Sauvetage de migrants: L'Aurora immobilisé 20 jours en Italie, dénonce l'ONG Sea-Watch

L'Aurora a finalement été autorisé à accoster samedi après-midi à Lampedusa (Photo, AFP).
L'Aurora a finalement été autorisé à accoster samedi après-midi à Lampedusa (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 22 août 2023

Sauvetage de migrants: L'Aurora immobilisé 20 jours en Italie, dénonce l'ONG Sea-Watch

  • Après avoir secouru 72 migrants en Méditerranée, l'Aurora a reçu l'ordre des autorités italiennes de les emmener au port sicilien de Trapani
  • Un décret entré en vigueur début 2023 permet aux autorités d'assigner un port spécifique de débarquement aux navires

ROME: Les autorités italiennes vont retenir pendant 20 jours le navire de sauvetage de migrants Aurora, après un différend sur le port de débarquement, a annoncé lundi l'ONG allemande Sea-Watch qui exploite le bateau.

Après avoir secouru 72 migrants en Méditerranée centrale vendredi, l'Aurora a reçu l'ordre des autorités italiennes de les emmener au port sicilien de Trapani, selon l'ONG.

Après avoir averti que Trapani était "inaccessible" faute de carburant suffisant et du fait d'un manque d'eau en situation de fortes chaleurs, l'Aurora a demandé de pouvoir se rendre sur l'île de Lampedusa, "quatre fois plus proche", ce qui lui a été refusé, les autorités l'invitant même à se rendre en Tunisie, selon Sea-Watch.

"En raison de la situation extrême à bord", une personne ayant perdu conscience, l'Aurora a finalement été autorisé à accoster samedi après-midi à Lampedusa, a détaillé l'ONG.

Mais "le navire est maintenant immobilisé pendant 20 jours sur la base du décret du gouvernement italien sur le sauvetage en mer, et Sea-Watch va être condamnée à une amende comprise entre 2.500 et 10.000 euros", a annoncé l'ONG dans un communiqué.

Sollicités par l'AFP, les garde-côtes italiens n'ont pas donné suite.

Libération immédiate de l'Aurora exigée

Depuis son entrée en fonction en octobre 2022, le gouvernement italien à majorité d'extrême droite dirigé par Giorgia Meloni a multiplié les entraves aux opérations des navires humanitaires et engagé un bras de fer avec ses partenaires européens pour obtenir d'eux davantage de solidarité dans l'accueil des migrants.

Un décret entré en vigueur début 2023 permet aux autorités d'assigner un port spécifique de débarquement aux navires, qui sont aussi désormais obligés d'effectuer un seul sauvetage à la fois.

L'exécutif assure qu'il s'agit de partager équitablement l'accueil des migrants entre régions italiennes. Les ONG dénoncent elles des entraves à l'assistance aux migrants, certains ports choisis étant très éloignés des zones de sauvetage.

Sea-Watch exige dans son communiqué la libération immédiate de l'Aurora. "Nous n'avions tout simplement pas d'autre choix que de naviguer vers Lampedusa", a déclaré la cheffe de mission, Rebecca Berker, accusant les autorités d'avoir "volontairement mis en danger" la vie des personnes à bord en insistant sur un port alternatif.

Le gouvernement Meloni est entré en fonction en promettant de faire baisser le nombre d'arrivées de migrants.

Plus de 105.000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes jusqu'à présent cette année, selon le ministère de l'Intérieur, contre moins de 51.000 à la même période l'an dernier.

Et près de 2.000 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée centrale depuis début 2023, selon l'OIM, l'agence de l'ONU pour les migrations.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.