Pakistan: Dépôt des recours pour suspendre la condamnation de l'ex-Premier ministre

L'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan (Photo, Twitter).
L'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan (Photo, Twitter).
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Publié le Mercredi 09 août 2023

Pakistan: Dépôt des recours pour suspendre la condamnation de l'ex-Premier ministre

  • Ses avocats s'emploient à obtenir sa libération sous caution et la suspension de la décision de justice
  • Le septuagénaire est détenu dans une cellule dite «de classe C», où il dort sur un matelas à même le sol

ISLAMABAD: Les avocats de l'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan, qui a commencé à purger sa peine en prison, dans une cellule vétuste équipée d'un matelas à même le sol selon sa défense, ont fait appel mardi de sa condamnation pour corruption.

Si elle n'est pas annulée, cette décision de justice l'empêchera de se présenter aux élections prévues pour d'ici à la fin de l'année.

Imran Khan, qui avait été chassé du pouvoir par une motion de censure en avril 2022, a à cet égard été officiellement écarté mardi par la Commission électorale de toute participation à des scrutins pendant cinq ans.

Condamné samedi par un tribunal à trois ans de prison, il avait aussitôt été arrêté à son domicile et transféré dans une prison de la ville d'Attock, à environ 60 kilomètres de la capitale Islamabad.

Gohar Khan, un des avocats de l'ex-Premier ministre, a déclaré qu'une demande de "suspension de la décision" et de "remise en liberté sous caution" avait été déposée.

"Le tribunal examinera l'affaire demain (mercredi : ndlr) et, comme la peine est courte, nous espérons qu'Imran Khan sera libéré sous caution" dans quelques semaines, a-t-il ajouté.

"Actuellement, il n'y a pas d'État de droit au Pakistan, nous nous précipitons d'un tribunal à l'autre", a dit son avocate Mishal Yousafzai.

Un matelas à même le sol 

Lundi, le porte-parole de M. Khan, Raoof Hasan, avait affirmé que M. Khan était détenu dans des "conditions déplorables, indignes d'un être humain". "Mais il a bon moral", avait-il ajouté.

Le septuagénaire est détenu dans une cellule dite "de classe C", où il dort sur un matelas à même le sol, avec juste assez de place pour un tapis de prière, selon M. Hasan.

Une requête a été déposée pour que l'ex-Premier ministre soit transféré dans une "cellule de classe A", plus confortable et généralement réservée aux personnalités.

Accusé d'avoir reçu, lorsqu'il était au pouvoir, des cadeaux dont il a sous-estimé la valeur avant de les revendre au prix fort, l'ancienne star de cricket reconvertie en politique estime que ces poursuites sont motivées par des considérations politiques visant à l'empêcher de se représenter. M. Khan est poursuivi dans plus de 200 affaires depuis son départ du pouvoir.

Toute personne condamnée pour une infraction pénale est généralement exclue des élections ou de l'exercice d'une fonction.

L'actuel Premier ministre Shehbaz Sharif a fait savoir dimanche que le Parlement serait probablement dissous mercredi, quelques jours avant la fin prévue de son mandat.

Cela donnerait au nouveau gouvernement intérimaire jusqu'à la mi-novembre pour organiser des élections. Elles pourraient cependant être retardées après la publication samedi des données du dernier recensement au Pakistan.

La commission électorale doit redessiner les limites des circonscriptions, ce qui, selon le ministre de la Justice Azam Nazeer Tarar, entraînerait probablement un retard.

"Si Dieu le veut, l'affaire ne dépassera pas 50 à 60 jours", a dit le ministre à la télévision.

L'arrestation et la détention d'Imran Khan pendant trois jours dans le cadre de la même affaire en mai avaient déclenché des heurts meurtriers dans la rue entre des dizaines de milliers de ses partisans et la police.

La quasi-totalité des dirigeants de son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), avaient par la suite été arrêtés ou contraints de se cacher, les obligeant à mettre en place un organe décisionnel de remplacement.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.