Jane Birkin rejoint Serge Gainsbourg au firmament des poètes

La chanteuse franco-britannique Jane Birkin se produit à Paris le 8 mars 2022, lors de l'événement télévisé "United for Ukraine" en direct pour soutenir le peuple ukrainien et toutes les populations touchées après l'invasion de la Russie en Ukraine. (Photo par JULIEN DE ROSA / AFP)
La chanteuse franco-britannique Jane Birkin se produit à Paris le 8 mars 2022, lors de l'événement télévisé "United for Ukraine" en direct pour soutenir le peuple ukrainien et toutes les populations touchées après l'invasion de la Russie en Ukraine. (Photo par JULIEN DE ROSA / AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 19 juillet 2023

Jane Birkin rejoint Serge Gainsbourg au firmament des poètes

  • La chanteuse, comédienne, scénariste et réalisatrice Jane Birkin s’est éteinte dans l’après-midi de dimanche à son domicile parisien où elle a été trouvée par son aide-soignante
  • En mai 2023, Jane Birkin annonçait l'annulation de ses dates parisiennes en juin (Olympia et Cigale), tout comme sa présence lors des festivals d'été, dans un communiqué de son service de presse

PARIS : Soixante-seize ans mais tant de vie dans sa vie. La chanteuse et comédienne Jane Birkin, également scénariste et réalisatrice, surnommée « la plus parisienne des Anglaises », s’est éteinte dans l’après-midi de dimanche dans son domicile parisien où elle a été trouvée par son aide-soignante.

Muse du chanteur et compositeur Serge Gainsbourg, la fragilité de sa voix, infiniment émouvante, ne l’a jamais empêchée de porter haut et fort les causes des plus faibles. Elle participe aux luttes contre le Sida, le réchauffement climatique, la faim par sa participation aux Spectacles des Enfoirés pour les restos du cœur. En plus d’une trentaine d’albums studio ou live publiés entre 1969 et 2022, on la retrouve à l’affiche de plusieurs dizaines de films dont certains devenus culte.

Parmi les nombreuses distinctions et nominations qu’elle a reçues :

  • Victoires de la musique 1992 : artiste interprète féminine de l'année
  • Gérard du cinéma 2011 : Gérard du désespoir féminin pour Thelma, Louise et Chantal
  • Victoires de la musique 2021 : Victoire d'Honneur
  • César 1985 : César de la meilleure actrice pour La Pirate
  • César 1987 : César de la meilleure actrice pour La Femme de ma vie
  • Molières 1990 : Molière de la comédienne pour Quelque part dans cette vie
  • César 1992 : César de la meilleure actrice dans un second rôle pour La Belle Noiseuse
  • Elle est également officière de l’ Ordre de l'Empire britannique à titre civil (2001)
  • Officière de l'ordre national du Mérite (2015)
  • Commandeure de l'ordre des Arts et des Lettres (2022)

Le président français Emmanuel Macron rend hommage à «une artiste complète»

Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage dimanche à Jane Birkin, chanteuse et actrice franco-britannique décédée à 76 ans, une "icône française" qui "incarnait la liberté" et "chantait les plus beaux mots de notre langue".

"Parce qu’elle incarnait la liberté, qu’elle chantait les plus beaux mots de notre langue, Jane Birkin était une icône française. Artiste complète, sa voix était aussi douce que ses engagements étaient ardents. Elle nous lègue des airs et des images qui ne nous quitteront pas", a écrit le chef de l'Etat sur Twitter.

La légende veut que, rencontrant sur un vol Jean-Louis Dumas, alors président de la maison Hermès, elle fait tomber son sac et toutes ses affaires se dispersent. Dumas lui promet de réaliser un sac qui permette de bien organiser le contenu et n’expose pas à ce genre d’incidents. Tous deux auraient alors passé le temps du voyage à dessiner ce sac qui deviendra le fameux Birkin, une icône de la maison de luxe. En 2015 elle demandera que ce sac dans sa version crocodile soit débaptisé en raison du traitement cruel infligé aux animaux.

Après le décès de Serge Gainsbourg en 1991, Jane Birkin est frappée en décembre 2013 par un autre deuil insoutenable, celui de sa fille Kate qu’elle a eue avec le compositeur britannique John Barry. Elle est par ailleurs la mère de Charlotte Gainsbourg et de Lou Doillon, fille du réalisateur français Jacques Doillon.

 

Borne salue «une icône inoubliable»

Elisabeth Borne a salué dimanche en Jane Birkin, décédée à 76 ans, "une icône inoubliable" qui a "transcendé les générations".

"Une icône inoubliable, une voix et un charme unique. Tristesse d’apprendre la disparition de Jane Birkin. Par sa musique et son talent, elle aura transcendé les générations. Merci pour les émotions suscitées et cet héritage qui vivra éternellement", a écrit la Première ministre dimanche sur Twitter.

Concerts annulés

En mai 2023, Jane Birkin annonçait l'annulation de ses dates parisiennes en juin (Olympia et Cigale), tout comme sa présence lors des festivals d'été, dans un communiqué de son service de presse .

"J'ai toujours été une grande optimiste, et me rends compte qu'il me faut encore un peu de temps pour être de nouveau capable d'être sur scène et avec vous. J'aime tellement être avec vous. Vous me manquez. A très bientôt, rendez-vous cet automne. Avec toute ma tendresse...", dit Jane Birkin dans un message joint à ce communiqué.

En mars, la chanteuse avait déjà annulé des concerts à la suite d'une fracture. Le concert de l'Olympia de Paris avait été reporté au 17 juin et celui de La Cigale au 22 juin.

Jane Birkin devait en outre se produire le 26 mai à Bourges, le 30 mai à Montreux (Suisse), le 18 juin à Bruxelles, le 7 juillet aux Nuits des Guitares de Beaulieu-sur-Mer (Var), le 1er septembre au Festival Rêve à sons de La Pommeraye (Maine-et-Loire).

Cependant, 12 décembre 2022, elle avait participé à un concert de solidarité avec le peuple iranien à Paris, avec Arthur H, Barbara Pravi, Souad Massi, Keyvan Chemirani, Imany, Mamani Keita et plusieurs autres artistes, dont les Ukrainiennes du groupe Dakh Daughters. Sur la même scène avaient eu lieu des prises de parole d'intellectuels comme Edgar Morin et les écrivaines Marie Darrieussecq et Camille Laurens.

Le concert, organisé dans la salle du Trianon, est à l'initiative du collectif "Barâyé" qui s'est constitué en France début octobre en soutien au soulèvement en Iran, et qui veut "amplifier le message de cette révolution qui a embrasé toute la société iranienne".

"Barâyé", qui signifie "pour" en persan, fait référence à la composition du musicien Shervin Hajipour qui est devenue l'hymne du soulèvement depuis la mi-septembre.

Jane Birkin avait interprété "La Javanaise" de Serge Gainsbourg. 

Depuis 2012, Jane Birkin souffrait d’une forme de cancer du sang. Le 29 aout 2021, elle avait été victime d’un accident vasculaire cérébral.

Depuis dimanche après-midi le tout-Paris artistique, culturel et officiel lui rend hommage.

Hermès a perdu «une amie chère et complice de la première heure»

La maison de mode Hermès a partagé un communiqué émouvant suite à la disparition de Jane Birkin.

C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons appris la disparition de Jane Birkin. Nous pensons avant tout à ses filles et petits-enfants ainsi qu’à ses proches.
Nous perdons une amie chère et complice de la première heure.
Fondée sur une sensibilité partagée, nous avions appris à nous connaître, à découvrir et à apprécier
à quel point l’élégance légère de Jane Birkin révélait une artiste à part entière, engagée, ouverte et curieuse du monde et des autres.
Nous saluons le talent, mais surtout la grande humanité de Jane Birkin et rejoignons sa famille dans son recueillement.


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Short Url
  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

Short Url
  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

--
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.