Ukraine : six morts à Kryvyï Rig, Moscou intensifie ses frappes

Vue d'un immeuble de bureaux endommagé du Centre d'affaires international de Moscou (Moskva City) à la suite d'une attaque de drone à Moscou, le 30 juillet 2023. (AFP).
Vue d'un immeuble de bureaux endommagé du Centre d'affaires international de Moscou (Moskva City) à la suite d'une attaque de drone à Moscou, le 30 juillet 2023. (AFP).
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Publié le Lundi 31 juillet 2023

Ukraine : six morts à Kryvyï Rig, Moscou intensifie ses frappes

  • Tôt dans la matinée, Kryvyï Rig, la ville natale du président ukrainien Volodymyr Zelensky, située dans le centre du pays, a été la cible de deux missiles russes
  • Sur des images diffusées sur Facebook par M. Zelensky, on peut voir le coin encore fumant d'un immeuble éventré sur cinq étages et noirci par les flammes

KIEV : Une frappe russe a ravagé lundi un immeuble d'habitation en Ukraine, faisant six morts et des dizaines de blessés, au moment même où la Russie intensifie ses bombardements à la suite d'attaques de drone à Moscou.

Tôt dans la matinée, Kryvyï Rig, la ville natale du président ukrainien Volodymyr Zelensky, située dans le centre du pays, a été la cible de deux missiles russes.

L'un a détruit un pan entier d'un immeuble, faisant six morts, dont une fillette de 10 ans et sa mère, et 75 blessés, selon un bilan actualisé du responsable de l'administration militaire de cette cité, Oleksandr Vilkoul.

La majorité des blessés sont soignés à domicile, mais une vingtaine d'autres "restent à l'hôpital", dont deux sont "grièvement atteints", a-t-il précisé.

L'autre missile a touché le bâtiment d'un établissement d'enseignement.

"Ils ont frappé des bâtiments d'habitation, un bâtiment universitaire, un carrefour. Malheureusement, il y a des morts et des blessés", a dénoncé sur Facebook le président Zelensky, brocardant le "terrorisme russe".

Intensification des frappes russes

Sur des images diffusées sur Facebook par M. Zelensky, on peut voir le coin encore fumant d'un immeuble éventré sur cinq étages et noirci par les flammes.

Des débris jonchaient la route passant devant ce bâtiment, où s'affairaient des pompiers.

L'établissement d'enseignement a pour sa part été totalement détruit en son milieu, selon les images.

Mi-juin, Kryvyï Rig avait déjà été atteinte par une frappe russe qui avait fait au moins 12 morts. Un immeuble d'habitation et un entrepôt avaient, entre autres, été touchés.

Plus au sud, à Kherson, un homme de 65 ans a été tué quand sa voiture a été touchée par des tirs russes, ont signalé les autorités locales.

La Russie, qui n'admet jamais faire des victimes civiles, a reconnu en revanche multiplier les bombardements en Ukraine, tout en les justifiant.

"L'intensité des frappes sur les installations militaires ukrainiennes, y compris celles qui soutiennent ces actes terroristes, a augmenté en flèche", a affirmé lundi le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou dans une allocution en présence de responsables militaires.

Et ce, en réponse à de récentes attaques ayant pris pour cible le territoire russe.

Près de 250 km2 «libérés»

Des attaques de drones se sont produites ces dernières semaines en Crimée, une péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, mais aussi dans des régions russes, comme dimanche à Moscou où deux immeubles d'un quartier d'affaires ont été légèrement endommagés.

Volodymyr Zelensky a commenté avec satisfaction dimanche ces bombardements, affirmant que la guerre arrivait "en Russie".

"Progressivement, la guerre revient sur le territoire de la Russie, dans ses centres symboliques et ses bases militaires, et c'est un processus inévitable, naturel et absolument juste", a-t-il déclaré.

"L'Ukraine devient plus forte", a-t-il ajouté, tout en prévenant que son pays devait se préparer à faire face à de nouvelles attaques contre ses infrastructures énergétiques l'hiver prochain.

Le ministre russe de la Défense a par ailleurs assuré que la contre-offensive ukrainienne, déclenchée début juin après des mois de préparation, était "infructueuse" et que les armes occidentales fournies ne menaient "pas au succès" mais ne faisaient "que prolonger le conflit".

Plus tôt, le Kremlin avait quant à lui assuré que les attaques ukrainiennes sur la capitale russe étaient un "acte de désespoir" de la part de l'Ukraine en raison de ses revers sur les champs de bataille.

La vice-ministre ukrainienne de la Défense Ganna Maliar a au contraire revendiqué des "succès" des siens, en particulier dans le sud où en deux mois les forces de Kiev ont grignoté un peu de terrain.

Selon elle, l'offensive en cours dans cette zone a permis la semaine dernière de "libérer" 12,6 km2 de terres occupées par les forces russes, soit 204,7 km2 au total depuis le début de l'offensive de Kiev.

Les forces ukrainiennes avancent lentement, notamment car elles sont confrontées à des lignes de défense russes solides : tranchées, pièges antichars, champs de mines, bombardements aériens, etc.

Dans la région de Bakhmout (est), un des hauts lieux des combats, la vice-ministre a revendiqué la reprise de 2 km2 la semaine dernière, pour un total 37 km2 "libérés" dans cette zone depuis début juin.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.