Un conflit avec la Chine aurait des «conséquences désastreuses», dit le ministre des AE taïwanais

Le ministre taïwanais des Affaires étrangères Joseph Wu s'exprime lors d'un entretien avec l'AFP au ministère des Affaires étrangères à Taipei le 2 août 2023. (AFP)
Le ministre taïwanais des Affaires étrangères Joseph Wu s'exprime lors d'un entretien avec l'AFP au ministère des Affaires étrangères à Taipei le 2 août 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 02 août 2023

Un conflit avec la Chine aurait des «conséquences désastreuses», dit le ministre des AE taïwanais

  • Cette mise en garde intervient à quelques mois de la présidentielle et dans un contexte de pressions politiques et militaires accrues sur l'île autonome de la part de Pékin
  • Les conséquences d'un conflit seraient essentiellement commerciales: plus de 50% des conteneurs transportés dans le monde transitent par ce détroit de 180 kilomètres de large

TAIPEI: Une invasion chinoise de Taïwan aurait des "conséquences désastreuses" sur le plan mondial, a déclaré mercredi à l'AFP le ministre taïwanais des Affaires étrangères Joseph Wu, invoquant l'importance stratégique de l'île en matière de semi-conducteurs et de voies de navigation.

Cette mise en garde intervient à quelques mois de la présidentielle et dans un contexte de pressions politiques et militaires accrues sur l'île autonome de la part de Pékin.

La Chine considère Taïwan comme une partie de son territoire à reconquérir un jour, et si nécessaire par la force.

Pour M. Wu, un recours à la force contre aurait des répercussions à l'échelle internationale.

"Ce que nous devons faire, c'est expliquer à la communauté internationale que tout conflit impliquant Taïwan aurait des conséquences désastreuses pour le reste du monde", a affirmé le ministre, citant l'invasion de l'Ukraine par la Russie qui a entraîné des pénuries alimentaires et d'énergie, ainsi qu'une inflation galopante.

Les conséquences d'un conflit seraient essentiellement commerciales: plus de 50% des conteneurs transportés dans le monde transitent par ce détroit de 180 kilomètres de large qui sépare Taïwan de la Chine continentale. Cette voie de navigation est un des "éléments cruciaux de la sécurité et de la prospérité internationales".

Le territoire détient également un quasi-monopole en matière de production de semi-conducteurs, des composants indispensables à l'économie mondiale, des voitures aux téléphones portables en passant par les missiles.

Désinformation

"Pensez aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement", a-t-il déclaré lors d'un entretien avec l'AFP. "Nous espérons que le gouvernement chinois n'aura pas recours à la force contre Taïwan, car les conséquences seraient trop graves pour la planète".

A moins de six mois de l'élection présidentielle de janvier, M. Wu affirme que l'île est victime d'une campagne de désinformation "plus sophistiquée" visant à influencer le vote des électeurs de ce territoire qui compte 23 millions d'habitants.

"Ce que la Chine a fait" en ayant recours à des tactiques "de guerre cognitive, c'est de changer l'opinion de la minorité critique ici à Taïwan - pour qu'elle vote autrement afin de changer le résultat de l'élection", a-t-il affirmé.

M. Wu appartient au Parti démocrate progressiste (PDP) au pouvoir, perçu comme plus favorable aux Etats-Unis que le principal parti d'opposition, le Kuomintang.

La présidente Tsai Ing-wen, membre du PDP et à la tête du pays depuis 2016, ne peut pas se présenter à nouveau. Elle est la bête noire de Pékin car issue d'un parti pro-indépendance et les relations entre Taipei et Pékin sont au plus bas depuis sont arrivée au pouvoir.

Prochaine cible?

L'attention mondiale sur les tensions entre les deux rives du détroit a connu un pic l'an passé, conséquence selon M. Wu  de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"La communauté internationale regarde autour d'elle et se rend compte que Taïwan pourrait être la prochaine cible", a-t-il expliqué, soulignant que 2027 est souvent cité comme l'année d'une possible invasion par la Chine.

Des responsables américains ont estimé que la Chine n'aurait pas la capacité militaire d'entreprendre une telle opération avant cette date.

Taïwan observe également "avec prudence" les récents bouleversements politiques en Chine, notamment lorsque, le mois dernier, le ministre des Affaires étrangères Qin Gang a été brusquement évincé.

Le gouvernement a annoncé fin juillet, sans la moindre explication, son remplacement après sa disparition pendant un mois de la scène publique.

"Il s'agit d'un environnement dans lequel nous devons être très prudents en matière d'observations. Nous ne voulons pas devenir le bouc émissaire des problèmes chinois", a affirmé M. Wu.

Taïwan fait face à des incursions quasi-quotidiennes d'avions militaires chinois dans sa zone de défense aérienne et de navires de patrouille depuis la visite en août dernier, de Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants américaine à Taïwan, suscitant l'ire de Pékin.

Cette fréquence "place Taïwan dans une situation où notre défense en profondeur est réduite, où notre temps de réponse est raccourci, où la menace militaire est plus sérieuse que jamais", a estimé  M. Wu.

Le soutien moral et l'aide militaire, notamment de Washington, sont les bienvenus, même si Taïwan ne "compte pas sur les États-Unis pour faire la guerre" à sa place.

"Nous comprenons que (...) la défense de Taïwan relève de notre propre responsabilité", a déclaré M. Wu, ajoutant que le pays ne renoncerait "pour rien au monde" à sa "souveraineté" et sa "vie démocratique".


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.