Quatre soldats arméniens tués et trois militaires azerbaïdjanais blessés lors d'un accrochage

Vue d'un poste de contrôle azerbaïdjanais à l'entrée du corridor de Lachin, le seul lien terrestre de la région séparatiste du Haut-Karabakh peuplée d'Arméniens avec l'Arménie, le 30 août 2023. (AFP)
Vue d'un poste de contrôle azerbaïdjanais à l'entrée du corridor de Lachin, le seul lien terrestre de la région séparatiste du Haut-Karabakh peuplée d'Arméniens avec l'Arménie, le 30 août 2023. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 septembre 2023

Quatre soldats arméniens tués et trois militaires azerbaïdjanais blessés lors d'un accrochage

  • La région de Sotk, où a eu lieu l'accrochage selon Erevan, se situe dans le sud-est de l'Arménie, à la frontière avec l'Azerbaïdjan, où les incidents sont courants entre les armées des deux pays
  • Le dernier accrochage meurtrier d'importance remontait au 28 juin, quand quatre soldats arméniens avaient déjà été tués dans le Nagorny-Kabarakh, région séparatiste à majorité arménienne disputée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan

EREVAN, Arménie : Au moins quatre soldats arméniens ont été tués et trois militaires azerbaïdjanais blessés lors de nouveaux accrochages près de la frontière, ont annoncé vendredi les autorités des deux pays, nouvel épisode de tensions dans un contexte de conflit larvé au Nagorny-Karabakh.

«À la suite de la provocation azerbaïdjanaise, la partie arménienne compte quatre morts au combat et un blessé», a déploré le ministère arménien de la Défense dans un dernier communiqué, après avoir initialement fait état de deux militaires tués et un blessé.

Le ministère a indiqué qu'il ferait «ultérieurement une déclaration» concernant les soldats tués, «ainsi que sur l'état de santé du soldat blessé, après avoir informé les familles».

La région de Sotk, où a eu lieu l'accrochage selon Erevan, se situe dans le sud-est de l'Arménie, à la frontière avec l'Azerbaïdjan, où les incidents sont courants entre les armées des deux pays.

De son côté, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a affirmé que l'armée arménienne avait «blessé deux (de ses) militaires» dans une frappe de drone dans la région de Kalbajar, là aussi près de la frontière commune, et un autre soldat par des tirs.

«Toute la responsabilité de la situation tendue et de ses conséquences possibles incombe aux dirigeants politico-militaires de l'Arménie», a dénoncé le ministère azerbaïdjanais, assurant que l'Arménie accumulait «du matériel militaire et des troupes supplémentaires» près de la frontière.

Le dernier accrochage meurtrier d'importance remontait au 28 juin, quand quatre soldats arméniens avaient déjà été tués dans le Nagorny-Kabarakh, région séparatiste à majorité arménienne disputée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Bakou et Erevan s'étaient accusés mutuellement de la responsabilité de cette nouvelle escalade dans cette zone montagneuse au coeur des tensions depuis les années 1990.

Ces incidents armés à la frontière interviennent alors qu'Erevan accuse Bakou depuis décembre d'entraver l'approvisionnement vers le Nagorny-Karabakh, en bloquant une route cruciale, le corridor de Latchine, provoquant des pénuries et une «crise humanitaire».

Bakou, qui défend l'installation d'un point de contrôle en invoquant des raisons de sécurité, affirme que le transport civil peut circuler sans entrave via cet axe terrestre.

Dans ce contexte délicat, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian avait estimé mi-juillet auprès de l'AFP qu'une nouvelle guerre de son pays avec l'Azerbaïdjan était «très probable».

La dernière guerre entre les deux pays, en 2020, s'était soldée par une défaite de l'Arménie, qui avait dû céder des territoires à l'Azerbaïdjan dans et autour du Nagorny-Karabakh. Le processus de paix est depuis au point mort, malgré les efforts de médiation de la Russie -- pays à l'influence historique dans cette région --, des Européens et des Etats-Unis.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.