Ford lance la conduite «sans les mains» sur les autoroutes britanniques

Argo AI, la filiale de développement de véhicules autonomes de Ford, lance les tests de conduite de sa 3e génération de prototypes à Detroit, Michigan. (AFP)
Argo AI, la filiale de développement de véhicules autonomes de Ford, lance les tests de conduite de sa 3e génération de prototypes à Detroit, Michigan. (AFP)
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Publié le Dimanche 23 juillet 2023

Ford lance la conduite «sans les mains» sur les autoroutes britanniques

  • Le conducteur a les mains libres, mais pas touche au portable, il ne doit surtout pas détourner les yeux de la route: la voiture le surveille via plusieurs caméras et des capteurs infrarouges
  • L'option «BlueCruise» permet de lâcher les mains sur 6.000 kilomètres d'autoroutes de Grande-Bretagne (des «zones bleues» équipées de quatre voies et de séparateurs centraux), de Douvres à l'Ecosse

LONDRES: Sans les mains, à fond sur l'autoroute: Ford propose depuis quelques semaines la première voiture capable de rouler seule sur une autoroute en Europe, grâce à une option qui pourrait bientôt arriver sur le continent.

En entrant sur l'autoroute M11 au nord de Londres, le petit SUV propose au conducteur de lâcher le volant. Il avance seul à 100 km/h, freine derrière un camion, avant de reprendre tranquillement sa route, bien au milieu de sa voie.

Le conducteur a les mains libres (sans trop savoir quoi en faire), mais pas touche au portable, il ne doit surtout pas détourner les yeux de la route: la voiture le surveille via plusieurs caméras et des capteurs infrarouges (qui traversent les lunettes de soleil).

"Regardez la route. Reprenez le contrôle", intime l'ordinateur de bord au bout de dix secondes si l'on regarde ailleurs. La voiture donne alors des coups de freins, met les warnings.

Ford a activé cette option appelée "BlueCruise" en avril 2023 au Royaume-Uni sur son porte-étendard électrique, la Mustang Mach-E.

Après des débuts aux Etats-Unis en 2021, l'option "BlueCruise" permet de lâcher les mains sur 6.000 kilomètres d'autoroutes de Grande-Bretagne (des "zones bleues" équipées de quatre voies et de séparateurs centraux), de Douvres à l'Ecosse.

500 clients l'ont déjà en test: ils devront ensuite débourser 17,99 livres (environ 21 euros) par mois pour lever les mains.

«Bientôt» en Allemagne et en France? 

En Amérique du Nord, l'option est aussi disponible sur le pickup star F-150 ou le gros SUV Expedition. 200.000 automobilistes l'utilisent, sans accident à déplorer, assure Ford. Son concurrent GM propose aussi de conduire sans les mains.

Les marques se livrent une guerre de réputation à travers la conduite autonome, symbole de l'automobile du futur: Mercedes propose déjà de conduire sans les mains sur l'autoroute allemande, mais seulement dans les embouteillages (jusqu'à 60 km/h); le patron de Tesla, Elon Musk, promet quant à lui, depuis longtemps, que la conduite complètement autonome (dite de niveau 4) est pour demain.

Ford, de son côté, mise sur des applications immédiates, et a mis fin en 2022 à un partenariat de recherche sur la conduite autonome qu'elle avait avec la startup Argo AI.

"Nous sommes optimistes quant au futur du niveau 4, mais nous sommes encore loin de voir des véhicules entièrement autonomes, produits en grands volumes et rentables", avait déclaré fin 2022 le directeur général du géant américain, Jim Farley. "Les choses ont changé et une énorme opportunité se présente dès maintenant pour Ford d'offrir aux gens du temps quand ils sont dans leur véhicule".

La marque américaine a ainsi été la première à bénéficier au Royaume-Uni d'une exemption lui permettant de proposer la conduite sans les mains, souligne Douwe Cunningham, en charge de l'homologation chez Ford Europe.

Il discute en ce moment avec les autorités britanniques pour passer à la prochaine étape: permettre à la voiture de changer de voie pour doubler, sur activation du clignotant.

Mais à quoi sert cette option si l'on ne peut pas pianoter sur son téléphone ou lire un livre, par exemple?

"C'est une évolution, pas une révolution", concède Douwe Cunningham. Ce régulateur de vitesse améliorée est selon lui un pas de plus vers le niveau 3 de conduite autonome, qui permettra de confier la conduite à l'ordinateur dans la majorité des situations.

"Ca permet aux automobilistes de se relaxer, notamment en plein trafic", en "laissant la voiture faire le job", assure Tariq Willis, expert en marketing pour la marque américaine.

BlueCruise devrait être disponible "bientôt" en Allemagne, puis en France, avec ses 22.000 kilomètres d'autoroutes éligibles, assure M. Cunningham.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.