En soutien des Ouïghours, Griezmann rompt son «partenariat» avec Huawei

Cette combinaison d'images de fichiers créée le 10 décembre 2020 montre l'attaquant français Antoine Griezmann (à gauche) le 11 octobre 2019 à Reykjavik et le logo de la société chinoise Huawei à Londres le 14 juillet 2020. (AFP)
Cette combinaison d'images de fichiers créée le 10 décembre 2020 montre l'attaquant français Antoine Griezmann (à gauche) le 11 octobre 2019 à Reykjavik et le logo de la société chinoise Huawei à Londres le 14 juillet 2020. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 11 décembre 2020

En soutien des Ouïghours, Griezmann rompt son «partenariat» avec Huawei

  • Revers de marque pour Huawei: le footballeur français Antoine Griezmann a annoncé jeudi qu'il mettait «un terme immédiat à (son) partenariat» avec le géant des télécoms

Paris: Revers de marque pour Huawei: le footballeur français Antoine Griezmann a annoncé jeudi qu'il mettait «un terme immédiat à (son) partenariat» avec le géant des télécoms, invoquant des «forts soupçons» sur sa participation à la surveillance de la minorité musulmane ouïghoure par les autorités chinoises, ce que dément l'entreprise.

«Suite aux forts soupçons selon lesquels l'entreprise Huawei aurait contribué au développement d'une "alerte Ouïghour" grâce à un logiciel de reconnaissance faciale, j'annonce que je mets un terme immédiat à mon partenariat me liant à cette société», a écrit l'attaquant des Bleus, ambassadeur de la marque depuis 2017, sur son compte Instagram. 

Le champion du monde 2018 appelle «Huawei à ne pas se contenter de nier ces accusations mais à engager au plus vite des actions concrètes pour condamner cette répression de masse» de la minorité ouïghoure «et user de son influence pour contribuer au respect des droits de l'Homme et de la Femme au sein de la société»

Des entreprises chinoises ont été accusées par le passé d'avoir mis en place des logiciels de reconnaissance faciale permettant de repérer des personnes d'apparence ouïghoure.

Encore mardi, le géant des télécoms Huawei a été montré du doigt aux Etats-Unis pour avoir été impliqué dans des tests d'un tel logiciel de détection, selon le cabinet de recherche IPVM.

- Huawei dément le ciblage ethnique -

Un rapport interne au groupe chinois - retiré du site internet de Huawei mais encore trouvable sur l'internet - indiquait que ce logiciel de reconnaissance du visage était en phase de tests pour fournir «des alertes à la présence d'Ouïghours» et permettait de reconnaître «l'âge, le sexe, l'appartenance ethnique».  

«Nous ne développons pas d'algorithmes, ni d'applications dans le domaine de la reconnaissance faciale ou de solutions ciblant des groupes ethniques», a démenti Huawei auprès de l'AFP. 

«Nos produits et solutions sont conformes aux standards de l'industrie et aux règlementations en vigueur. Huawei respecte parfaitement et strictement les principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux Droits de l'Homme, et se conforme aux législations dans les 170 pays où il opère», a ajouté l'entreprise dans un communiqué.

Mercredi, l'ONG Human Rights Watch (HRW), basée aux Etats-Unis, a affirmé dans un rapport que des musulmans avaient été arrêtés dans la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest) après avoir été «signalés» par un logiciel qui repère les comportements suspects.

Selon des experts étrangers, un million de Ouïghours ont été placés en détention ces dernières années dans des camps de rééducation politique. 

Pékin dément ce chiffre et affirme qu'il s'agit de centres de formation professionnelle destinés à éloigner les personnes de la tentation de l'islamisme, du terrorisme et du séparatisme après une série d'attentats attribués à des Ouïghours.

- «Arguments supplémentaires aux détracteurs» -

La décision de Griezmann intervient au moment où les sportifs français prennent de plus en plus position dans les débats sociétaux, notamment liés au racisme, à l'instar de leurs homologues américains qui furent moteurs dans le mouvement Black Lives Matter. 

Peut-elle avoir un impact sur les ventes de smartphones et autres produits électroniques Huawei auprès du consommateur occidental, alors que le géant chinois a fait du marché européen un terrain de conquête privilégié ?

«Je pense que non car ce qui importe au client c'est surtout le rapport qualité/prix. Ceux qui estiment que les produits Huawei sont de bonne facture pour le prix demandé ne vont pas changer d'avis», estime auprès de l'AFP Tariq Ashraf, consultant télécoms au cabinet BearingPoint.

Si les prises de position de joueurs à forte renommée comme Griezmann ou Mesut Özil ne risquent pas «d'infléchir ses ventes», selon l'analyste, cela va par contre «donner des arguments supplémentaires aux détracteurs» de Huawei notamment dans le contexte de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

Huawei est dans le collimateur de l'administration du président Donald Trump, qui le soupçonne d'espionnage au profit de Pékin. Le passé militaire du fondateur de l'entreprise, Ren Zhengfei, ainsi que son appartenance au Parti communiste chinois, ont alimenté les soupçons sur l'influence du régime sur le groupe.

Washington a également multiplié les pressions sur ses alliés pour qu'ils bannissent les équipements 5G de Huawei, arguant de risques en termes de cybersécurité. 

Si la France n'a jamais explicitement franchi le pas, le Royaume-Uni et la Suède sont les deux pays européens à avoir officiellement exclu l'équipementier chinois du réseau mobile de dernière génération.


Covid-19: le gouvernement évalue l'intérêt de nouvelles mesures

Le chef de l’Etat Emmanuel Macron et on gouvernement décideront lundi de la stratégie à adopter face au nouveau variant (Photo, AFP).
Le chef de l’Etat Emmanuel Macron et on gouvernement décideront lundi de la stratégie à adopter face au nouveau variant (Photo, AFP).
Short Url
  • Le chef de l'Etat Emmanuel Macron a promis d'apporter des réponses avec «pragmatisme, proportion et philosophie», face à une situation épidémique qui ne cesse de se dégrader
  • A la faveur d'un variant Delta très contagieux et d'une efficacité vaccinale s'émoussant avec le temps, le nombre de nouveaux cas quotidiens se compte désormais en dizaine de milliers

PARIS: Nouvelles mesures ou simples recommandations ? Un Conseil de défense sanitaire devra décider lundi de la stratégie à adopter alors que l'épidémie de Covid-19 flambe sur tout le territoire et touche de nombreux enfants.

Le chef de l'Etat Emmanuel Macron a promis d'apporter des réponses avec "pragmatisme, proportion et philosophie", face à une situation épidémique qui n'a cessé de se dégrader au cours des dernières semaines.

A la faveur d'un variant Delta très contagieux et d'une efficacité vaccinale s'émoussant avec le temps, le nombre de nouveaux cas quotidiens se compte désormais en dizaine de milliers, avec 42.252 cas dimanche.

Plus inquiétant, le nombre de patients hospitalisés est aujourd’hui supérieur à 11.000, un seuil qui n'avait plus été atteint depuis fin août.

Plusieurs hôpitaux ont réactivé leur "plan blanc", mesure qui permet la déprogrammation d'opérations non urgentes et de solliciter des renforts de personnels.

Cette cinquième vague a déjà poussé plusieurs pays européens à mettre en place de nouvelles restrictions, mais la France ne semble pas sur cette ligne.

"En étant vigilants et responsables, nous avons tous les moyens de passer Noël ensemble", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dans un entretien au Parisien dimanche.

"Il faut restreindre au maximum le virus et restreindre au minimum les contraintes sur nos libertés", a renchéri Christophe Castaner, le patron des députés LREM.

Gestes barrières

Alors que le taux d'incidence explose chez les enfants, la vaccination des 5-11 ans devrait être au programme de ce Conseil de défense sanitaire.

La Haute autorité de santé (HAS) a déjà donné son feu vert pour vacciner les enfants présentant des risques de faire des formes graves de la maladie (souffrant par exemple de maladies hépatiques chroniques, de maladies cardiaques et respiratoires chroniques ou d'obésité) mais ne s'est pas encore prononcée pour les autres.

"Si elle devait le faire positivement, et qu’une décision politique était prise en ce sens, les vaccinations pourraient démarrer au début du mois de janvier sur la base du volontariat", a indiqué Gabriel Attal.

Le gouvernement devrait aussi marteler la nécessité de respecter les gestes barrières, plusieurs études ayant noté un recul de la vigilance des Français.

Le porte-parole du gouvernement a exclu en revanche le retour des jauges, assurant que l'objectif est "d'éviter d’avoir à reprendre des mesures générales qui concernent tout le monde".

Reste aussi la cartouche du vaccin et de la dose de rappel, qui permet de considérablement "booster" l'immunité, a souligné vendredi Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, qui conseille le gouvernement depuis le début de la crise sanitaire.

Plus de 10 millions de Français ont déjà franchi le pas. 

Alors que les rendez-vous sont pris d'assaut, le gouvernement promet l'ouverture de nouveaux créneaux, martèle qu'il n'y aura pas de pénurie de doses et invite à ne bouder aucun vaccin à ARN messager (Pfizer mais aussi Moderna).

Ailleurs en Europe, l'Allemagne va interdire l'accès aux restaurants, commerces non essentiels et lieux de culture aux non-vaccinés. L'Autriche vit, jusqu'au 11 décembre, un nouveau confinement partiel. 

La Belgique va quant à elle fermer ses écoles primaires avec une semaine d'avance pour les congés de Noël.

Pour ne rien arranger, la diffusion du variant Omicron, possiblement plus contagieux et résistant aux vaccins, pèse comme une épée de Damoclès.

Seize cas sont désormais confirmés en France, selon le dernier bilan officiel en date de samedi des autorités sanitaires. Un bilan appelé à évoluer rapidement.

Les scientifiques surveillent aussi un nouveau variant, détecté pour la première fois au Congo et en France. 

"Il porte beaucoup de mutations, sans atteindre le nombre record d'Omicron, et il a lui aussi un potentiel de transmission important", a souligné dans le JDD le virologue Bruno Lina.

Mais "en attendant davantage de certitudes sur ces variants, "notre problème, pour les fêtes, c'est Delta", a-t-il rappelé.


Présidentielle: Pécresse entame sa campagne chez Ciotti

La candidate a assuré qu'elle allait «enrichir» son projet car «il y avait des bonnes idées» chez chacun des prétendants LR. (Photo, AFP)
La candidate a assuré qu'elle allait «enrichir» son projet car «il y avait des bonnes idées» chez chacun des prétendants LR. (Photo, AFP)
Short Url
  • Après un déjeuner privé à Nice, les deux finalistes de la primaire LR se rendront à Saint-Martin-Vésubie où ils déposeront une gerbe à la mémoire des victimes de la tempête Alex de fin 2020
  • Un signe d'unité, en ouverture d'une semaine dédiée au «rassemblement» de la famille politique

SAINT-MARTIN-VÉSUBIE : "Rassembler toutes les sensibilités de la droite": pour son premier déplacement de candidate LR à la présidentielle, Valérie Pécresse se rend lundi sur les terres d'Eric Ciotti, qui met la pression pour garder le cap à droite.

Après un déjeuner privé à Nice, les deux finalistes de la primaire LR se rendront à Saint-Martin-Vésubie où ils déposeront une gerbe à la mémoire des victimes de la tempête Alex de fin 2020, avant une réunion publique commune.

Un signe d'unité, en ouverture d'une semaine dédiée au "rassemblement" de la famille politique, puisque la candidate devrait se rendre dans le fief de ses concurrents battus, et notamment vendredi chez Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France.

L'ancienne députée des Yvelines, qui a repris sa carte chez LR cet automne après l'avoir quitté en 2019, prévoit d'être mardi auprès des parlementaires.

"Je veux rassembler toutes les sensibilités de la droite", martèle la candidate et ancienne ministre.

Mais le déplacement de lundi sera particulièrement scruté après la mise en garde inattendue dimanche d'Eric Ciotti, finaliste du congrès avec 39% des voix.

"Le message qui a été lancé hier par Valérie Pécresse n'était pas un bon message", a-t-il affirmé après une réunion publique.

En cause: une interview où la toute fraîche candidate a refusé de reprendre certaines propositions musclées de son ex-rival, comme la création d'un "Guantanamo à la française" ou la priorité nationale pour les emplois ou le logement.

"Nous en parlerons demain avec Valérie Pécresse, je la soutiens, mais j'entends que mes idées soient représentées avec force, les idées d'une droite qui entend se faire respecter", a insisté M. Ciotti.

La candidate a de son côté assuré qu'elle allait "enrichir" son projet car "il y avait des bonnes idées" chez chacun des prétendants LR. 

Pas de "synthèse molle" mais "si on peut rajouter un zest de citron ou un zest de vanille pour pimenter le quatre-quarts, je le ferai", a-t-elle glissé au Grand jury RTL–Le Figaro–LCI.

«Tandem»

Dans l'entourage de la candidate, on explique qu'il y a eu un télescopage entre les interviews, que les deux responsables se sont depuis parlé au téléphone et qu'il n'y a "aucun problème" entre eux.

Mais l'avertissement d'Eric Ciotti vient ternir la belle image d'unité donnée par LR dans ce congrès, où les perdants s'étaient avec fair-play rangés derrière la gagnante sitôt les résultats connus.

"Le rassemblement n’aura que peu duré", a raillé sur Twitter le ministre Franck Riester (ex-LR), pour qui "la division est lancée pour la candidate LR, emprisonnée par la frange la plus radicale de son parti".

Dans cette campagne, Eric Ciotti entend bien peser à hauteur de son score de 39%.

"Ce sont les valeurs d’autorité, d’identité et de liberté que les Français ont plébiscitées" dans ce congrès, avait-il déclaré samedi à l'annonce des résultats, après une campagne largement axée sur l'insécurité et l'immigration.

Alors qu'Eric Zemmour a fait une entrée fracassante dans la course à l'Elysée, on s'inquiète dans l'entourage du député des Alpes-Maritimes qu'une partie des LR puisse se tourner vers le candidat identitaire.

Eric Zemmour n'a pas manqué dimanche lors de son meeting à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, de leur tendre une nouvelle fois la main. 

Mais, du point de vue du camp Ciotti, reste une opportunité de récupérer les déçus du zemmourisme si la campagne de ce dernier venait à patiner. 

"Il y a 15% d'électeurs dans la nature, il faut aller les chercher", assure-t-on, en évoquant pour la campagne LR le souhait d'un "tandem" sur le modèle Sarkozy-Fillon de 2007, plutôt qu'un "patchwork" de sensibilités.

Le défi, pour Valérie Pécresse, sera d'entendre cette demande tout en convainquant aussi le centre-droit passé ou tenté par la macronie.

"Il faut qu'elle trouve une place à Eric Ciotti sans qu'il croie qu'il l'a remplacée", explique le politologue Pascal Perrineau, pour qui "avec un Eric Zemmour fragilisé, Ciotti peut servir d'aimant pour ramener les brebis au bercail".

C'est la candidate qui va "établir le programme" et "arbitrer les questions", a rappelé le patron de LR Christian Jacob sur BFMTV. 

Mais "sur la ligne régalienne", Valérie Pécresse et Eric Ciotti "sont très proches l'un de l'autre", a-t-il assuré.


Macron présentera jeudi les priorités de la présidence française de l'UE

Emmanuel Macron devrait dévoiler jeudi la liste des villes dans lesquelles seront organisés plusieurs évènements de la présidence française et en dévoiler l’emblème. (Photo, AFP)
Emmanuel Macron devrait dévoiler jeudi la liste des villes dans lesquelles seront organisés plusieurs évènements de la présidence française et en dévoiler l’emblème. (Photo, AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron, qui se présente en Européen convaincu, a déjà exprimé à plusieurs reprises l'importance qu'il attachait à cette présidence semestrielle
  • Cette présidence tournante du Conseil de l'UE, qui réunit les 27 pays membres mais ne gouverne pas la Commission, va permettre à la France d'animer les débats en fixant l'ordre du jour des réunions

PARIS : Emmanuel Macron tiendra une conférence de presse jeudi pour présenter les priorités de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, qui démarre le 1er janvier 2022 pour six mois.

Le chef de l'Etat français, qui s'expliquera jeudi à 16H00 (15H00 GMT) au palais de l'Elysée à Paris, "présentera les grandes priorités européennes que la France portera pendant la présidence", selon ses services, dans un contexte de débat concernant l'accueil des migrants ou la place de l'UE dans le monde.

Emmanuel Macron, qui se présente en Européen convaincu, a déjà exprimé à plusieurs reprises l'importance qu'il attachait à cette présidence semestrielle, qui va coïncider avec les campagnes pour la présidentielle française des 10 et 24 avril puis pour les législatives prévues en juin.

Ses objectifs sont de "renforcer la souveraineté européenne", notamment par l'autonomie militaire, de réformer les accords de Schengen, de faire avancer le "paquet climat" avec la taxation carbone et de rebâtir "un traité de paix et d'amitié avec l'Afrique" sous l'égide de l'UE.

Cette présidence tournante du Conseil de l'UE, qui réunit les 27 pays membres mais ne gouverne pas la Commission, va permettre à la France d'animer les débats en fixant l'ordre du jour des réunions, et ainsi de mettre en avant ses priorités. 

Un sommet sur la défense est notamment prévu durant les trois premiers mois de la présidence, au cours desquels seront organisés les rendez-vous les plus importants, avant l'élection présidentielle.

Emmanuel Macron devrait dévoiler jeudi la liste des villes dans lesquelles seront organisés plusieurs évènements de la présidence française et en dévoiler l’emblème, selon l'Elysée.

Parallèlement, le Premier ministre Jean Castex doit réunir le même jour les présidents de groupes parlementaires du parlement européen et son président David Sassoli.