Violents combats à Khartoum et fuite d'habitants

Des soudanais déplacés attendent de passer en Éthiopie depuis la ville frontalière soudanaise de Gallabat, le 3 août 2023. (AFP)
Des soudanais déplacés attendent de passer en Éthiopie depuis la ville frontalière soudanaise de Gallabat, le 3 août 2023. (AFP)
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Publié le Lundi 07 août 2023

Violents combats à Khartoum et fuite d'habitants

  • Selon ces habitants interrogés depuis la ville de Wad Madani, à 200 km au sud de Khartoum, des quartiers densément peuplés sont le théâtre d'échanges de tirs à l'artillerie lourde
  • Selon l'Organisation mondiale de la santé, 80% des hôpitaux du pays sont hors service et ceux encore opérationnels sont souvent la cible d'attaques ou de pillages

WAD MADANI: Des frappes aériennes et des tirs d'artillerie ont secoué la capitale soudanaise Khartoum lundi, où l'armée et les paramilitaires en lutte pour le pouvoir ont ordonné l'évacuation d'un quartier, ont indiqué des habitants.

Selon ces habitants interrogés par téléphone depuis la ville de Wad Madani, à 200 km au sud de Khartoum, des quartiers densément peuplés sont le théâtre d'échanges de tirs à l'artillerie lourde.

A Omdourman, une banlieue proche de Khartoum, "des obus tombent sur les maisons", a affirmé l'un d'eux.

A proximité, l'armée et les paramilitaires ont ordonné l'évacuation des civils du quartier d'Abou Rouf, décrété "zone d'opérations", d'après le "comité de résistance" local, l'une des cellules militantes qui organisent l'entraide entre les habitants restés sur place.

Dans ce quartier, l'armée a mené des frappes aériennes et tiré à l'artillerie contre le pont de Shambat pour couper l'accès à leurs rivaux des Forces de soutien rapide (FSR) qui l'utilisent pour se ravitailler à Bahri, de l'autre côté du Nil, a rapporté un habitant, qui a également fait état de la fuite de civils.

"La majorité des habitants d'Abou Rouf ont fui en raison des tirs de roquettes", a indiqué un autre témoin à l'AFP.

La guerre entre l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des FSR du général Mohamed Hamdane Daglo, déclenchée le 15 avril, a fait plus de 3.900 morts selon l'ONG Acled et près de quatre millions de déplacés et réfugiés.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 80% des hôpitaux du pays sont hors service et ceux encore opérationnels sont souvent la cible d'attaques ou de pillages.

Par ailleurs, depuis le 15 avril, Souleima Ishaq al-Khalifa, une docteure à la tête de l'organe gouvernemental de lutte contre les violences faites aux femmes, a indiqué à l'AFP avoir recensé avec ses collègues 108 agressions sexuelles à Khartoum et au Darfour, vaste région de l'ouest du Soudan qui, avec la capitale soudanaise, concentre l'essentiel des combats.

"Recevoir les soins de santé nécessaires" après un viol relève d'un "immense défi", a-t-elle affirmé. "A Khartoum il n'y a plus de médicaments" et "à Nyala (Darfour-Sud) il ne leur est pas possible d'atteindre l'hôpital car une base des FSR se trouve sur leur chemin".


L'armée égyptienne annonce la mort d'un garde-frontière dans des «  tirs  » à la frontière avec Rafah

L'armée égyptienne a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête concernant la mort d'un garde-frontière dans des "tirs" à la zone frontalière de Rafah, entre l'Egypte et la bande de Gaza où sont déployées des forces israéliennes. (AFP).
L'armée égyptienne a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête concernant la mort d'un garde-frontière dans des "tirs" à la zone frontalière de Rafah, entre l'Egypte et la bande de Gaza où sont déployées des forces israéliennes. (AFP).
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  • "Les forces armées égyptiennes, via les autorités compétentes, enquêtent sur des tirs à la zone frontalière de Rafah ayant entraîné la mort d'un des gardes"
  • L'armée israélienne avait pour sa part dit examiner un "incident" impliquant des "tirs" à la frontière égyptienne, faisant état de "discussions en cours avec les Egyptiens"

LE CAIRE: L'armée égyptienne a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête concernant la mort d'un garde-frontière dans des "tirs" à la zone frontalière de Rafah, entre l'Egypte et la bande de Gaza où sont déployées des forces israéliennes.

"Les forces armées égyptiennes, via les autorités compétentes, enquêtent sur des tirs à la zone frontalière de Rafah ayant entraîné la mort d'un des gardes", selon un communiqué publié par le porte-parole de l'armée égyptienne.

L'armée israélienne avait pour sa part dit examiner un "incident" impliquant des "tirs" à la frontière égyptienne, faisant état de "discussions en cours avec les Egyptiens".

Selon les premiers éléments de l'enquête, "des coups de feu ont été tirés" entre l'armée israélienne et des membres "de la résistance palestinienne, ce qui a conduit à des tirs dans plusieurs directions", a indiqué lundi soir une source sécuritaire citée par Al-Qahera News, un média proche du renseignement égyptien.

A ce moment-là, le garde-frontière "prenait des mesures de protection et s'occupait de la provenance" des tirs, d'après cette source.

Mise en garde 

L'armée israélienne mène des opérations militaires accompagnées de bombardements depuis le 7 mai dans Rafah, ville du sud de la bande de Gaza à la frontière avec l'Egypte.

Le Caire "a mis en garde contre les répercussions des opérations militaires israéliennes sur l'axe de Philadelphie et contre toute atteinte à la sécurité du personnel de sécurité égyptien déployé aux frontières", a ajouté la source citée par Al-Qahera, en référence à une zone tampon d'une douzaine de kilomètres entre l'Egypte et la bande de gaza qu'Israël contrôlait jusqu'à son retrait unilatéral de ce territoire en août 2005.

L'Egypte a été le premier pays arabe à normaliser ses relations avec Israël voisin, en 1979.

Depuis le début de la guerre en octobre dernier entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza, l'Egypte tient à la fois à rester solidaire avec les Palestiniens et à préserver ses relations avec Israël.

Mais ces rapports sont émaillés de tensions, Le Caire craignant aussi les répercussions sur son territoire de la guerre en cours à Gaza, et haussant le ton dès le début des opérations militaires israéliennes à Rafah. Le 7 mai, Israël a pris le contrôle du côté palestinien du poste-frontière.

Ces derniers mois, des frappes aériennes ou des tirs d'artillerie de l'armée israélienne se sont abattus sur le terminal frontalier de Rafah.

En octobre 2023, deux touristes israéliens et un Egyptien avaient été tués par un policier à Alexandrie.

En juin 2023, trois soldats israéliens ont été tués par un "policier égyptien", "infiltré" depuis l'Egypte en Israël avant d'être abattu, selon un porte-parole militaire israélien.

Selon la version égyptienne, un membre des "forces de sécurité pourchassant des trafiquants de drogue" a traversé un point de contrôle frontalier. Il s'en est suivi un "échange de tirs ayant fait trois morts côté israélien" en plus de l'Egyptien.


Le Hezbollah dit avoir lancé des roquettes sur Israël en riposte à une frappe meurtrière

Plus tôt lundi, l'agence nationale d'information (Ani) avait indiqué qu'"un drone ennemi a visé peu avant 10H00 (07H00 GMT), à l'aide d'un missile guidé, une moto à proximité de l'hôpital Salah Ghandour, dans la localité de Bint Jbeil".  La frappe a fait "un martyr et plusieurs blessés", selon la même source, qui n'a pas précisé si la personne tuée était un civil. (AFP).
Plus tôt lundi, l'agence nationale d'information (Ani) avait indiqué qu'"un drone ennemi a visé peu avant 10H00 (07H00 GMT), à l'aide d'un missile guidé, une moto à proximité de l'hôpital Salah Ghandour, dans la localité de Bint Jbeil". La frappe a fait "un martyr et plusieurs blessés", selon la même source, qui n'a pas précisé si la personne tuée était un civil. (AFP).
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  • Le Hezbollah a affirmé lundi avoir tiré un barrage de roquettes sur le nord d'Israël en riposte à une frappe israélienne près d'un hôpital dans le sud du Liban, qui a fait un mort
  • Plus tôt lundi, l'agence nationale d'information (Ani) avait indiqué qu'"un drone ennemi a visé peu avant 10H00 (07H00 GMT), à l'aide d'un missile guidé, une moto à proximité de l'hôpital Salah Ghandour, dans la localité de Bint Jbeil"

BEYROUTH: Le Hezbollah a affirmé lundi avoir tiré un barrage de roquettes sur le nord d'Israël en riposte à une frappe israélienne près d'un hôpital dans le sud du Liban, qui a fait un mort.

Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement islamiste Hamas le 7 octobre, le Hezbollah échange régulièrement les tirs avec Israël, en soutien à son allié palestinien.

Lundi, les combattants du Hezbollah ont tiré "des dizaines de roquettes de type Katioucha" sur le nord d'Israël "en réponse à l'agression de l'ennemi israélien qui a visé l'hôpital du martyr Salah Ghandour à Bint Jbeil", a indiqué le mouvement dans un communiqué.

L'armée israélienne a déclaré peu après que les sirènes avaient retenti dans le nord du pays.

Plus tôt lundi, l'agence nationale d'information (Ani) avait indiqué qu'"un drone ennemi a visé peu avant 10H00 (07H00 GMT), à l'aide d'un missile guidé, une moto à proximité de l'hôpital Salah Ghandour, dans la localité de Bint Jbeil".

La frappe a fait "un martyr et plusieurs blessés", selon la même source, qui n'a pas précisé si la personne tuée était un civil.

L'hôpital est géré par le comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, qui n'a pas dans l'immédiat annoncé la mort de l'un de ses membres.

Selon le personnel de l'hôpital, dix personnes ont été blessées, dont quatre grièvement.

Le ministère libanais de la Santé a condamné dans un communiqué la "frappe brutale israélienne" contre l'hôpital, la qualifiant de "crime de guerre".

Un photographe de l'AFP sur place a vu une moto calcinée près de l'entrée de l'hôpital.

L'attaque israélienne ciblant une moto lundi est la quatrième du genre depuis dimanche, après des frappes similaires dans d'autres localités.

Dimanche, les frappes israéliennes ont tué au moins sept personnes, deux civils et cinq combattants dont le Hezbollah a annoncé la mort.

Plus de sept mois de violences transfrontalières ont fait au moins 441 morts au Liban, dont 287 combattants du Hezbollah et au moins 84 civils, selon un décompte de l'AFP.

Côté israélien, au moins 14 soldats et 11 civils ont été tués dans ces violences selon les autorités.

Le Hezbollah, armé et financé par l'Iran, a intensifié ses attaques au cours des derniers jours contre des positions militaires dans le nord d'Israël.

Pour sa part, l'armée israélienne mène des frappes de plus en plus en profondeur au Liban et dit viser des responsables du Hezbollah.


L'Arabie saoudite condamne les attaques israéliennes sur Rafah

Les frappes aériennes israéliennes ont tué au moins quarante-cinq personnes dimanche et elles ont touché des tentes de personnes déplacées dans la ville de Rafah, dans le sud de Gaza. Ci-dessus, des Palestiniens cherchent de la nourriture parmi les débris brûlés après la frappe du 27 mai 2024. (Reuters)
Les frappes aériennes israéliennes ont tué au moins quarante-cinq personnes dimanche et elles ont touché des tentes de personnes déplacées dans la ville de Rafah, dans le sud de Gaza. Ci-dessus, des Palestiniens cherchent de la nourriture parmi les débris brûlés après la frappe du 27 mai 2024. (Reuters)
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  • La Jordanie, le Koweït et les Émirats arabes unis condamnent «les crimes de guerre continus commis par les forces d'occupation israéliennes à Gaza»
  • Le prince Faisal souligne que la solution à deux États au conflit israélo-palestinien reste essentielle pour parvenir à une paix et une sécurité durables dans la région

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné, aujourd’hui, les attaques israéliennes sur Rafah, la dernière en date ayant ciblé des tentes de Palestiniens déplacés près des entrepôts de l'Unrwa, tuant au moins quarante-cinq personnes, principalement des enfants et des femmes.

Dans une déclaration publiée sur la plate-forme X, le ministère des Affaires étrangères affirme également que le Royaume rejette les violations flagrantes des lois internationales et humanitaires par les forces d'occupation israéliennes.

Il appelle la communauté internationale à intervenir immédiatement.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré aujourd’hui que la situation humanitaire à Gaza était totalement inacceptable.

Le prince Faisal souligne que la solution à deux États au conflit israélo-palestinien reste essentielle pour parvenir à une paix et une sécurité durables dans la région.

Il indique également que plusieurs pays européens prévoient de reconnaître officiellement l'État de Palestine, à l'instar de l'Espagne, de l'Irlande et de la Norvège, dans le cadre des efforts visant à mettre en œuvre la solution à deux États.

La Jordanie a également fermement condamné les «crimes de guerre continus commis par les forces d'occupation israéliennes à Gaza», en particulier le «dernier incident impliquant le bombardement d'un camp de réfugiés près du siège de l'Unrwa à l’ouest de Rafah».

«Ce geste défie les décisions de la Cour internationale de justice (CIJ) et il constitue une grave violation du droit international et du droit humanitaire international», lit-on sur un communiqué du ministère jordanien des Affaires étrangères.

La Jordanie réitère sa «condamnation sans équivoque de ces actions», a déclaré le porte-parole de l'ambassade, Sufian Qudah.

M. Qudah qualifie ces actions de «violations flagrantes du droit international et du droit humanitaire international», allant à l'encontre de toutes les valeurs humaines et morales.

Il déclare qu'il s'agit de crimes de guerre que la communauté internationale doit condamner, en s’assurant que les responsables répondent de leurs actes. Il appelle à une action internationale immédiate et efficace pour tenir Israël responsable de ses pratiques et violations.

Sufian Qudah a également exhorté la communauté internationale à «mettre fin aux violations continues du droit international et du droit humanitaire international par Israël, à garantir la protection des civils non armés à Gaza, et à préserver les organisations humanitaires et leur personnel, en particulier l'Unrwa».

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé aujourd’hui que la Turquie déploierait tous les efforts nécessaires pour tenir Israël responsable des frappes à Rafah, qualifiant Israël de «barbare».

«Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour demander des comptes à ces barbares et meurtriers qui n'ont rien à voir avec l'humanité», déclare-t-il.

Le président français, Emmanuel Macron, a exprimé aujourd’hui son indignation face aux dernières frappes d'Israël sur Rafah, qui ont tué des dizaines de personnes déplacées.

«Ces opérations doivent cesser. Il n'y a pas de zones sûres pour les civils palestiniens à Rafah», souligne M. Macron sur la plate-forme X.

Le Koweït a également condamné «l’agression de l'occupation israélienne contre les tentes des déplacés à Rafah, tuant des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants».

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères souligne que les actions de l'occupation israélienne contre les Palestiniens «exposent ses crimes de guerre flagrants et son génocide sans précédent au monde entier».

Le Koweït appelle à une «intervention immédiate et ferme de la communauté internationale pour contraindre les forces israéliennes à respecter les résolutions de la communauté internationale, notamment la résolution de la CIJ sur l’arrêt immédiat de l'agression contre Rafah et la protection du peuple palestinien».

Les Émirats arabes unis ont également condamné ce qu'ils ont qualifié de «ciblage» par Israël des tentes des personnes déplacées à Rafah.

Le ministère émirati des Affaires étrangères souligne l'importance de mettre en œuvre la décision de la CIJ selon laquelle Israël devait cesser immédiatement ses opérations militaires à Rafah, indique un communiqué.

Dans des déclarations distinctes, la Ligue arabe et l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ont condamné «l'agression continue d'Israël dans les camps de réfugiés de l'Unrwa à Rafah».

«Nous présentons ce nouveau crime aux tribunaux internationaux pour renforcer les preuves de ces crimes de guerre et les inculper», a déclaré Ahmad Aboul-Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe.

De son côté, le secrétaire général de l'OCI, Hussein Taha, a déclaré que l'organisation tenait l'occupation israélienne pour responsable des crimes atroces commis contre les Palestiniens, ainsi que des pratiques qui vont à l’encontre des principes humanitaires et violent le droit international.

Le Parlement arabe a également vivement condamné le massacre brutal perpétré par les forces d'occupation israéliennes contre des civils palestiniens, selon l'agence de presse saoudienne officielle (SPA).

Le Parlement a exprimé sa préoccupation concernant les actions des forces d'occupation israéliennes, soulignant qu'elles ont violé les lois, les normes, les résolutions et les décisions internationales qui exigent un arrêt immédiat de l'agression, indique le communiqué.

Ces attaques ont eu lieu deux jours après que la CIJ a ordonné à Israël de mettre fin à son offensive militaire à Rafah, où plus de la moitié de la population de Gaza a trouvé refuge avant l'incursion israélienne plus tôt ce mois-ci.

Des dizaines de milliers de personnes se trouvent encore dans la région, tandis que nombre d'autres ont fui. Les images du site visé par une frappe aérienne majeure montrent d’importantes destructions. L'armée israélienne a confirmé avoir effectué la frappe, précisant qu'elle avait ciblé une installation du Hamas, tuant deux hauts responsables de l’organisation. Elle a également annoncé qu'elle enquêtait sur des informations faisant état de civils blessés lors de cette opération.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, était à Rafah dimanche et il a été informé de «l'intensification des opérations» dans cette zone, indique son bureau.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com