Des chefs religieux se joignent à l'archevêque de Canterbury pour s'opposer au projet de loi britannique sur la migration

L'archevêque de Canterbury, Justin Welby, a été rejoint par l'imam sunnite Qari Asim, basé à Leeds, pour signer une lettre appelant à une approche différente pour faire face à la crise migratoire au Royaume-Uni. (Fichier/@QariAsim/AFP)
L'archevêque de Canterbury, Justin Welby, a été rejoint par l'imam sunnite Qari Asim, basé à Leeds, pour signer une lettre appelant à une approche différente pour faire face à la crise migratoire au Royaume-Uni. (Fichier/@QariAsim/AFP)
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Publié le Mercredi 05 juillet 2023

Des chefs religieux se joignent à l'archevêque de Canterbury pour s'opposer au projet de loi britannique sur la migration

  • Des personnalités musulmanes, chrétiennes, hindoues, juives et sikhs signent une lettre appelant à une stratégie différente pour traiter le problème des demandeurs d'asile
  • «Les personnes de toutes confessions sont consternées» par les propositions du gouvernement, a affirmé au Times l'imam sunnite basé à Leeds, Qatar Asim

LONDRES: Les chefs religieux des principales confessions du Royaume-Uni ont soutenu les appels du plus haut dignitaire de l'Église d'Angleterre à s'opposer aux nouvelles lois sur la migration proposées par le gouvernement.

De hauts responsables musulmans, sikhs, hindous et juifs ont joint leur voix à celle de l'archevêque de Canterbury, Justin Welby, pour signer une lettre appelant à une approche différente pour faire face à la crise migratoire au Royaume-Uni.

Au nombre des signataires figurent le président du Conseil consultatif national des mosquées et des imams, l'imam sunnite basé à Leeds Qari Asim, et le religieux chiite l’imam Sayed Razawi, le plus important érudit musulman d'Écosse.

Les autres noms à noter sont les rabbins Charley Baginsky et Josh Levy, les deux PDG du mouvement Progressive Judaism, le président du Forum hindou de Grande-Bretagne, Trupti Patel, le pair sikh Lord Singh of Wimbledon, l'archevêque d'York Stephen Cottrell et l'évêque de Durham, Paul Butler.

Des dizaines de milliers de migrants se trouvent actuellement dans des logements temporaires au Royaume-Uni en raison d'une pénurie de logements et d'un retard dans le traitement des demandes d'asile par le ministère de l'Intérieur.

Les propositions du gouvernement décrites dans le projet de loi sur la migration illégale prévoient de donner aux autorités davantage de pouvoirs pour détenir, expulser et interdire le retour au Royaume-Uni des personnes entrées illégalement dans le pays, ainsi que pour envoyer des demandeurs d'asile au Rwanda lors de l’examen de leurs demandes d’asile.

Dans leur lettre publiée dans The Times, les chefs religieux ont écrit: «Nous représentons des personnes et des communautés dont la croyance, le culte et l'action nous orientent vers le type de société que nous souhaitons construire pour le bien commun.»

«Le projet de loi sur la migration illégale ne respecte pas notre engagement envers les plus vulnérables; il ne répond pas à l’interrogation fondamentale d'une politique fondée sur des preuves et pouvant être applicable. Nous avons besoin d'une autre approche reflétant l'histoire, les valeurs et le devoir de notre pays. Avec plus de 100 millions de personnes déplacées dans le monde, cette crise ne sera pas résolue sans un important effort commun», poursuit la lettre.

«Le Royaume-Uni devrait montrer l'exemple en définissant une approche juste et pleine de compassion, en veillant à ce que les personnes cherchant refuge soient protégées, que les demandes soient tranchées rapidement et équitablement, que les trafiquants d'êtres humains soient punis et que les causes profondes de la migration de masse soient correctement traitées.»

«Je pense que les personnes de toutes confessions sont consternés d'entendre parler des propositions du gouvernement. Celui-ci fait preuve d'inhumanité et d'incompétence dans la gestion de cette crise. Cela va à l'encontre des valeurs de l'histoire de la Grande-Bretagne», a affirmé Qari Asim au Times.

Justin Welby, qui siège à la Chambre des Lords, a déposé une série d'amendements au projet de loi, qui devraient être débattus au Parlement, notamment l'établissement de «stratégies décennales de collaboration internationale» visant à mettre fin à la traite des êtres humains.

Il a déclaré au Times: «En tant que chefs religieux, nous avons des croyances différentes sur beaucoup de choses, mais nous sommes unis dans notre préoccupation pour les personnes qui cherchent refuge. La Grande-Bretagne doit avoir un système d'asile basé sur la justice et la compassion.»

Charley Baginsky a pour sa part affirmé que «la religion est politique. Il est tout à fait juste que si vous mettez des évêques à la Chambre des Lords, ils vont parler de ce chevauchement entre la religion et la politique. La question des réfugiés et la manière dont nous accueillons les gens dans ce pays concernent précisément ce point de chevauchement».

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a déclaré que «la seule manière de garantir que les gens ne soient pas soumis à des voyages dangereux aux mains de gangs criminels est de supprimer en premier lieu l'incitation à effectuer ces voyages. C'est ce que notre projet de loi Stop the Boats ("Mettez fin aux bateaux") entreprend de faire».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée américaine arraisonne un bateau suspecté de se diriger vers un port iranien

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
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  • L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations
  • En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir arraisonné un navire marchand dans la mer d'Arabie, soupçonné d'avoir tenté de violer le blocus américain des ports iraniens.

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien", a affirmé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"A ce jour, 39 navires ont été redirigés afin de garantir le respect" du blocus, a-t-il ajouté.

La publication comprenait également une vidéo montrant un hélicoptère au-dessus du navire alors que les Marines américains descendaient en rappel sur des conteneurs empilés sur le bateau.

L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations visant à mettre fin au conflit.

En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril.

Le ministre de la Défense Pete Hegseth avait affirmé aux journalistes en avril que Washington maintiendrait son blocus "aussi longtemps qu'il le faudra".

"Ce blocus s'applique à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, en direction ou en provenance des ports iraniens", avait précisé le chef d'état-major de l'armée américaine Dan Caine, présent aux côtés de Pete Hegseth.

 

 


Donald Trump presse l'Iran de faire «vite» pour conclure un accord

 Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
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  • Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril
  • Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social

TEHERAN: Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse.

Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Les conséquences se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale iranienne, le rial, a atteint mercredi un plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes.

Et dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.

"L'idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des négociations", confie à l'AFP Ali, un architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.

"Ils partent négocier et reviennent avec encore plus de sanctions, et les discussions portent toujours sur le nucléaire: on ne parle jamais des gens, de l'économie ou de la liberté", ajoute-t-il, alors que son pays est sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

"Devenir intelligents" 

Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril.

Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social.

Dans le même message est publié un photo-montage du président portant un fusil d'assaut au milieu d'un décor de guerre, avec ce commentaire : "FINI DE JOUER LES GENTILS!".

Les Etats-Unis affichent leur scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce de pétrole et de gaz.

L'Iran le verrouille depuis le début de la guerre et les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Selon un article du site américain Axios, relayé par l'agence officielle iranienne Irna, l'offre de Téhéran vise à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, repoussant à une date ultérieure les discussions sur le dossier nucléaire.

 "Plus de risques" 

Mais ce sujet reste central pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Selon le Wall Street Journal (WSJ), le président américain a demandé aux responsables de la sécurité nationale de se préparer à un long blocus des ports iraniens afin de contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire.

D'après le journal, M. Trump estime pouvoir forcer Téhéran à suspendre l'enrichissement de l'uranium pendant 20 ans, puis à accepter de strictes restrictions par la suite.

L'Iran réaffirme de son côté régulièrement son droit inaliénable au nucléaire civil, tout en jugeant "négociable" le taux d'enrichissement.

Selon des responsables américains cités par le WSJ, Donald Trump considère en outre que bloquer les infrastructures portuaires iraniennes permettrait de continuer à mettre sous pression l'économie iranienne et ses exportations de pétrole.

Le locataire de la Maison Blanche "a estimé que ses autres options — reprendre les bombardements ou se retirer du conflit — comportaient plus de risques que le maintien du blocus", ont indiqué ces responsables.

Téhéran a appelé de son côté Washington à renoncer à ses exigences "irrationnelles", estimant que les Etats-Unis n'étaient "plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes".

Audition de Hegseth 

Alors que l'Iran annonce régulièrement des arrestations ou pendaisons de personnes accusées de liens avec Israël ou les Etats-Unis, le Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU a affirmé mercredi que 21 personnes avaient été exécutées et plus de 4.000 interpellées pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit.

L'Iran n'a pas réagi dans l'immédiat à ces allégations.

Sur le front libanais, Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées mercredi dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise.

Chaque camp accuse l'autre de violer une trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Aux Etats-Unis, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit.

Depuis fin février, des parlementaires démocrates et républicains ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fournie.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.