Canicule: Rhodes toujours en proie aux flammes, après une opération d'évacuation sans précédent

Les garde-côtes dirigent plus de 20 bateaux dans le cadre d'une évacuation d'urgence pour sauver les habitants de l'île où le feu fait rage de manière incontrôlée depuis cinq jours. (Photo, AFP)
Les garde-côtes dirigent plus de 20 bateaux dans le cadre d'une évacuation d'urgence pour sauver les habitants de l'île où le feu fait rage de manière incontrôlée depuis cinq jours. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 23 juillet 2023

Canicule: Rhodes toujours en proie aux flammes, après une opération d'évacuation sans précédent

  • Depuis le début de l'été, la chaleur accable des dizaines de millions de personnes dans le monde
  • Juillet pourrait s'avérer le mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre, selon des experts qui soulignent l'impact du réchauffement climatique

ATHÈNES: Plus de 250 pompiers luttaient toujours dimanche contre les flammes sur l'île touristique de Rhodes où 30 000 personnes ont été évacuées, "la plus grande opération" du type "jamais effectuée en Grèce", écrasée sous une fournaise favorisant les incendies.

Des centaines de touristes patientaient à l'aéroport international de Rhodes, en quête d'un vol pour rentrer chez eux, tandis que plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers l'île.

Depuis le début de l'été, la chaleur accable des dizaines de millions de personnes dans le monde. Juillet pourrait s'avérer le mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre, selon des experts qui soulignent l'impact du réchauffement climatique.

En Grèce, le feu faisait rage dimanche pour le sixième jour dans le sud-est de Rhodes, une île de la Méditerranée de 100 000 habitants, très prisée des vacanciers britanniques, allemands ou français notamment, dans l'archipel du Dodécanèse.

Appuyés par une cinquantaine de camions, dix Canadair et huit hélicoptères, plus de 250 pompiers continuaient de se battre contre les flammes, attisées par des vents soufflant jusqu'à 50 km/h.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole des sapeurs-pompiers n'était pas en mesure de dire si le feu s'était encore étendu durant la journée.

Les secours ont mené samedi sur l'île "la plus grande opération d'évacuation jamais effectuée" dans le pays, qui s'est poursuivie dans la nuit de samedi à dimanche, selon une porte-parole des pompiers, Konstantia Dimoglidou.

Quelque 30 000 personnes ont quitté leur logement, hôtel compris, dont 19 000 à titre préventif. 3 000 ont été évacuées par la mer. Gymnases, écoles ou centres de conférence étaient ouverts pour la nuit.

Au total, douze localités ont été abandonnées, dont Lindos, célèbre pour son Acropole perché sur une colline. Dans la nuit, les flammes ont atteint le village de Laerma et se sont étendues jusqu'aux villages côtiers de Kiotari et de Gennadi Lardos.

Paul F., un Allemand de 23 ans, a raconté au quotidien Bild avoir été "sauvé du feu", avec son amie Lara, "au dernier moment" samedi.

Après s'être assoupis à la plage, ils découvrent "la plage et la piscine (de l’hôtel) comme désertées". Ils se ruent vers l'hôtel, empaquettent leurs affaires, puis attendent des secours à la réception, où des serviettes mouillées pour se protéger de la fumée ont été distribuées.

"Des braises voltigeaient autour de nos têtes et aucun secours n’était en vue. J’ai eu le sentiment d’être livré à moi-même, il faisait si chaud et la fumée était si dense déjà qu’on n'aurait pas pu tenir plus de dix minutes encore", explique-t-il. "Certains, pris de panique, ont (...) essayé de trouver des bateaux pour partir". Mais les bus finissent par arriver.

Vols annulés

Dans le hall des départs de l'aéroport international, dans le nord-ouest de l'île, certains étaient allongés ou même endormis à même le sol, au milieu des bagages, tandis que d'autres étaient regroupés devant le panneau d'affichage des vols, a constaté l'AFP.

Le numéro un mondial du tourisme TUI et la compagnie britannique JeT2 ont suspendu dimanche leurs vols touristiques à destination de Rhodes mais vont y acheminer leurs appareils à vide pour pouvoir évacuer les touristes présents sur l'île. Le voyagiste néerlandais Corendon a annoncé une interruption similaire, selon les médias locaux.

La Grèce a connu ce dimanche des températures de plus de 40°C dans de très nombreux endroits. Dans le centre du pays et dans la péninsule du Péloponnèse, des températures entre 45°C et 46,4°C ont été enregistrées dans l'après-midi, selon l'Observatoire national d'Athènes.

Après un répit très relatif lundi, avec des pics à 38°C, une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir de mardi et devrait durer jusqu'à au moins vendredi, selon les météorologistes.

Autre partie de l'hémisphère nord affectée par une chaleur extrême: aux Etats-Unis, les services météorologiques (NWS) ont prévu des températures de 41 degrés ou plus ce week-end, affectant environ 80 millions de personnes.

Le thermomètre pourrait monter à plus de 46°C à Phoenix en Arizona (sud-ouest), qui subit actuellement sa plus longue vague de chaleur jamais enregistrée.

Au Canada, théâtre d'inondations records en raison de pluies torrentielles, quatre personnes, dont deux enfants, ont été portées disparues dans la province orientale de Nouvelle-Ecosse, selon la police.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.