Des élèves à la traîne depuis la rentrée ont constaté certains professeurs

Le personnel du lycée Malherbe de Caen prépare les salles d'examen pour un examen du baccalauréat en philosophie. (MYCHELE DANIAU / AFP)
Le personnel du lycée Malherbe de Caen prépare les salles d'examen pour un examen du baccalauréat en philosophie. (MYCHELE DANIAU / AFP)
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Publié le Vendredi 18 décembre 2020

Des élèves à la traîne depuis la rentrée ont constaté certains professeurs

  • Depuis la rentrée, de nombreux enseignants du primaire et du secondaire observent une baisse du niveau scolaire due au confinement et d'importantes disparités entre les élèves, dont certains "ont cessé d'apprendre"
  • "Ils ont besoin de calme, de se recentrer car ils sont dispersés", analyse la thérapeute qui estime que "si cette crise sanitaire se poursuit trop longtemps, on n'en sortira pas indemne car les enfants ne grandissent pas sereinement".

BOBIGNY: Manque de concentration, dépendance aux écrans, rédaction confuse... Depuis la rentrée, de nombreux enseignants du primaire et du secondaire observent une baisse du niveau scolaire due au confinement et d'importantes disparités entre les élèves, dont certains "ont cessé d'apprendre".

En septembre, Charles-Edouard, professeur d'histoire-géo à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), a récupéré des élèves de 3e avec "l'impression qu'ils avaient sauté une classe mais sans les connaissances".

"Le début d'année a été catastrophique. Les enfants dont les parents ne parlent pas la langue française ne comprenaient plus les consignes", raconte Sandrine, maîtresse de CP depuis plus de 20 ans dans une école classée en REP (Réseau d'éducation prioritaire) en Ile-de-France.  

L'institutrice a dû faire "un énorme travail sur le langage" en consacrant chaque jour 45 minutes autour d'une histoire avec des images et du vocabulaire.

La méthode a porté ses fruits: "en décembre, j'en suis au même point qu'avec mes élèves de l'année dernière en lecture et en écriture", se réjouit-elle, même si elle avoue "ramer en maths".

Romain Navarro, professeur de mathématiques au collège Jean-Jaurès à Clichy (Hauts-de-Seine), enseigne "quasiment le même programme" à ses 5e et 4e.

"Les chapitres qui ont été vus pendant le confinement n'ont pas du tout été assimilés alors je reprends au fur à mesure les notions", assure l'enseignant de 29 ans pour qui "les trois mois perdus" du premier confinement sont "rattrapables".

L'ensemble des enseignants du primaire et secondaire interrogés notent unanimement "une baisse de niveau" notamment en rédaction et "la perte des codes de l'école" comme "l'écoute, la concentration ou le savoir-vivre ensemble".  

Décrochage numérique

Pour Catherine Verdier, psychologue pour enfants et adolescents, "la santé mentale des enfants est fortement impactée par le confinement" mais aussi par "le manque d'activités extrascolaires" ou "l'environnement anxiogène". 

"Ils ont besoin de calme, de se recentrer car ils sont dispersés", analyse la thérapeute qui estime que "si cette crise sanitaire se poursuit trop longtemps, on n'en sortira pas indemne car les enfants ne grandissent pas sereinement".

Outre le faible niveau des élèves, la crise sanitaire et son corollaire, l'enseignement en ligne, a aggravé les disparités entre les élèves. 

"Je n’arrive pas à instaurer un rythme. Les élèves ne suivent pas les cours en ligne, il y a des trous dans leurs cahiers. C'est brouillon dans leur tête comme dans leur travail", observe Raphaël, professeur d'histoire-géo dans un lycée à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). 

Sa classe de première technologique a "complètement décroché, ils ont cessé d'apprendre", reconnaît le professeur, en poste depuis six ans dans ce lycée. Il ressent depuis peu "une perte de sens dans (son) travail". 

L'autre conséquence de l'apprentissage en distanciel est "la dépendance numérique des élèves".

Au temps d'écran sur le téléphone s'ajoute celui du temps scolaire. Cela entraine une perte de concentration, une expression écrite confuse et une certaine incapacité à se repérer dans un ouvrage.

Classe populaire vs aisée 

Face aux difficultés, de nombreux professeurs ont réclamé des ajustements dans les programmes.

Pour l'oral du bac, Jérôme Martin, professeur de français au lycée Paul-Eluard à Saint-Denis, va préparer moins de textes. "C'est encore une année spéciale, on va faire au mieux", dit-il.

Il note depuis septembre que les élèves "ont perdu en autonomie (...) J'ai donné un livre par mois à lire, en décembre, j'ai constaté que personne n'en avait lu un".

Le crise sanitaire a également été un révélateur des inégalités qui se creusent au fil des confinements, note Charles-Edouard, le professeur d'histoire-géo en banlieue parisienne.

"En classe, les élèves partent plus ou moins d'un même pied d'égalité avec une table et une chaise mais à la maison certains partagent un ordinateur avec plusieurs frères et soeurs", explique l'enseignant de 32 ans.

Des "grosses différences de niveau entre les élèves des classes populaires et aisées" ont été constatés dès la rentrée par Romain Navarro, prof de maths dans les Hauts-de-Seine. 

"Avec le confinement, les meilleurs sont devenus meilleurs car beaucoup plus autonomes et les moins bons sont devenus encore moins bons", résume une directrice d'établissement de la région Rhône-Alpes.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.