision et son chauffeur ont été tués par balles jeudi matin à Jalalabad,  ce qui constitue le troisième meurtre d'un journaliste en Afghanistan depuis le début novembre  (AFP).
Les journalistes en Afghanistan paient un lourd tribu du fait de leur métier. Déjà en 2017, le journaliste Samim Faramarz avait péri en direct alors qu'il couvrait un attentat à Kaboul lorsqu'une autre voiture piégée a explosé non loin de lui. Aujourd'hui, Une présentatrice de télévision et son chauffeur ont été tués par balles jeudi matin à Jalalabad, ce qui constitue le troisième meurtre d'un journaliste en Afghanistan depuis le début novembre (AFP).
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Publié le Jeudi 10 décembre 2020

Afghanistan: une présentatrice de télévision tuée par balles

  • Une présentatrice de télévision et son chauffeur ont été tués par balles jeudi matin à Jalalabad, ce qui constitue le troisième meurtre d'un journaliste en Afghanistan depuis le début novembre
  • Mme Maiwand se rendait aux bureaux de la chaîne de télévision privée Enekaas TV, pour laquelle elle travaillait, quand l'attaque a eu lieu

KABOUL: Une présentatrice de télévision et son chauffeur ont été tués par balles jeudi matin à Jalalabad (est), a-t-on appris de source officielle, ce qui constitue le troisième meurtre d'un journaliste en Afghanistan depuis le début novembre.

"A 07h10 ce matin (02h40 GMT jeudi), des hommes armés non identifiés ont abattu la journaliste et activiste Malalai Maiwand ainsi que son chauffeur (à) Jalalabad", a déclaré à l'AFP Attaullah Khogyani, porte-parole du gouverneur de la province du Nangarhar, dont Jalalabad est la capitale.

Mme Maiwand se rendait aux bureaux de la chaîne de télévision privée Enekaas TV, pour laquelle elle travaillait, quand l'attaque a eu lieu, a-t-il précisé. Ces informations ont été confirmées par Engineer Zalmai, le directeur d'Enekaas.

Les attaques ciblées visant des personnalités - journalistes, hommes politiques ou religieux, défenseurs des droits de l'homme - ont augmenté ces derniers mois, malgré les pourparlers de paix en cours à Doha entre le gouvernement afghan et les talibans.

Il s'agit du troisième meurtre d'un journaliste afghan depuis le début novembre.

Aliyas Dayee, 33 ans, qui travaillait pour Radio Liberty, un média financé par les États-Unis, est mort le 12 novembre dans l'explosion d'une bombe placée sous sa voiture à Lashkar Gah (sud).

Il avait été menacé par les talibans, qui lui reprochaient sa couverture de leurs opérations, a rapporté Human Rights Watch (HRW).

Le 7 novembre, Yama Siawash, un ancien présentateur de télévision, avait également été tué à Kaboul dans les mêmes circonstances.

Les attaques ciblées dans le pays sont rarement revendiquées, et le meurtre de Mme Maiwand ne l'a pour l'instant pas été.

Située à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Pakistan, la ville de Jalalabad est souvent le théâtre d'attaques sanglantes.

La province du Nangarhar abrite de nombreux groupes jihadistes, dont les talibans et le groupe État islamique.

Les violences continuent de ravager l'Afghanistan, malgré les pourparlers de paix qui ont débuté le 12 septembre à Doha et avancent lentement. Les deux camps ont annoncé au début décembre un accord fixant le cadre des discussions.


L'Ukraine a les mains liées par les restrictions sur l'usage d'armes occidentales en Russie

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg (Photo, AFP).
Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg (Photo, AFP).
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  • Le secrétaire général de l'Otan a déjà plaidé dans le passé pour la levée des restrictions occidentales
  • Les Etats-Unis, principal fournisseur d'aide militaire à l'Ukraine, et d'autres pays européens comme l'Allemagne se sont montrés très réticents à fournir des armes

SOFIA: L'Ukraine a les mains liées en raison des restrictions sur l'usage des armes fournies par ses alliés occidentaux sur le territoire russe, a déploré lundi à Sofia le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.

"Cela lie les mains dans le dos des Ukrainiens et rend très difficile pour eux d'assurer leur défense", a déclaré M. Stoltenberg, à l'ouverture d'une réunion de l'Otan dans la capitale bulgare.

Plusieurs pays ont restreint l'usage des armes qu'ils fournissent à l'Ukraine à son seul territoire, Crimée et Donbass compris, interdisant des frappes sur le sol russe.

"Je pense qu'il est temps de reconsidérer certaines de ces restrictions", a souligné plus tard devant la presse M. Stoltenberg, en marge d'une réunion de l'assemblée parlementaire de l'Alliance atlantique.

Levée 

Kiev "a le droit de se défendre" et a donc "le droit de frapper des objectifs militaires légitimes en dehors de l'Ukraine", a-t-il insisté.

Le secrétaire général de l'Otan a déjà plaidé dans le passé pour la levée des restrictions occidentales.

Mais, a-t-il souligné lundi, cette décision appartient aux Alliés. Certains d'entre eux n'ont pas imposé de restrictions, mais d'autres l'ont fait, a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Les Etats-Unis, principal fournisseur d'aide militaire à l'Ukraine, et d'autres pays européens comme l'Allemagne se sont montrés très réticents à fournir des armes sans aucune restrictions.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a toutefois estimé récemment, lors d'un déplacement à Kiev le 15 mai, que cette décision revenait à l'Ukraine.

"Nous n'avons pas encouragé ou favorisé les frappes hors d'Ukraine, mais au final c'est à l'Ukraine de prendre ses décisions sur la manière dont elle mène cette guerre", a-t-il dit, alors que la Russie met régulièrement en garde les Occidentaux contre toute attaque sur son territoire à l'aide d'armes occidentales.


Israël interdit à l'Espagne tous services consulaires aux Palestiniens à partir du 1er juin

Ci-dessus, les drapeaux espagnol et européen flottent sur le bâtiment du consulat espagnol dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 22 mai 2024 (Photo, AFP).
Ci-dessus, les drapeaux espagnol et européen flottent sur le bâtiment du consulat espagnol dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 22 mai 2024 (Photo, AFP).
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  • L'Espagne est l'un des pays européens qui a le plus critiqué Israël à propos de la guerre à Gaza
  • «Quiconque décerne un prix au Hamas et tente d'établir un Etat terroriste palestinien ne sera pas en contact avec les Palestiniens»

JÉRUSALEM:Le ministère israélien des Affaires étrangères a ordonné lundi au consulat d'Espagne à Jérusalem de cesser ses services aux Palestiniens à partir du 1er juin, en riposte à la reconnaissance par Madrid de l'Etat de Palestine, selon un communiqué de la diplomatie israélienne.

A compter de cette date, le consulat d'Espagne à Jérusalem sera "autorisé à délivrer des services consulaires aux résidents de la circonscription consulaire de Jérusalem uniquement, et (ne sera) pas autorisé à (...) exercer une activité consulaire à l'égard des résidents de l'Autorité palestinienne", précise le communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a déclaré dans un communiqué distinct: "aujourd'hui, j'ai mis en oeuvre des mesures punitives préliminaires à l'encontre du consulat d'Espagne à Jérusalem, suite à la reconnaissance par le gouvernement espagnol d'un Etat palestinien".

"Nous ne tolérons pas que l'on porte atteinte à la souveraineté et à la sécurité d'Israël".

"Quiconque décerne un prix au Hamas et tente d'établir un Etat terroriste palestinien ne sera pas en contact avec les Palestiniens", a-t-il ajouté.

L'Espagne est l'un des pays européens qui a le plus critiqué Israël à propos de la guerre à Gaza.

La semaine dernière, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont annoncé leur décision de reconnaître l'Etat de Palestine, à partir du 28 mai, s'attirant ainsi les foudres d'Israël.

Justice 

Dimanche, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a justifié la décision de son gouvernement de reconnaître l'Etat de Palestine en expliquant qu'il s'agissait de rendre "justice" au peuple palestinien, mais également de "la meilleure garantie de sécurité pour Israël".

Josep Borrell, le chef de file de la diplomatie européenne, a accueilli à Bruxelles ce même dimanche le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, pour des discussions internationales sur le renforcement de l'Autorité palestinienne du président palestinien, Mahmoud Abbas.

Les discussions avaient pour horizon l'avenir de la bande de Gaza, après plus de sept mois de guerre entre l'armée israélienne et les mouvements armés palestiniens.

Une Autorité palestinienne "forte" est nécessaire pour instaurer la paix au Moyen-Orient, a déclaré M. Borrell juste avant d'entamer la réunion avec M. Mustafa.

Samedi, l'Espagne avait demandé de son côté à Israël de se conformer à l'ordre de la plus haute juridiction de l'ONU de cesser immédiatement ses bombardements et ses attaques terrestres sur la ville gazaouie de Rafah.

Saisie par l'Afrique du Sud, qui estime que l'assaut israélien contre la bande de Gaza constitue un "génocide", la Cour internationale de Justice (CIJ) a ordonné vendredi à Israël de "mettre immédiatement fin" à l'offensive terrestre et aérienne à Rafah.


Genève: ouverture du procès en appel de Tariq Ramadan, jugé pour viol

L'éminent spécialiste suisse de l'islam, Tariq Ramadan, arrive au palais de justice de Genève, le 27 mai 2024 (Photo, AFP).
L'éminent spécialiste suisse de l'islam, Tariq Ramadan, arrive au palais de justice de Genève, le 27 mai 2024 (Photo, AFP).
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  • Son procès devant la chambre pénale d'appel et de révision du canton de Genève a démarré peu après 9H00.
  • Aucun paravent ne sépare les deux protagonistes, contrairement aux premiers jours du procès en première instance, l'an dernier

GENEVE: Le procès en appel de l'islamologue suisse Tariq Ramadan s'est ouvert lundi à Genève en sa présence, un an après son acquittement dans cette affaire d'accusations de viol et de contrainte sexuelle.

M. Ramadan, 61 ans, est arrivé peu après 08H30 (06H30 GMT) au tribunal suisse, entouré de ses avocats. Il n'a pas répondu aux questions des journalistes.

Son procès devant la chambre pénale d'appel et de révision du canton de Genève a démarré peu après 9H00. Il doit durer trois jours mais le jugement n'est pas attendu dans l'immédiat.

Sa victime, présente à l'audience, "est déterminée, même si c'est évidemment une épreuve de se retrouver devant ce tribunal, ça fait revivre finalement le drame qu'elle a vécu en 2008", a déclaré aux médias l'un des avocats de la plaignante, Robert Assaël.

Aucun paravent ne sépare les deux protagonistes, contrairement aux premiers jours du procès en première instance, l'an dernier.

Ce procès très attendu intervient à un mois d'une autre décision en appel devant la justice française.

Le 27 juin, la cour d'appel de Paris doit se prononcer sur l'appel de M. Ramadan contre son renvoi devant la cour criminelle départementale pour le viol de quatre femmes entre 2009 et 2016, le procureur général ayant requis l'abandon des poursuites pour trois d'entre elles et écarté toute notion d'emprise.

Tariq Ramadan avait été acquitté le 24 mai 2023 de l'accusation de viol et contrainte sexuelle par le tribunal correctionnel de Genève, qui a jugé qu'il n'y avait pas de preuve contre lui dans cette affaire remontant à 2008.

Le procureur genevois avait requis trois ans de prison dont la moitié ferme.

«Le doute profite à l'accusé»

"Le doute devant profiter à l'accusé, Tariq Ramadan devra donc être acquitté", avait conclu le président du tribunal, faisant valoir l'absence de preuves, les témoignages contradictoires, y compris des psychiatres, et les "messages d'amour" envoyés par la plaignante après les faits.

Le tribunal avait décidé de l'indemniser pour ses frais d'avocats, à hauteur de 151.000 francs suisses (environ 152.500 euros), mais avait rejeté sa demande d'indemnité pour tort moral.

Il avait quitté le tribunal entouré de ses proches, souriant, mais sans faire de commentaire. "Ce verdict n'est ni un coup de tête, ni un coup de cœur, c'est un verdict inspiré de raison", avait déclaré son avocate suisse, Yaël Hayat.

Tant le ministère public genevois (parquet) que la partie plaignante ont fait appel, à l'issue d'un procès qui s'était déroulé dans une atmosphère électrique, avec des cris et des pleurs.

La plaignante, qui se fait appeler "Brigitte" pour se protéger des menaces, avait porté plainte 10 ans après les faits.

Pendant le procès, les deux protagonistes ont affirmé avoir passé la nuit ensemble dans cette chambre d'hôtel, qu'elle a quittée tôt le matin pour rentrer à son domicile.

Mais Tariq Ramadan a nié tout acte sexuel, expliquant s'être laissé embrasser avant de mettre rapidement fin à l'échange.

Dans ses conclusions, le tribunal a retenu que le récit de la plaignante était "globalement constant et détaillé", mais a estimé qu'il n'était toutefois corroboré "par aucun élément matériel, tel que des traces de sperme ou de sang, des images de vidéosurveillance de l'hôtel ou des constats de lésions traumatiques ou de violences gynécologiques".

Docteur de l'université de Genève, où il a écrit une thèse sur le fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans qui était son grand-père, Tariq Ramadan a été professeur d'études islamiques contemporaines à l'université d'Oxford, au Royaume-Uni.