Signature d’une feuille de route de coopération franco-saoudienne sur l’hydrogène et l’énergie renouvelable

Réunion des équipes des ministères français et saoudien de l'énergie (photo, Twitter @AgnesRunacher)
Réunion des équipes des ministères français et saoudien de l'énergie (photo, Twitter @AgnesRunacher)
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Publié le Dimanche 09 juillet 2023

Signature d’une feuille de route de coopération franco-saoudienne sur l’hydrogène et l’énergie renouvelable

  • Ce déplacement entrepris par la ministre de la Transition énergétique fait partie du plan d’action que la France met en place en amont de ses objectifs ambitieux pour la réduction des émissions d’ici à 2030
  • La France et l'Arabie saoudite ont convenu d'une feuille de route sur la coopération dans le domaine de l'hydrogène et de l'électricité produite à partir de ressources renouvelables, qui s'articule autour de trois piliers

RIYAD : « Citoyenne engagée, égalité des chances, féministe » trois concepts par lesquels Agnès Pannier-Runacher la ministre française de la Transition énergétique se définit sur son compte Twitter.

Quittant une France en prise avec les émeutes soulevées par la mort du jeune Nahel, autour de laquelle tournaient tous les débats, elle a pris vendredi son bâton de pélerine pour se rendre en Arabie saoudite. « Mon objectif est de construire des coopérations dans la production d’énergies décarbonnées et de préparer la prochaine Cop28 », explique-t-elle sur le réseau social. Ce déplacement qu’elle a entrepris, accompagnée par une délégation de neuf entreprises françaises, fait partie du plan d’action que la France met en place en amont de ses objectifs ambitieux pour la réduction des émissions d’ici à 2030.

Dès son arrivée, Agnès Pannier-Runacher rencontrait son homologue saoudien, le prince Abdelaziz ben Salmane. A l’issue de cette rencontre était aussitôt publié un communiqué joint qui fait suite au Mémorandum d'entente pour coopérer dans le domaine de l'énergie, signé le 2 février 2023.

Dans ses grandes lignes, le communiqué rappelle l’objectif commun aux de pays de contribuer à la stabilisation du réchauffement climatique à 1,5°c.

Une feuille de route sur la coopération dans le domaine de l'hydrogène et de l'électricité

À cette fin, la France et l'Arabie saoudite ont convenu d'une feuille de route sur la coopération dans le domaine de l'hydrogène et de l'électricité produite à partir de ressources renouvelables, qui s'articule autour de trois piliers :

 - Le développement technologique : La coopération fera progresser le déploiement de la technologie de l'hydrogène et de l'électricité produite à partir de ressources renouvelables, depuis la production jusqu'au transport et à la conversion dans les centres de demande ;

 - Coopération commerciale : le secteur privé a un rôle essentiel à jouer, la coopération franco-saoudienne salue les efforts conjoints des entreprises saoudiennes et françaises pour s'associer à l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement énergétique afin de débloquer les affaires et le commerce de l'hydrogène ;

 - Politiques et réglementation : la feuille de route favorisera le développement de l'industrie de l'hydrogène par la reconnaissance mutuelle des cadres de certification, y compris l'évaluation du cycle de vie des émissions de toutes les sources possibles, nécessaire à la cohérence du commerce international.

 Les deux pays s'efforceront de renforcer leur coopération dans le développement et le maintien des chaînes d'approvisionnement pour les secteurs de l'énergie et de permettre la coopération entre les entreprises afin de maximiser l'utilisation des ressources locales dans les deux pays, ce qui contribue à la flexibilité et à l'efficacité de l'approvisionnement en énergie.

 Les parties soutiennent la création d'une "task force franco-saoudienne" visant à obtenir les résultats souhaités de la coopération dans le domaine de l'hydrogène et dans d'autres domaines.

Agnès Pannier-Runacher rencontre son homologue saoudien, le prince Abdelaziz ben Salmane (photo, compte Twitter @AgnesRunacher)
Agnès Pannier-Runacher rencontre son homologue saoudien, le prince Abdelaziz ben Salmane (photo, compte Twitter @AgnesRunacher)

Rencontre avec les industriels français et les ingénieures saoudiennes

Accueillie à la résidence de France à Riyad par l’ambassadeur Ludovic Pouille, La ministre de l’Énergie et la délégation qui l’accompagne ont pu rencontrer les industriels français en Arabie saoudite. « L’occasion de saluer leur rôle important dans le partenariat franco-saoudien notamment dans les mégaprojets associés aux énergies renouvelables », a commenté M. Pouille dans un message sur Twitter.

Mme Agnès Pannier-Runacher a également rencontré les jeunes ingénieures saoudiennes du ministère de l’Énergie du royaume, ce qui a fait dire au diplomate français, non sans fierté : « l’avenir appartient aux femmes ! ». Une affirmation ponctuée par le mot dièse « #JamaisSansElles.

Rencontre avec les jeunes ingénieures saoudiennes du ministère de l'Énergie (photo, compte Twitter @AgnesRunacher)
Rencontre avec les jeunes ingénieures saoudiennes du ministère de l'Énergie (photo, compte Twitter @AgnesRunacher)

 

 

 

 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com