Le journaliste de l'AFP Arman Soldin, tué en Ukraine, décoré chevalier de la Légion d'honneur

Le journaliste de l'AFP Arman Soldin sourit au photographe alors qu'un chat se tient sur ses épaules lors d'une mission pour l'AFP en Ukraine, le 11 novembre 2022. (Photo par Bulent KILIC / AFP)
Le journaliste de l'AFP Arman Soldin sourit au photographe alors qu'un chat se tient sur ses épaules lors d'une mission pour l'AFP en Ukraine, le 11 novembre 2022. (Photo par Bulent KILIC / AFP)
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Publié le Vendredi 14 juillet 2023

Le journaliste de l'AFP Arman Soldin, tué en Ukraine, décoré chevalier de la Légion d'honneur

  • Expérimenté, en poste à Londres avant de partir pour l'Ukraine, Arman y était le coordinateur vidéo depuis septembre 2022 et se rendait régulièrement sur le front d'une invasion déclenchée par la Russie en février
  • Arman Soldin est parti «la caméra à la main» avec un «beau visage» ne trahissant aucune souffrance

PARIS : Le coordinateur vidéo de l'Agence France-Presse Arman Soldin, tué dans l'exercice de ses fonctions en Ukraine le 9 mai, a été décoré chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume, selon le Journal officiel de vendredi.

«Au grade de chevalier» et «avec effet du 28 juin 2023», Arman Soldin a été décoré par «décret du président de la République en date du 13 juillet 2023», est-il écrit dans le journal officiel publié dans la nuit de vendredi.

Arman Soldin a été tué lors d'une attaque de roquettes Grad russes dans l'Est de l'Ukraine, près de la ville assiégée de Bakhmout. Il avait 32 ans.

Il faisait partie d'une équipe de cinq reporters de l'AFP qui accompagnaient des soldats ukrainiens sur le front le plus actif, près du village de Tchassiv Iar.

«Nous sommes émus et touchés par cette distinction pour Arman», a déclaré le directeur de l'information de l'AFP Phil Chetwynd. Cette décoration posthume «honore son superbe journalisme et aide à garder sa mémoire vivante», a-t-il ajouté.

Une vague de sympathie avait afflué dès le lendemain de sa mort, accompagnée de messages de condoléances. De la part d'institutions, de personnalités politiques françaises telles que le président Emmanuel Macron, ou étrangères, du monde des médias... Jusqu'à sa décoration vendredi, le jour de la fête nationale, à la plus haute distinction dans le code français.

La Légion d'honneur, décernée du vivant des élus ou à titre posthume, récompense militaires comme civils pour services rendus à la Nation et mérites éminents. Elle a été instaurée par Napoléon Bonaparte en 1802 et comporte cinq grades, de chevalier à Grande-Croix.

Selfie avec un chat, sauveur d'un hérisson, Arman Soldin était loué par tous pour son humanisme et décrit par ses collègues comme un journaliste «toujours sérieux» qui «filmait au plus près» même sur les terrains les plus difficiles.

Il «avait cette capacité rare à trouver des bouffées de vie et même je dirais de poésie dans l'horreur. Au milieu du chaos et de la violence, il ne manquait jamais de documenter avec humanité le quotidien d'une population en lutte pour sa survie», a salué la ministre de la Culture Rima Abdul Malak, lors d'un hommage tenu à l'AFP le 1er juin.

- Enfant de la guerre -

Mais il ne manquait jamais, non plus, de rappeler la gravité du conflit qu'il suivait. «Cette histoire (du hérisson) est mignonne, mais n'oubliez pas qu'une guerre sanglante est en cours et que des milliers de gens sont déplacés. Aidez en donnant aux ONG», avait-il appelé dans l'un de ses derniers posts.

Expérimenté, en poste à Londres avant de partir pour l'Ukraine, Arman y était le coordinateur vidéo depuis septembre 2022 et se rendait régulièrement sur le front d'une invasion déclenchée par la Russie en février et qui fait toujours des ravages.

Enfant de la guerre, de la Bosnie à l'Est ukrainien, Arman Soldin avait fui Sarajevo pour la France dans les bras de sa mère. Il avait à peine un an.

«J'aurais aimé que je sois moins fière de toi, et toi plus vivant. J'aurais aimé continuer de t'aimer, à mes côtés», a déclaré celle-ci lors de ses funérailles.

Chaque jour, son collègue Emmanuel Peuchot, rompu aux terrains hostiles, a pu constater la «franchise» de son cadet. Car fondamentalement, Arman était quelqu'un qui «aimait les gens, il était tourné vers l'autre».

Arman Soldin est parti «la caméra à la main» avec un «beau visage» ne trahissant aucune souffrance.

Dimitar Dilkoff, photographe de l'AFP, a vécu l'instant d'avant avec lui: «Il était comme toujours, il plaisantait».

Le 10 mai, le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête pour crime de guerre, confiée à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine et destinée à établir les circonstances du drame.

 


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.