Le Premier ministre britannique raconte sa douloureuse expérience du racisme

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak (rangée avant au centre) regarde le quatrième jour du deuxième test de cricket Ashes entre l'Angleterre et l'Australie au Lord's cricket ground à Londres le 1er juillet 2023. (Photo par Ian Kington / AFP)
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak (rangée avant au centre) regarde le quatrième jour du deuxième test de cricket Ashes entre l'Angleterre et l'Australie au Lord's cricket ground à Londres le 1er juillet 2023. (Photo par Ian Kington / AFP)
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Publié le Samedi 01 juillet 2023

Le Premier ministre britannique raconte sa douloureuse expérience du racisme

  • Rishi Sunak était interrogé en marge d'un match de cricket, quelques jours après la publication d'un rapport accablant selon lequel il s'agit d'un sport d'élite raciste et sexiste
  • «Le racisme, le sexisme ou toute autre chose n'a pas sa place dans notre société et lorsque nous le voyons, nous devons l'éradiquer», a notamment dit Rishi Sunak

LONDRES : Le Premier ministre britannique Rishi Sunak, qui est le premier chef de gouvernement du Royaume-Uni d'origine indienne, a expliqué samedi avoir été victime de racisme dans sa jeunesse, et a raconté à quel point cela lui avait «fait mal».

«Bien sûr que j'ai connu le racisme en grandissant, bien sûr que je sais que cela existe», a déclaré Rishi Sunak, 43 ans, à la BBC.

Le racisme «vous pique comme très peu d'autres choses le font», a ajouté le chef du gouvernement conservateur. «Et j'exerce un métier où je suis critiqué tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes», a-t-il continué.

«Cela vous pique. Cela fait mal»

Rishi Sunak était interrogé en marge d'un match de cricket, quelques jours après la publication d'un rapport accablant selon lequel il s'agit d'un sport d'élite raciste et sexiste.

«Un jour, j'étais avec mon jeune frère et ma jeune soeur à Southampton (sud de l'Angleterre) et des gens ont dit plusieurs choses et je me suis senti doublement mal», a raconté Rishi Sunak.

«Je me sentais mal. Et j'avais mon frère et ma sœur avec moi et je ne voulais pas qu'ils entendent et qu'ils soient exposés (à ces propos). C'était vraiment difficile.»

Mais le Premier ministre a assuré dans cette interview que le pays avait changé. «Ce qui me réconforte, c'est que les choses qui me sont arrivées quand j'étais enfant, je pense qu'elles n'arriveraient pas à mes enfants aujourd'hui, parce que je pense que nous avons fait des progrès incroyables en tant que pays et que nous devrions en être fiers».

«Le racisme, le sexisme ou toute autre chose n'a pas sa place dans notre société et lorsque nous le voyons, nous devons l'éradiquer», a dit aussi Rishi Sunak.

Rishi Sunak, qui a grandi à Southampton, est l'aîné de trois enfants et le fils d'un médecin généraliste du système de santé public et d'une pharmacienne. Nés en Inde ou d'origine indienne, ses grands-parents ont émigré d'Afrique orientale vers le Royaume-Uni dans les années 1960.

Il a rapidement accédé à l'élite en fréquentant le Winchester College, un très chic pensionnat pour garçons. Il a ensuite étudié la politique, la philosophie et l'économie dans les prestigieuses universités d'Oxford, en Angleterre, et de Stanford, aux Etats-Unis.

Il a jugé «triste» le rapport sur le cricket, un sport qu'il affectionne particulièrement. «C'était, pour les gens qui aiment le cricket, très dur à lire».

- Rapport accablant

Au siège de l'England and Wales Cricket Board (ECB), commanditaire du fameux rapport, Sunak a également affirmé que l'ECB était «absolument déterminée» à résoudre les problèmes décrits dans le document. «J'ai passé une partie de la matinée à discuter avec l'équipe de l'ECB et je pense qu'elle a abordé la question de la bonne manière. Ils ont commandé ce rapport de leur propre chef parce qu'ils voulaient être proactifs et ils méritent donc d'être félicités pour cela», a ajouté le Premier ministre.

Racisme et sexisme sont «profondément enracinés» dans le cricket en Angleterre et au Pays de Galles, avait dénoncé ce rapport indépendant publié mardi, qui avait aussi décrit ce sport très suivi au Royaume-Uni et dans les anciennes colonies britanniques, comme «élitiste» et fermé aux classes populaires.

Ce document annoncé en mars 2021, après les mouvements Black Lives Matter et Me Too, fait également suite à un scandale à caractère raciste concernant le lanceur d'origine pakistanaise Azeem Rafiq de l'équipe du Yorkshire.

En deux ans, plus de 4.000 personnes ont été interrogées et la moitié ont dit avoir elles-mêmes été discriminées lors des cinq dernières années.

«Racisme, discrimination sociale, élitisme et sexisme sont répandus et profondément enracinés» dans le cricket, avait déclaré Cindy Butts, la présidente de la Commission indépendante chargée de ce rapport, l'ICEC (Independent Commission for Equity in Cricket).

Le rapport avait formulé 44 recommandations et exigé des excuses publiques de la part des instances dirigeantes du crickets anglais et gallois et recommandé une égalité de revenus pour les joueurs internationaux, hommes comme femmes, d'ici 2030.

«Nous voulons tous que le cricket soit ouvert à tous, quel que soit le milieu, et que chacun puisse se sentir respecté et soutenu lorsqu'il joue» a encore expliqué Rishik Sunak.


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.