Israël: manifestations contre la réforme judiciaire après un vote crucial

Les forces de sécurité israéliennes bloquent les manifestants anti-gouvernementaux lors d'un rassemblement à l'aéroport Ben Gurion près de Lod, le 11 juillet 2023. (Photo, AFP)
Les forces de sécurité israéliennes bloquent les manifestants anti-gouvernementaux lors d'un rassemblement à l'aéroport Ben Gurion près de Lod, le 11 juillet 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 11 juillet 2023

Israël: manifestations contre la réforme judiciaire après un vote crucial

  • Les organiseurs de ce mouvement de contestation, qui réunit chaque semaine des dizaines de milliers de personnes depuis des mois, ont annoncé le blocage d'endroits stratégiques du nord au sud d'Israël
  • La police a indiqué avoir arrêté 66 manifestants à travers le pays pour «trouble à l'ordre public»

JÉRUSALEM: Des opposants à la réforme judiciaire en Israël manifestent mardi après le vote en première lecture au Parlement d'une mesure controversée du texte de loi voulu par le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Les organiseurs de ce mouvement de contestation, qui réunit chaque semaine des dizaines de milliers de personnes depuis des mois, ont annoncé le blocage d'endroits stratégiques du nord au sud d'Israël.

La police a indiqué avoir arrêté 66 manifestants à travers le pays pour "trouble à l'ordre public".

"Je suis venu ici parce que le gouvernement détruit totalement la démocratie en Israël," a affirmé Eitan Galon, un médecin parmi les manifestants sur une autoroute à la sortie de Jérusalem.

"Nous continuerons de lutter jusqu'au bout", a-t-il ajouté, alors que la police utilisait des canons à eau pour disperser les protestataires.

«Renforcer la démocratie»

Dans l'après-midi, des manifestants ont également gagné en masse l'aéroport international Ben Gourion, à Tel-Aviv, où ils ont agité des drapeaux et scandé des slogans contre la réforme.

Cette journée de mobilisation intervient après le vote en première lecture par la Knesset, le Parlement israélien, d'une mesure visant à annuler la possibilité pour le pouvoir judiciaire de se prononcer sur "le caractère raisonnable" des décisions du gouvernement.

La mesure a été adoptée dans la nuit de lundi à mardi en première lecture par 64 voix pour, correspondant aux députés de la coalition gouvernementale. Les 56 députés de l'opposition ont voté contre.

Annoncée peu après l'investiture du gouvernement formé en début d'année par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, la réforme judiciaire vise notamment à diminuer les prérogatives de la Cour suprême, que l'exécutif juge politisée.

Ses détracteurs estiment que la réforme risque d'ouvrir la voie à une dérive antilibérale ou autoritaire.

Dans une vidéo mise en ligne sur Facebook pendant les débats dans la nuit, M. Netanyahu s'est voulu rassurant en affirmant que le projet de loi n'était "pas la fin de la démocratie" mais qu'il allait "renforcer la démocratie".

"Les droits des tribunaux et des citoyens israéliens ne seront en aucun cas lésés (...) La Cour continuera à contrôler la légalité des décisions et des nominations du gouvernement", a-t-il dit.

La commission parlementaire des lois a repris mardi après-midi les débats autour de la mesure votée en première lecture, afin de la présenter au vote définitif du Parlement à une date non précisée, selon un communiqué.

Mardi, le chef de la centrale syndicale Histadrout a lancé un appel au Premier ministre afin qu'il "arrête le chaos", laissant entendre que le puissant syndicat pourrait faire pression sur le gouvernement s'il poursuivait le projet de réforme.

"Monsieur le Premier ministre, la balle est dans votre camp", a déclaré Arnon Bar-David lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv.

«Chaos délirant»

"Mettez fin au chaos délirant au sein de la société israélienne, et le plus vite possible", a-t-il ajouté.

"Quand je sentirai que toutes les options auront été épuisées et que la situation aura atteint un point de non-retour, nous interviendrons et utiliserons notre pouvoir", a surenchéri M. Bar-David qui avait annoncé en mars une grève générale quelques jours avant que Benjamin Netanyahu annonce une pause dans le projet de réforme.

De son côté, le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, a reproché au gouvernement de ne pas tenir ses promesses: "Vous aviez promis d'aider les faibles et de protéger la sécurité d'Israël (...), vous ne faites rien d'autre que cette folie", a-t-il déclaré, en référence à la réforme.

Fin mars, M. Netanyahu avait décrété une pause dans le processus législatif pour permettre des discussions avec les partis d'opposition. Mais fin juin, les deux principaux chefs de l'opposition, M. Lapid et Benny Gantz, ont suspendu leur participation aux pourparlers.

Le président israélien, Isaac Herzog, a appelé les parties à revenir à la table des négociations qui se déroulent sous son égide depuis mars.

Pour sa part, le président américain, Joe Biden, a émis l'espoir que M. Netanyahu "continuera d'évoluer vers la modération et le changement", dans une interview sur CNN diffusée dimanche.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"