Chez Amazon, les affaires reprennent en ligne, pour le plus grand plaisir des marchés

Des semi-remorques de fret sont à quai dans l'entrepôt d'Amazon à Palmdale, en Californie, le 25 juillet 2023. (AFP).
Des semi-remorques de fret sont à quai dans l'entrepôt d'Amazon à Palmdale, en Californie, le 25 juillet 2023. (AFP).
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Publié le Vendredi 04 août 2023

Chez Amazon, les affaires reprennent en ligne, pour le plus grand plaisir des marchés

  • Amazon a annoncé avoir réalisé 134,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires et un bénéfice net de 6,7 milliards, des chiffres en nette progression sur un an et bien supérieurs à ses propres prévisions
  • Le groupe a notamment profité d'une forte reprise des ventes aux Etats-Unis

SAN FRANCISCO : Après Google et Meta (Facebook) la semaine dernière, Amazon a réalisé des profits meilleurs qu'attendu au deuxième trimestre, et le marché satisfait concentre désormais son attention sur ses efforts en matière d'intelligence artificielle générative.

Le géant du commerce en ligne a annoncé jeudi avoir réalisé 134,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires et un bénéfice net de 6,7 milliards, des chiffres en nette progression sur un an et bien supérieurs à ses propres prévisions comme à celles des analystes.

Le groupe a notamment profité d'une forte reprise des ventes aux Etats-Unis.

La plateforme de e-commerce a vu ses recettes progresser de 11% à 82,5 milliards de dollars en Amérique du Nord. Elle en a dégagé 3,2 milliards de bénéfice opérationnel, au lieu d'une perte de plusieurs centaines de millions à la même période l'année dernière.

Andy Jassy, le patron d'Amazon, a attribué ce résultat à la réorganisation de la chaîne de distribution, qui a permis de réduire les coûts et de livrer "plus rapidement que jamais".

Or, a-t-il insisté pendant une conférence téléphonique, "les clients veulent des livraisons plus rapides. Nos données montrent qu'ils achètent beaucoup plus souvent (quand la date de livraison est plus proche)".

L'action de la société gagnait plus de 9% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de Wall Street.

Les commentaires du dirigeant ont cependant suscité la colère de la coalition Athena, qui rassemble des organisations anti-Amazon.

"Les ambitions d'Amazon en matière de vitesse et d'expansion de son empire logistique sont alarmantes étant donné les graves problèmes de sécurité pour les travailleurs", s'est emportée l'association dans un communiqué, en mentionnant diverses plaintes et enquêtes en cours contre l'entreprise de Seattle.

A l'assaut de l'IA

Les analystes, eux, attendaient des annonces sur l'intelligence artificielle (IA) dite générative, au centre de toutes les discussions dans la Silicon Valley depuis le lancement phénoménal de ChatGPT en fin d'année dernière.

Microsoft mène la course grâce à ses investissements de longue date dans OpenAI (ChatGPT), mais toutes ses rivales ont entrepris de déployer rapidement de nouveaux outils d'IA et d'IA générative, sur leurs plateformes de cloud, services en ligne et logiciels de bureautique et de collaboration.

Andy Jassy a assuré qu'Amazon était particulièrement bien placée pour récolter les fruits de cette nouvelle technologie, grâce à sa filiale AWS, numéro un mondial du cloud, qui marie hébergement et traitement des données.

AWS a réalisé 22 milliards de dollars de revenus (+12%) au deuxième trimestre, mais seulement 5,4 milliards de bénéfice opérationnel, un chiffre inférieur à celui de l'année dernière.

"Le ralentissement en cours de la croissance d'AWS constitue un sujet d'inquiétude à court terme", a réagi Andrew Lipsman d'Insider Intelligence. Il espère une progression pendant le trimestre en cours, notamment grâce aux opportunités liées à l'IA.

D'après le communiqué d'Amazon, AWS investit 100 millions de dollars dans un service qui "connectera les experts en IA et machine learning (apprentissage automatisé) d'AWS avec des clients dans le monde entier pour les aider à imaginer et concevoir et lancer de nouveaux produits et services d'IA générative".

"Il n'y a pas une équipe, pas une activité chez Amazon qui ne travaille pas à des applications d'IA génératives en ce moment-même", a insisté Andy Jassy.

Même Apple

Après une année 2022 difficile, et après avoir remercié des milliers de personnes cet hiver, les géants de la tech ont en bonne partie rebondi malgré un contexte économique toujours marqué par l'inflation et les forts taux d'intérêt.

Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) et Alphabet (Google) ont ravi Wall Street avec des revenus et profits au-dessus des attentes.

Les deux mastodontes de la publicité numérique peuvent ainsi investir de plus belle dans l'IA.

Signe que même Apple ne peut plus y échapper, son patron Tim Cook a reconnu que cette technologie était "critique" et que l'entreprise travaillait sur l'IA générative "depuis des années", après une question d'un analyste pendant la conférence téléphonique.

Le groupe californien a aussi publié ses résultats trimestriels jeudi, mais a déçu le marché avec un nouveau repli de son chiffre d'affaires (-1,4%), le troisième d'affilée, à cause des ventes d'iPhone en recul (-2,4%).

Son titre perdait 2%, même si ses revenus et son bénéfice net sont ressortis supérieurs aux attentes, respectivement à près de 82 et 20 milliards de dollars, grâce aux performances de ses services (App Store, streaming, stockage, etc), aux marges meilleures que celles des produits électroniques.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.