Biden renoue avec la campagne et tente d'arracher le Sénat aux républicains

Le président-élu Joe Biden en meeting à Atlanta le 15 décembre (Photo, Getty Images via AFP).
Le président-élu Joe Biden en meeting à Atlanta le 15 décembre (Photo, Getty Images via AFP).
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Publié le Mercredi 16 décembre 2020

Biden renoue avec la campagne et tente d'arracher le Sénat aux républicains

  • «J'ai besoin des deux sénateurs de cet Etat, je veux que les choses soient faites», a lancé Biden à Atlanta aux militants qui assistaient au meeting depuis leur voiture
  • Les démocrates doivent impérativement remporter les deux sièges de Géorgie pour revenir à égalité au Sénat, et ravir aux républicains le contrôle de la Chambre haute

ATLANTA: Joe Biden a affiché mardi son ambition d'arracher le contrôle du Sénat américain lors d'un déplacement de campagne en Géorgie pour soutenir deux candidats démocrates, renforcé par la confirmation officielle de sa victoire contre Donald Trump désormais reconnue par l'un des principaux chefs républicains et de nouveaux dirigeants étrangers.

« J'ai besoin des deux sénateurs de cet Etat, je veux que les choses soient faites », a lancé Biden à Atlanta aux militants qui assistaient au meeting depuis leur voiture, en fustigeant l'inaction du Congrès où les négociations sur un vaste plan de relance économique patinent depuis juillet.

« Envoyez-moi ces deux hommes et nous contrôlerons le Sénat et nous changerons la vie des gens de Géorgie », a-t-il promis.

Plus tôt, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine à la Chambre haute du Congrès et indéfectible soutien de Donald Trump, a été le dirigeant républicain le plus haut placé à féliciter le « président élu » Biden, un qualificatif qu'évitaient d'employer jusqu'ici de nombreux partisans du président sortant.

« Nous étions nombreux à espérer que l'élection présidentielle donne lieu à un résultat différent, mais notre système de gouvernement a des procédures pour déterminer qui sera investi le 20 janvier », a-t-il expliqué mardi matin dans l'hémicycle.

Joe Biden, qui a besoin d'une majorité au Sénat pour faire voter les importantes réformes de son programme, a confirmé lui avoir parlé. 

« Je lui ai dit que même si nous étions en désaccord sur de nombreux sujets, il y a des choses qu'on peut faire ensemble », a dit l'ancien sénateur du Delaware, qui a bâti sa carrière sur sa capacité à trouver des compromis.

Les démocrates doivent impérativement remporter les deux sièges de Géorgie pour revenir à égalité au Sénat, et ravir aux républicains le contrôle de la Chambre haute.

En cas d'égalité en effet, c'est la future vice-présidente Kamala Harris qui, comme le veut la Constitution, départagerait les votes.

Electorat plus divers

Raphael Warnock, qui affronte la républicaine Kelly Loeffler, avait dès lundi appelé les électeurs à se déplacer pour l'ouverture du vote par anticipation.

Ce pasteur noir, qui officie dans l'ancienne église de Martin Luther King à Atlanta, a créé la surprise en devançant de plus de 300 000 voix la sénatrice sortante, une fervente supportrice de Donald Trump.

Mme Loeffler devrait toutefois récupérer les voix qui étaient allées à un candidat républicain dissident lors du premier tour le 3 novembre.

Dans l'autre scrutin, Jon Ossoff, un ancien journaliste d'investigation de 33 ans, avait surpris en talonnant le sortant David Perdue.

Sur le papier, les républicains partent vainqueurs, mais les démocrates comptent sur la mobilisation d'un électorat désormais plus jeune et plus divers. Ils sont aussi galvanisés par la victoire de Joe Biden dans cet Etat qui n'avait pas voté pour un candidat de leur parti à la présidentielle depuis 1992.

Certains républicains s'inquiètent que la multiplication des recours intentés par les soutiens de Donald Trump pour contester, jusqu'ici sans succès, les résultats de la présidentielle, poussent ses partisans à s'abstenir, par méfiance envers le système électoral américain.

« Tourner la page »

Mais chacun des 50 Etats américains a depuis vérifié et certifié les résultats. Le démocrate a remporté le nombre record de 81,28 millions de voix, soit 51,3% des suffrages, contre 74,22 millions (46,8%) au républicain.

Et lundi, le collège électoral a entériné la victoire de Joe Biden, qui deviendra le 20 janvier le 46e président américain.

L'annonce a poussé plusieurs dirigeants étrangers considérés comme proches de Donald Trump à eux aussi reconnaître Joe Biden comme le vainqueur de l'élection. Le Russe Vladimir Poutine, le Mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador et le Brésilien Jair Bolsonaro lui ont adressé des messages de félicitations.

Le futur président, âgé de 78 ans, continue également de former son équipe et a choisi selon les médias américains son ancien rival aux primaires démocrates Pete Buttigieg comme futur ministre des Transports.

Donald Trump, pour sa part, refuse de « tourner la page » comme l'y a invité Biden. Le président sortant a renouvelé ses accusations contre le logiciel électoral utilisé le 3 novembre, qui a selon lui « changé le résultat » de l'élection.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.