Darfour: au moins 16 civils tués par des roquettes sur leurs maisons

De la fumée s'élève au loin autour du district de Khartoum Bahri au milieu des combats en cours le 14 juillet 2023. (AFP)
De la fumée s'élève au loin autour du district de Khartoum Bahri au milieu des combats en cours le 14 juillet 2023. (AFP)
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Publié le Samedi 22 juillet 2023

Darfour: au moins 16 civils tués par des roquettes sur leurs maisons

  • Fin avril, le conflit a gagné le Darfour-Ouest puis le Darfour-Sud, faisant 3 000 morts, selon un bilan largement sous-estimé
  • Après El-Geneina, où l'ONU soupçonne des «crimes contre l'humanité», les combats au Darfour, fief des FSR et théâtre dans les années 2000 d'une guerre civile, se concentrent désormais à Nyala

WAD MADANI: Au moins 16 civils ont été tués par des roquettes tombées sur leurs maisons au Darfour, dans l'ouest du Soudan en guerre, a indiqué samedi le syndicat local des avocats.

"Lors d'échanges de tirs de roquettes entre l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR), 16 civils ont été tués vendredi à Nyala", chef-lieu du Darfour-Sud, a déclaré le syndicat sur la base d'un "premier bilan provisoire".

Au moins un homme a été abattu par un sniper, a-t-il ajouté. A El-Geneina, chef-lieu du Darfour-Ouest, des snipers avaient déjà décimé dès avril des résidents qui ont depuis fui par dizaines de milliers au Tchad voisin.

La guerre a été déclenchée à Khartoum le 15 avril entre le général qui commande l'armée et son ex-numéro deux devenu rival, qui dirige les paramilitaires des FSR.

Fin avril, le conflit a gagné le Darfour-Ouest puis le Darfour-Sud, faisant 3.000 morts, selon un bilan largement sous-estimé.

Après El-Geneina, où l'ONU soupçonne des "crimes contre l'humanité", les combats au Darfour, fief des FSR et théâtre dans les années 2000 d'une guerre civile, se concentrent désormais à Nyala.

Les affrontements se poursuivent également dans la capitale et gagnent désormais sa très grande ceinture: samedi pour la première fois, des habitants ont signalé des raids de l'armée de l'air sur des villages du nord de l'Etat d'al-Jazira.

Cette immense étendue fertile au sud de Khartoum accueille des centaines de milliers des 3,3 déplacés et réfugiés de la guerre.

Si le conflit s'étend davantage à la zone, ces populations seraient forcées de fuir de nouveau. Les humanitaires qui commençaient tout juste à les aider seraient contraints de redéployer leurs maigres ressources ailleurs --ce qui impliquerait de nombreuses autorisations.

Pour les experts, les deux camps veulent étendre le champ de bataille. "Les FSR ont l'avantage à Khartoum depuis les premiers jours et ne cessent de le renforcer", note le centre de recherche International Crisis Group (ICG).

L'armée a lancé le 15 juillet une offensive majeure, notamment sur la banlieue industrielle de Khartoum-Nord, dont des quartiers entiers ont été rasés par les avions, "mais elle a spectaculairement échoué", poursuit-il.

En face, les FRS tentent de sécuriser leurs canaux d'approvisionnement en hommes et en armes en s'efforçant de contrôler la route reliant le Darfour à Khartoum.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.