Ankara et Athènes saluent une «nouvelle ère» dans leur relation

Sur cette photo prise et publiée le 13 mars 2022, le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) rencontre le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis (à gauche) à Istanbul. (AFP)
Sur cette photo prise et publiée le 13 mars 2022, le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) rencontre le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis (à gauche) à Istanbul. (AFP)
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Publié le Mardi 05 septembre 2023

Ankara et Athènes saluent une «nouvelle ère» dans leur relation

  • Les deux voisins, membres de l'Otan, se disputent de longue date les frontières maritimes et les droits d'exploration énergétique en mer Égée et en Méditerranée orientale
  • Le dossier migratoire empoisonne également les relations entre les deux voisins

ISTANBUL: Les ministres turc et grec des Affaires étrangères ont salué mardi à Ankara une "nouvelle ère" dans les relations entre leurs pays, rivaux régionaux, apaisées depuis plusieurs mois.

"Nous sommes entrés dans une nouvelle ère positive dans nos relations avec la Grèce", s'est félicité le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Giorgos Gerapetritis.

"Nous sommes prêts à poursuivre le dialogue avec notre voisin grec sans condition préalable et à développer nos relations dans tous les domaines", a déclaré M. Fidan.

Le ministre grec a lui affirmé qu'Athènes était "prêt à résoudre (ses) différends" avec Ankara.

A l'issue d'un tête-à-tête en marge du sommet de l'Otan en juillet, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avaient déjà salué un "élan positif" dans les relations turco-grecques.

Les deux dirigeants, réélus au printemps, doivent s'entretenir à nouveau ce mois-ci en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Les deux voisins, membres de l'Otan, se disputent de longue date les frontières maritimes et les droits d'exploration énergétique en mer Égée et en Méditerranée orientale.

Le dossier migratoire empoisonne également les relations entre les deux voisins.

Mais les tensions, vives l'an dernier, se sont apaisées en février lorsque la Grèce a envoyé des équipes de secouristes à la suite du violent séisme qui a tué plus de 50.000 personnes dans le sud de la Turquie.


L'émissaire américain John Kerry sonne l'alarme sur le financement de la cause climatique

L'émissaire américain pour le climat John Kerry s'exprime lors d'une conférence de presse au sommet des Nations Unies sur le climat à Dubaï le 6 décembre 2023 (Photo, AFP).
L'émissaire américain pour le climat John Kerry s'exprime lors d'une conférence de presse au sommet des Nations Unies sur le climat à Dubaï le 6 décembre 2023 (Photo, AFP).
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  • John Kerry, qui quitte bientôt son poste d'émissaire, a qualifié d'historique l'accord trouvé en décembre à Dubaï à la COP28
  • Selon le diplomate, les Etats-Unis devraient envisager un système de garanties financières pour les investisseurs, qui couvriraient les risques en cas d'échec de projets environnementaux

WASHINGTON: L'émissaire américain pour le climat John Kerry, sur le départ, a appelé vendredi les Etats-Unis à trouver de nouvelles méthodes importantes de financement de la lutte contre le réchauffement climatique.

L'ancien chef de la diplomatie américaine sous Barack Obama a prévenu qu'"une énorme déception" suivrait si les promesses historiques d'abandon des carburants fossiles n'étaient pas tenues.

John Kerry, qui quitte bientôt son poste d'émissaire, a qualifié d'historique l'accord trouvé en décembre à Dubaï à la COP28, pour son appel à se détourner des carburants fossiles, en grande partie responsables du réchauffement de la planète.

Mais il a également averti que cet accord ne devait pas être "réduit à de simples mots sur un bout de papier".

L'inaction encouragerait "le cynisme et le renoncement" et provoquerait "une énorme déception à travers le monde", a-t-il dit au cercle de réflexion Council on Foreign Relations.

L'ex-sénateur démocrate et candidat à la présidentielle américaine en 2004 a affirmé qu'il allait se concentrer, en dehors des sphères gouvernementales, sur la mobilisation de financements privés, comme complément aux fonds publics pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Selon le diplomate, les Etats-Unis devraient envisager un système de garanties financières pour les investisseurs, qui couvriraient les risques en cas d'échec de projets environnementaux.

"Il est l'heure de faire place à la créativité. Nous avons inventé par le passé de nouveaux instruments financiers lorsque nous en avions eu besoin, et j'estime que nous en avons besoin aujourd'hui", a-t-il déclaré.

L'ex-secrétaire d'Etat a évoqué son travail en tant qu'émissaire avec l'Indonésie et le Vietnam sur des partenariats nommés JETP, qui servent d'intermédiaires de financement entre un petit groupe de pays riches et une économie émergente, et visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures ou à prendre d'autres mesures de lutte contre le réchauffement.

Mais le monde "n'a pas le temps" pour de tels accords "très personnalisés", a lancé John Kerry.

"Nous avons besoin d'aide pour déployer de plus grandes sommes avec davantage de confiance dans le fait que l'accord est rentable et que nous lui avons suffisamment retiré ses risques", a-t-il ajouté.

Une étude récente de l'ONG Climate Policy Initiative a souligné que selon certaines évaluations, des garanties de crédit pourraient mobiliser 6 à 25 fois davantage de financement que des prêts traditionnels -- les pays émergents en particulier cherchant à réduire les incertitudes.


Lavrov en Turquie, désireuse de réunir à nouveau Moscou et Kiev

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov (Photo, AFP).
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov (Photo, AFP).
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  • Le président Erdogan a dit cette semaine vouloir «rétablir la table de négociation» entre Moscou et Kiev
  • La Turquie, qui reste très dépendante de la Russie pour ses approvisionnements énergétiques, ne s'est pas associée aux sanctions occidentales à son encontre

ANTALYA: Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a entamé vendredi une visite de deux jours en Turquie, dont les dirigeants tentent de réunir à nouveau responsables russes et ukrainiens autour d'une table.

Le ministre russe des Affaires étrangères a participé au Forum diplomatique d'Antalya (sud), un rendez-vous annuel auquel sont conviés les pays amis d'Ankara, où il s'est entretenu avec son homologue turc Hakan Fidan.

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, la Turquie a conservé des liens étroits avec les deux belligérants, et a accueilli par deux fois des négociations directes entre Moscou et Kiev en mars 2022.

"Nous devons chercher sérieusement des moyens de rapprocher les parties", a déclaré M. Fidan dans son discours d'ouverture du Forum d'Antalya.

"Nous sommes prêts, comme hier, à tout mettre en œuvre pour faciliter les négociations de paix", a-t-il ajouté.

Le président Erdogan a aussi dit cette semaine vouloir "rétablir la table de négociation" entre Moscou et Kiev, affirmant par ailleurs oeuvrer à la création d'un nouveau mécanisme à même de garantir une "navigation sécurisée" en mer Noire, dont la Turquie longe la partie méridionale.

La création d'un tel mécanisme n'a toutefois pas été abordée lors de la rencontre entre MM. Fidan et Lavrov, a indiqué une source diplomatique turque sous couvert d'anonymat.

Le chef de la diplomatie russe a également souligné que les raisons ayant poussé la Russie à envahir son voisin "demeurent inchangées", a ajouté cette même source.

Céréales en mer Noire

Lors des premières semaines de l'invasion de l'Ukraine, la Turquie s'était impliquée très activement dans la création d'un corridor sécurisé en mer Noire associant l'Ukraine et la Russie sous l'égide de l'ONU.

Un accord avait ainsi été signé en juillet 2022 à Istanbul, avant d'être dénoncé un an plus tard par Moscou après avoir permis à l'Ukraine d'exporter près de 33 millions de tonnes de céréales, selon les Nations unies.

Depuis, Kiev utilise avec succès une voie alternative longeant les côtes de la Bulgarie et de la Roumanie, membres de l'Alliance atlantique, avec lesquelles Ankara a signé en janvier un accord de lutte contre les mines.

La Turquie, qui reste très dépendante de la Russie pour ses approvisionnements énergétiques, ne s'est pas associée aux sanctions occidentales à son encontre et se voit régulièrement accusée d'aider à leur contournement.

Seize entités turques sont ainsi désignées dans le dernier train de sanctions annoncé la semaine dernière par la Maison Blanche.

Il s'agit en particulier d'entreprises important pour les réexporter, du matériel contenant des pièces nécessaires à l'industrie militaire russe.

"Vu l'accroissement important du commerce entre la Turquie et la Russie (...), il y a en effet des investigations" sur un contournement des sanctions occidentales par la Russie, confirme Marc Pierini, chercheur associé à l'Institut Carnegie Europe.

Ce dernier souligne aussi "l'intérêt très prononcé de la Russie" pour le secteur énergétique turc avec "la centrale nucléaire d'Akkuyu (sud), les rabais sur le prix du gaz russe et des paiements en roubles, la promotion d'un hub gazier" et l'annonce par Rosatom, le géant russe du nucléaire, de la construction d'une deuxième centrale en Turquie et son intérêt pour une troisième.

"La Turquie essaie de mener une politique prudente, poursuivant ses relations commerciales avec la Russie tout en veillant à ne pas franchir une ligne rouge qui l'exposerait à des mesures de rétorsion de la part des Occidentaux", résume Sinan Ülgen, directeur du groupe de réflexion Edam à Istanbul.

Le Forum d'Antalya, une grande station balnéaire de la côte sud de la Turquie, réunit chaque année des chefs d'Etat et de gouvernement, des ministres, des diplomates, des hommes d'affaires et des chercheurs.


Le Texas redoute une aggravation du plus grand incendie de son histoire

L'incendie de Windy Deuce dans le comté de Moore, au Texas (Photo, AFP).
L'incendie de Windy Deuce dans le comté de Moore, au Texas (Photo, AFP).
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  • Quelque 500 maisons et constructions diverses ont disparu dans les flammes, a déclaré vendredi le gouverneur Greg Abbott, en prévenant que ce bilan allait probablement s'alourdir
  • Au Texas, l'incendie géant baptisé «Smokehouse Creek Fire» n'est désormais contenu qu'à 15%

HOUSTON: Les autorités du Texas redoutent une progression inquiétante durant le week-end du plus grand incendie de l'histoire de l'Etat, qui a déjà fait deux morts et ravagé des centaines de milliers d'hectares.

Quelque 500 maisons et constructions diverses ont disparu dans les flammes, a déclaré vendredi le gouverneur Greg Abbott, en prévenant que ce bilan allait probablement s'alourdir.

Dans un pays familier des contrastes aggravés par les dérèglements climatiques, la Californie était elle frappée ce même jour par une rude tempête de neige accompagnée de violentes bourrasques dépassant les 160 km/h sur les sommets de la Sierra Nevada.

Les précipitations de neige pourraient atteindre de 2 à 3,5 mètres de hauteur ces prochains jours en altitude, selon les services météo de cet Etat, le plus peuplé du pays.

Au Texas, l'incendie géant baptisé "Smokehouse Creek Fire" n'est désormais contenu qu'à 15%, même s'il a cessé provisoirement vendredi de s'étendre grâce à des précipitations la veille, selon les autorités locales.

Vents attendus

L'incendie s'étend toujours sur plus de 430 000 hectares, mais il a en grande partie "reçu des précipitations hier et il n'y a pas eu de progression du feu", a écrit l'Office des forêts du Texas vendredi sur X.

"Les équipes vont se concentrer sur la limite nord du feu et les secteurs autour des zones construites", a-t-il ajouté.

Le répit pourrait toutefois n'être que de courte durée.

"Des conditions favorisant une situation critique des feux devraient faire leur retour" en milieu de journée samedi et dimanche, ont déclaré les services météo locaux de la ville d'Amarillo, notamment en raison d'une végétation très sèche et des vents.

Trois autres incendies, plus petits, sont également actifs dans cette région du nord du Texas, située près de la ville d'Amarillo. Le plus grand de ces trois autres feux, le "Windy Deuce Fire", fait environ 57 000 hectares et est contenu à 55%.

Les médias locaux ont rapporté deux morts: une grand-mère de 83 ayant péri dans l'incendie de sa maison dans la petite ville de Stinnett, et une femme de 44 ans décédée après avoir été grièvement blessée quand le camion qu'elle conduisait s'est retrouvé cerné par les flammes.

Aucune évacuation n'était en cours jeudi dans le comté d'Hutchinson, où se trouve la ville de Stinnett, selon les autorités locales.

"Le Texas continue de renforcer ses moyens en hommes et en matériel pour combattre cet incendie très dangereux", a déclaré jeudi Greg Abbott, en remerciant les pompiers qui travaillent "24 heures sur 24 pour protéger les Texans".

Le "Smokehouse Creek Fire" s'étend par ailleurs désormais également dans l'Etat voisin de l'Oklahoma.

Le président Joe Biden, en visite électorale au Texas jeudi, a affirmé à la presse qu'environ 500 fonctionnaires fédéraux s'activaient pour lutter contre les incendies, en plus des pompiers locaux.

Vu la sécheresse, le chef de la division forestière de l'université Texas A&M, Wes Moorehead, a exhorté les habitants à redoubler d'attention samedi 2 mars, jour où les Texans célèbrent l'anniversaire de la proclamation de leur indépendance du Mexique en 1836. Cette indépendance a duré jusqu'à l'annexion du territoire par les Etats-Unis, en 1845.

La tradition veut qu'on marque cette fête avec des feux de joie et des barbecues. Soyez "prudents avec toute activité qui pourrait causer une étincelle", a-t-il insisté.