Accord UE-Mercosur: espoirs et craintes des agriculteurs en Europe et en Amérique du Sud

Une moissonneuse-batteuse récolte du soja dans un champ à Salto do Jacui, dans le Rio Grande do Sul, au Brésil, le 6 avril 2021. (Photo SILVIO AVILA / AFP)
Une moissonneuse-batteuse récolte du soja dans un champ à Salto do Jacui, dans le Rio Grande do Sul, au Brésil, le 6 avril 2021. (Photo SILVIO AVILA / AFP)
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Publié le Dimanche 16 juillet 2023

Accord UE-Mercosur: espoirs et craintes des agriculteurs en Europe et en Amérique du Sud

  • L'inquiétude est de mise, à l'approche du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (UE-Celac), qui a lieu la semaine prochaine à Bruxelles
  • Le volet agricole prévoit notamment de faciliter les exportations sud-américaines de soja, utilisé pour l'alimentation du bétail en France, tout en augmentant la part de viande issue du Mercosur pouvant être exportée vers l'Europe

SAINT-SYMPHORIEN-DES-BOIS: Le Français Christian Bajard et la Brésilienne Sonia Bonato sont tous deux agriculteurs, mais au-delà des 9.000 km qui les séparent, ils voient d'un oeil très différent un accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur.

Cet accord "peut mettre en danger l'agriculture française, car on n'est pas du tout sur les mêmes échelles d'exploitations", soupire M. Bajard, éleveur de vaches charolaises à Saint-Symphorien-des-Bois, en Bourgogne (centre-est).

Dans le cadre bucolique du terroir Charolais-Brionnais, son troupeau de 250 têtes de bétail paît huit mois par an dans des bocages entourés de collines.

La ferme familiale, tenue avant lui par son père et son grand-père, s'étend aujourd'hui sur 145 hectares, répartis sur différentes parcelles.

Si l'accord entre l'UE et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) est ratifié, il craint de la voir disparaître face à la "concurrence déloyale" d'immenses exploitations sud-américaines.

"On se compare avec des exploitations de 5.000 à 10.000 têtes, donc ce n'est pas du tout la même façon de travailler", estime-t-il.

"Cela va faciliter l'entrée de produits qui ne respectent pas les mêmes règles qu'on impose aux producteurs français", notamment en ce qui concerne l'utilisation d'engrais chimiques et la traçabilité de la viande.

"Quelque part, c'est hypocrite", fustige ce membre de la Fédération nationale bovine (FNB), section de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), le principal syndicat agricole français.

«Du mal à sortir un revenu»

Selon lui, les éleveurs français "ont déjà du mal à sortir un revenu" malgré les aides européennes de la Politique agricole commune (PAC), tandis que le cheptel bovin français a diminué de 10% ces six dernières années.

L'inquiétude est de mise, à l'approche du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (UE-Celac), qui a lieu la semaine prochaine à Bruxelles.

Le Mercosur a conclu en 2019 un accord commercial avec l'UE, après plus de 20 ans de négociations.

Mais cet accord n'a toujours pas été ratifié, en partie en raison des préoccupations européennes en matière d'environnement. Très vives à l'époque de l'ancien président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), elles perdurent toutefois depuis son départ, au grand dam du leader de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, revenu au pouvoir en janvier à Brasilia.

Le volet agricole prévoit notamment de faciliter les exportations sud-américaines de soja, utilisé pour l'alimentation du bétail en France, tout en augmentant la part de viande issue du Mercosur pouvant être exportée vers l'Europe et ses 450 millions de consommateurs pour des droits de douane réduits.

«Bon produit»

De l'autre côté de l'Atlantique, cet accord est synonyme d'espoir pour Sonia Bonato, qui cultive du soja depuis 13 ans à Ipameri, dans l'Etat brésilien de Goias (centre).

La récolte de soja vient de se terminer, laissant apparaître la terre rouge de sa ferme qu'elle exploite depuis 27 ans avec son mari Nilton, où l'on trouve aussi une basse-cour et quelques vaches laitières.

Au Brésil, la production de soja est échelonnée sur trois récoltes. "Pour nous c'est un sentiment de sécurité de savoir que nous pourrons écouler notre production (...). Il n'y a pas assez de gens au Brésil pour consommer tous les aliments qu'on produit ici", dit l'agricultrice de 66 ans, qui porte autour du cou un pendentif en forme de tête de vache.

Face aux préoccupations européennes sur l'environnement, elle affirme que les normes brésiliennes sont "très rigoureuses" et sont la garantie d'un "bon produit".

Plus d'un tiers des 131 hectares ne sont pas exploités, constituant une zone protégée, notamment à proximité des cours d'eau, en conformité avec la loi brésilienne.

Selon elle, seule une minorité d'agriculteurs brésiliens déboise illégalement la forêt tropicale, mais cela suffit pour ternir l'image du pays à l'étranger.

Mme Bonato estime que l'usage de pesticides - elle préfère l'expression "produits phytosanitaires" - est encore nécessaire au Brésil, même si elle se dit favorable à une transition vers des produits moins agressifs.

"Nous vivons dans un pays tropical, où les parasites prolifèrent bien plus que dans des pays où les périodes de gel offrent une protection naturelle", dit l'agricultrice brésilienne.

"On ne peut pas tout changer d'un coup car notre production chuterait beaucoup, les produits naturels n'ont pas les mêmes effets. Mais ce changement n'est pas impossible", conclut-elle.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.