Luigi Di Maio à Arab News: « La nomination du représentant de l'UE pour le Golfe illustre l'ambition de travailler ensemble »

Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, est interviewé par la rédactrice en chef adjointe d'Arab News, Nour Nougali, jeudi à Riyad. (Photo AN/Abdelrahmane Alchuhub).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, est interviewé par la rédactrice en chef adjointe d'Arab News, Nour Nougali, jeudi à Riyad. (Photo AN/Abdelrahmane Alchuhub).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, interviewé par Arab News (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, interviewé par Arab News (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, déguste des spécialités traditionnelles saoudiennes à Riyad (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, déguste des spécialités traditionnelles saoudiennes à Riyad (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, a entamé sa visite à Riyad par une rencontre avec Jasem Albudaiwi, secrétaire général du CCG (Photo CCG).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, a entamé sa visite à Riyad par une rencontre avec Jasem Albudaiwi, secrétaire général du CCG (Photo CCG).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, avec les ambassadeurs des États membres de l'UE à Riyad. (Photo @eusimonpa).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, avec les ambassadeurs des États membres de l'UE à Riyad. (Photo @eusimonpa).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre le prince Turki al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre le prince Turki al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques (Photo fournie).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre Walid A. el-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères (Photo @KSAmofaEN).
Le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, rencontre Walid A. el-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères (Photo @KSAmofaEN).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
Le vice-président du Conseil de la Choura, Mishaal ben Fahm al-Salami, rencontre le premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio, le 12 juillet à Riyad (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 14 juillet 2023

Luigi Di Maio à Arab News: « La nomination du représentant de l'UE pour le Golfe illustre l'ambition de travailler ensemble »

  • M. Di Maio se félicite des perspectives de coopération entre l'UE et le Golfe dans les domaines de l'énergie, du climat et des grands projets
  • Il se réjouit de rencontrer des responsables arabes avant la réunion ministérielle UE-CCG d'octobre à Oman, déclare-t-il dans une interview exclusive

RIYAD: À l’occasion de son premier voyage en Arabie saoudite depuis qu'il a été nommé premier représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe, Luigi Di Maio a déclaré à Arab News que les récents événements mondiaux montrent que de nouvelles collaborations sont nécessaires.

Il s’est exprimé ainsi alors qu’on lui demandait si les pays européens pouvaient se permettre d'ignorer la montée en puissance du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et des États arabes du Golfe dans un monde multipolaire.

«Je pense que le monde change et qu'il y a de nouveaux partenariats à bâtir», a déclaré M. Di Maio au cours d'un entretien qui évoquait des sujets aussi variés que le conflit entre la Russie et l'Ukraine ou l'émancipation économique des femmes et des jeunes en Arabie saoudite.

«Il existe de vieux partenariats que nous avons construits au cours des dernières décennies. Mais nous sommes dans une période où tout change? C’est lié à la terrible agression russe contre l'Ukraine, mais aussi à la pandémie.

«Et, dans la région, vous [l'Arabie saoudite et les États du Golfe] prenez des initiatives très intéressantes pour nous et qui sont très bien accueillies si elles sont orientées vers le désamorçage des crises. Je pense donc qu'il ne s'agit pas d'ignorer ou de considérer, mais que nous devons travailler ensemble.»

M. Di Maio, qui a pris ses nouvelles fonctions le 1er juin, a révélé que la création de son poste devrait lever tous les doutes quant à l'intention de l'Union européenne (UE) d'approfondir ses relations avec la région du Golfe.

«Le fait que l'UE et ses 27 États membres aient nommé pour la première fois un représentant spécial pour la région du Golfe témoigne de notre nouvelle ambition de porter notre collaboration à un nouveau niveau stratégique. Et quand je dis “partenariat”, j'entends un véritable partenariat fondé sur le dialogue, le respect et les résultats», a-t-il précisé.

Interrogé sur le fait de savoir si la décision de créer le bureau du représentant spécial de l'UE pour la région du Golfe avait été accélérée par l'invasion russe de l'Ukraine et la crise énergétique mondiale qui s'en est suivie, M. Di Maio a indiqué que cette décision était antérieure au conflit et qu'elle reflétait plutôt le désir sincère de l'UE de favoriser des relations bilatérales plus étroites.

«Nous avons entamé les négociations et la création d'une communication commune avant l'agression russe contre l'Ukraine», a-t-il affirmé.

«J'étais encore ministre à l'époque. Je me souviens du processus. L'idée reposait sur l'importance que vous avez au niveau multilatéral et bilatéral et la manière dont l'UE peut faire davantage afin d’adapter le niveau du partenariat.»

«Puis l'agression russe a eu lieu. Je pense que c'était une très bonne chose d'approuver la communication commune et de travailler sur la nomination du représentant spécial de l'UE, parce que dans une période où, au niveau multilatéral et bilatéral, tout change dans le cadre géopolitique, il est très important d'être plus proche de nos partenaires, de nos partenaires stratégiques», a-t-il expliqué.

M. Di Maio a commencé sa visite à Riyad par une réunion avec Jasem Albudaiwi, secrétaire général du CCG, au cours de laquelle les parties concernées ont «fait avancer les préparatifs en vue d'un prochain Conseil UE-CCG fructueux le 10 octobre prochain à Oman – une étape clé pour la mise en œuvre de notre partenariat stratégique.»

M. Di Maio a également rencontré le prince Turki al-Faisal, le président du centre roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et Walid A. el-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères.

Il a ensuite rencontré ses collègues européens, parmi lesquels Patrick Simonnet, ambassadeur de l'UE en Arabie saoudite, ainsi que les autres envoyés européens au Bahreïn et à Oman.

M. Di Maio a même été invité à déguster quelques spécialités saoudiennes.

Bien que l'énergie continue de jouer un rôle clé dans les relations, M. Di Maio a souligné que l'UE et ses États membres étaient enthousiasmés par le programme de réforme sociale et de diversification économique, la Vision 2030 de l'Arabie saoudite. Selon lui, elle s'aligne sur de nombreux projets de l'UE tels que le plan de relance européen NextGenerationEU, le Pacte vert pour l’Europe (European Green Deal) et l'intérêt croissant de la région pour l'énergie à base d'hydrogène.

«Les projets d'hydrogène que vous développez ici sont très importants et nous pouvons essayer d'établir un dialogue solide sur les ambitions dans le domaine de l'hydrogène, en particulier sur la demande de l'Europe, sur l'hydrogène et sur votre approvisionnement en hydrogène en direction de l'Europe», a-t-il signalé.

«Et, surtout, nous ne parlons pas seulement d'énergie. Nous parlons de technologies et de recherche. Nous parlons d'universités et de facultés. Car tout est lié au nouvel horizon de l'hydrogène et de l'énergie.

«Et vous, en tant que pays fournisseurs d'énergie à l'Europe, vous investissez beaucoup dans les nouvelles technologies, dans les énergies renouvelables. Il s'agit donc d'un domaine fructueux dans lequel nous pouvons dialoguer et essayer de créer davantage de synergies, j'en suis certain.»

Lors de la visite de cette semaine, M. Di Maio a pu constater les progrès de la Vision 2030 depuis son lancement par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, en 2016. Ce dernier a inauguré une série de réformes qui visent à stimuler la participation économique des femmes et des jeunes ainsi qu’à créer un environnement commercial propice hors pétrole au profit de nouvelles industries.

«J'ai rendu visite au Conseil de la Choura hier et on m'a expliqué le nombre de lois qu'ils sont en train de modifier afin d'aligner la Vision 2030 sur le cadre des réglementations du pays», a relevé M. Di Maio.

«Vous êtes en train de transformer votre pays. Et la Vision 2030 est l'un des points importants qui nous montrent ce changement. J'ai rencontré à Bruxelles non seulement votre formidable ambassadeur, mais aussi, par exemple, le directeur général adjoint du projet Neom.

«Lorsque j'ai rencontré SAR le prince héritier, nous avons parlé de Neom et des projets, de la Vision 2030 et de certains projets innovants comme Neom. Je pense que le vrai défi est maintenant d'essayer de travailler ensemble sur ces projets, sur notre Pacte vert, sur notre NextGenerationEU et votre Vision 2030, sur les projets Neom, entre autres.»

M. Di Maio estime qu'il est possible d'accroître considérablement les investissements européens dans les grands projets de l'Arabie saoudite, notamment la ville intelligente Neom, qui prend forme actuellement sur la côte de la mer Rouge de l’Arabie saoudite.

L'UE et l'Arabie saoudite entretiennent déjà des relations étroites en matière de commerce et d'investissement. En effet, l'UE est le deuxième partenaire commercial de l'Arabie saoudite et le premier investisseur direct étranger. M. Di Maio a affirmé qu'il ne doutait pas que les relations en matière de commerce et d'investissement se renforceraient.

«Bien sûr, aujourd'hui, en particulier avec vos nouveaux programmes sur les nouvelles technologies, les nouvelles énergies et même l'éducation, ainsi que les programmes et les projets que nous développons au sein de l'UE, où la Commission européenne et les États membres développent de nouveaux projets orientés de la même manière, dans la même direction, je pense que nous avons l’occasion de faire davantage.»

«Il ne s'agit pas seulement d'augmenter les chiffres, mais d'accroître la substance de nos relations par le biais de ce type de projets liés à l'avenir de nos jeunes et de nos jeunes pays. Il y a alors de quoi se réjouir des nouvelles opportunités qui s'offriront à ces jeunes.»

Les relations entre l'UE et les États du Golfe vont toutefois au-delà du commerce et de l'énergie. M. Di Maio a déclaré que les préoccupations communes en matière de sécurité jouaient également un rôle clé dans le partenariat stratégique.

«Il est très important de dire que dans mon mandat, l'un des piliers est la sécurité», a-t-il assuré.

«Mais pas seulement d'une manière classique – la sécurité maritime, le concept classique de sécurité, ou même la cybersécurité, les initiatives de lutte contre le terrorisme. Nous devons parler, comme je l'ai dit, d'une manière innovante, du lien entre la sécurité et le climat. C’est très important.»

M. Di Maio a ajouté: «Mon mandat consiste à faciliter la recherche de solutions intelligentes, à soutenir les efforts diplomatiques régionaux qui visent à pérenniser les actuels efforts de désescalade. Je suis ici pour écouter, pour comprendre les sensibilités et les priorités des pays de la région. Je me consacre à 100% à cette grande responsabilité et au succès de sa mise en œuvre avec les États membres de l'UE, les institutions de l'UE, avec vous et les pays de la région du Golfe.»

La semaine dernière, les pays du Golfe ont fermement condamné la décision de la Suède d'autoriser un migrant irakien à brûler un exemplaire du Coran dans la capitale Stockholm.

Interrogé sur le rôle de son bureau dans la prévention de tels actes dans le cadre de son mandat de construction d'un partenariat stratégique avec les pays du Golfe, M. Di Maio a déclaré que l'UE rejetait catégoriquement le fait de brûler des textes sacrés, un point de vue qu'il a évoqué lors des réunions de cette semaine.

«Dans toutes les réunions bilatérales que j'ai eues au cours de cette visite, j'ai soulevé ce point dès le début de la réunion afin de dire que cet incendie individuel du Coran est inacceptable et que tout type d'incendie d'un Livre saint est une provocation évidente, un manque de respect, et en même temps, comme je l'ai dit, l'UE le rejette», a-t-il affirmé.

«Je pense que toute forme de racisme, de xénophobie et de provocation n'a pas sa place dans nos sociétés. Le moment est venu de travailler ensemble de manière à éviter une nouvelle escalade et empêcher ces actes de se produire», a-t-il clarifié.

Lors de leur réunion mercredi, M. Albudaiwi, secrétaire général du CCG, a déclaré que M. Di Maio avait fait part des regrets, du rejet et de la condamnation de l'UE concernant l'incendie de l’exemplaire du Coran.

Après avoir été ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre de l'Italie, M. Di Maio a déclaré qu'il avait toujours été favorable à ce que l'UE joue un rôle plus important dans l'établissement de relations entre les Européens et le reste du monde.

«À l'époque où j'étais ministre des Affaires étrangères, pendant deux ans, et avant cela vice-Premier ministre, pendant deux ans, je soutenais totalement l'idée selon laquelle pour être plus forts en tant qu'États membres, nous avions besoin de l'UE comme interlocuteur dans d'autres régions du monde», a-t-il insisté.

«Le continent européen, l'UE en particulier, est la véritable institution qui peut servir d’influence aux États membres de l'UE pour établir de nouveaux partenariats avec le reste du monde.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


A la frontière libanaise, l'armée syrienne se renforce et découvre des tunnels attribués au Hezbollah

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  • Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée
  • La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre

AL-QUSAYR: A la frontière avec le Liban, l'armée syrienne a renforcé son déploiement, en pleine guerre au Moyen-Orient: des blindés sont positionnés derrière des barricades de sable et ses soldats ratissent des tunnels qu'ils disent avoir été utilisés par le Hezbollah.

La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre.

Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée.

"En ratissant les zones frontalières", elle a découvert "un réseau de tunnels reliant les deux pays et servant au trafic d'armes et de drogues", déclare à l'AFP le responsable des postes entre la Syrie et le Liban, Mohammad Hammoud.

Selon un commandant syrien, ces tunnels ont servi au Hezbollah.

Le ministère de la Défense a autorisé mercredi un journaliste de l'AFP à documenter le déploiement des renforts militaires, pour la première fois depuis qu'ils ont été dépêchés il y a un mois dans ces zones, où des bulldozers jaunes érigent des barricades de sable.

Le correspondant a observé au moins cinq tunnels. L'un d'eux s'ouvre dans le sous-sol d'une maison, avec des marches en béton menant à des passages étroits et sombres.

D'autres, dans des zones montagneuses et escarpées, disposent du courant électrique et de systèmes de ventilation sur tout le tronçon.

Dans l'une des maisons, subsistent encore sur le mur une vieille photo de l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et une autre du commandant militaire iranien Qassem Soleimani.

L'est du Liban, de l'autre côté, est un bastion du Hezbollah.

Le mouvement chiite, qui était intervenu aux côtés des forces gouvernementales syriennes contre les rebelles lors de la guerre civile (2011-2024), s'était emparé en 2013 de la ville clé de Qousseir.

Il a évacué cette région à la hâte lors de la chute du président Bachar al-Assad, renversé fin 2024 par une coalition islamiste hostile à l'organisation libanaise.

Depuis, ses routes d'approvisionnement à partir de la Syrie ont été coupées et les autorités libanaises et syriennes tentent de combattre la contrebande à travers la frontière poreuse.

 

- Pas d'engagement militaire -

 

Israël a par le passé bombardé des points de passage, dans le but de couper les voies d'approvisionnement du Hezbollah.

Le correspondant de l'AFP a vu des sites endommagés par d'anciennes frappes, dont des bâtiments détruits à proximité de l'un des tunnels.

Des soldats syriens patrouillent à pied la zone et un autre surveille de loin un poste de l'armée libanaise.

Damas avait annoncé le 4 mars, peu après le début de la guerre dans la région, que l'armée avait renforcé son déploiement le long des frontières avec le Liban et l'Irak.

La mission des forces déployées est de "contrôler la sécurité aux frontières", indique Mohammad Hammoud.

Selon une source diplomatique, "le gouvernement syrien a subi des pressions pour intervenir au Liban afin de neutraliser la menace du Hezbollah dans la région", ce qu'il refuse jusqu'à nouvel ordre de faire.

"L'armée syrienne n'a aucune intention d'agir militairement, sa mission se limitant actuellement à la surveillance des frontières", a affirmé mercredi à l'AFP une source militaire syrienne.

Les renforts incluent des canons, des blindés, des automitrailleuses et des soldats d'infanterie, a-t-elle précisé.

Bien que se tenant à l'écart des hostilités, la Syrie n'a pas été à l'abri de tensions.

Elle a dénoncé le 10 mars des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, tirés à partir du Liban.

Les présidents libanais et syrien, Joseph Aoun et Ahmad al-Chareh, avaient alors décidé de mieux "contrôler" leur frontière.

"Tant que la Syrie n'est pas directement visée par une partie, elle restera à l'écart du conflit", a répété mardi le président syrien, en visite à Londres. "Quatorze ans de guerre, cela suffit".

 


L'armée israélienne signale quatre attaques iraniennes en six heures

Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
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  • Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites
  • Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes

JERUSALEM: L'armée israélienne a indiqué jeudi contrer quatre salves de tirs de missiles venus d'Iran, dont deux survenues après un discours du président américain Donald Trump qui a promis de frapper durement l'Iran pendant encore "deux à trois" semaines.

Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites.

Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes.

Selon les médias israéliens, les dégâts observés sur une zone particulièrement étendue résultent de l'utilisation de munitions à fragmentation, qui explosent en vol, dispersant des sous-munitions.

Iran et Israël s'accusent mutuellement d'utiliser des bombes à fragmentation.

Près de six heures seulement après avoir signalé la première attaque, l'armée israélienne a de nouveau - et pour la quatrième fois - indiqué avoir "identifié des missiles lancés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël". "Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a-t-elle écrit sur Telegram.

Dans un court message publié peu après, les autorités israéliennes ont autorisé les habitants à "quitter les abris dans l'ensemble du pays", a indiqué l'armée sur Telegram.

Aucun bilan immédiat n'a été publié concernant d'éventuelles victimes ou dégâts suite aux dernières attaques.

Dans le nord d'Israël, des sirènes d'alerte ont également retenti tôt jeudi matin pour avertir d'attaques en provenance du Liban.

Dans différents communiqués, le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient début mars, a affirmé avoir visé avec des roquettes des positions israéliennes dans les zones frontalières et avoir attaqué avec des drones un village israélien.

Aucune victime ni dégât n'a été rapporté par les autorités israéliennes.

 


Liban: sept morts dans de nouvelles frappes d'Israël, qui veut occuper le sud après la guerre

Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur Beyrouth et ses environs ont fait au moins 7 morts supplémentaires, portant le bilan total à plus de 1 200 morts au Liban depuis le début du conflit avec le Hezbollah
  • Israël affirme vouloir occuper une partie du sud du Liban après la guerre, suscitant de fortes inquiétudes côté libanais et à l’ONU quant à une nouvelle occupation

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont annoncé tôt mercredi que de nouvelles attaques israéliennes avaient fait sept morts dans Beyrouth et sa région, au moment où Israël dit vouloir occuper une partie du Sud-Liban une fois la guerre terminée.

Les frappes israéliennes ne cessent pas dans ce pays embarqué dans la guerre depuis le 2 mars par une attaque du mouvement pro-iranien Hezbollah contre Israël. Elles ont causé au total plus de 1.200 morts, selon le ministère de la Santé libanais.

"Le raid mené par l'ennemi israélien sur le quartier de Jnah à Beyrouth a, selon un premier bilan, fait cinq morts et 21 blessés" dans ce quartier situé près de la banlieue sud de la capitale, a écrit le ministère de la Santé dans un communiqué.

D'après une source sécuritaire à l'AFP, les frappes israéliennes sur Jnah ont visé quatre voitures garées dans une rue.

Tôt mercredi, des journalistes de l'AFP ont entendu trois explosions dans la capitale. Elles résultent de bombardements effectués par des navires de guerre israéliens sur le quartier de Jnah, selon l'Agence nationale d'information (Ani) officielle du Liban.

Le ministère de la Santé a également indiqué qu'une frappe israélienne "visant un véhicule dans la région de Khaldeh, au sud de Beyrouth, a fait deux morts et trois blessés parmi la population civile".

Peu de temps avant ce communiqué, l'Ani avait rapporté que plusieurs missiles tirés par un drone israélien avaient visé une voiture sur une grande route au sud de Beyrouth mardi, soulignant que des ambulances et des pompiers s'étaient rendus sur place, mais sans donner alors de bilan.

Du côté israélien, l'armée a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir frappé un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" dans deux assauts distincts conduits "dans la région de Beyrouth" - sans préciser si cette seconde cible faisait également partie du mouvement islamiste libanais, ni communiquer sur le lieu précis des attaques.

- Craintes d'occupation -

Mardi, déjà, le ministère de la Santé avait dénombré huit morts lors de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du Liban, dans les régions de Tyr, de Sidon et de Bint Jbeil. Parmi les personnes décédées se trouvait un secouriste, de même source.

Le Hezbollah a indiqué être engagé dans de "violents affrontements" avec Israël dans la nuit de mardi à mercredi dans deux localités du sud du pays.

L'ONU s'est inquiétée mardi, par la voix de son chef des opérations humanitaires Tom Fletcher, de la perspective que soit créé un nouveau "territoire occupé" au Moyen-Orient.

Plus tôt, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait répété l'intention de son pays "d'occuper" une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée. Avec pour l'objectif d'y établir, selon lui, une "zone de sécurité".

Le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, a affirmé que les propos de son homologue israélien n'étaient "plus de simples menaces" mais traduisaient "une intention claire d'imposer une nouvelle occupation du territoire libanais, de déplacer de force des centaines de milliers de citoyens et de détruire systématiquement des villages et des villes dans le sud".

C'est dans cette zone qu'ont été tués trois Casques bleus indonésiens ces derniers jours.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait affirmé lundi que l'origine des projectiles ayant visé tué dimanche un soldat indonésien puis deux lundi étaient "inconnue".

Mais mardi, une source sécuritaire de l'ONU ayant souhaité rester anonyme a indiqué à l'AFP que des "investigations ultérieures" ont révélé que le tir de dimanche provenait d'un "char" israélien.

Et que l'explosion qui a tué lundi deux autres Casques bleus indonésiens pourrait être due à une mine, selon cette source.

L'armée israélienne a lancé une enquête concernant la mort de ces deux Casques bleus. Selon elle, "aucun engin explosif n'a été placé dans la zone par des soldats israéliens" et aucune de ses troupes "n'était présente sur place".

Mardi encore, Israël a notamment visé un immeuble sur la route de l'aéroport de Beyrouth et frappé sans avertissement un appartement de la banlieue nord de la capitale, selon l'Ani.

L'aviation israélienne a également visé mardi matin, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.