Des sardines en conserve provoquent une dizaine de cas de botulisme, dont un mortel

Un homme assis devant l'urgence pédiatrique du CHU (Centre Hospitalier Universitaire) Pelegrin à Bordeaux (Photo d'illustration, Philippe Lopez, AFP).
Un homme assis devant l'urgence pédiatrique du CHU (Centre Hospitalier Universitaire) Pelegrin à Bordeaux (Photo d'illustration, Philippe Lopez, AFP).
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Publié le Mercredi 13 septembre 2023

Des sardines en conserve provoquent une dizaine de cas de botulisme, dont un mortel

  • Le botulisme est une affection neurologique grave, mortelle dans 5 à 10% des cas, provoquée par une toxine très puissante produite par la bactérie clostridium botulinum, qui se développe notamment dans les aliments mal conservés
  • Le ministère de la Santé a envoyé un message d'alerte à l'ensemble des professionnels de santé, en France et à l'étranger via l'OMS

BORDEAUX: Une personne est morte parmi une douzaine atteintes de botulisme, maladie neurologique grave et rare, après avoir mangé des sardines en conserve artisanales dans un même restaurant à Bordeaux la semaine dernière.

La victime décédée est une femme de 32 ans qui avait fréquenté Bordeaux avec son conjoint avant de rejoindre son domicile en région parisienne.

Selon le Dr Benjamin Clouzeau, médecin anesthésiste-réanimateur à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux, elle s'était présentée "avec des signes peu orientants vers la maladie" aux urgences d'une structure hospitalière d'Île-de-France, avant de succomber brutalement chez elle d'un arrêt cardio-respiratoire. Son compagnon est en soins intensifs.

L'Agence régionale de Santé (ARS) en Nouvelle-Aquitaine recense 12 cas au total, âgés de 30 à 40 ans à l'exception d'une septuagénaire. La plupart sont de nationalité étrangère (USA, Canada, Allemagne, Irlande).

Huit cas ont été hospitalisés à Bordeaux, dont six étaient sous assistance respiratoire mercredi après-midi, et deux en Île-de-France (le couple). Un consommateur espagnol a été traité à Barcelone, de même qu'un autre homme en Allemagne, reparti chez lui et pris en charge dans son pays. "Leurs jours ne sont pas en danger", selon le médecin.

Toutes ces personnes ont en commun d'avoir mangé dans un même restaurant, entre le 4 et le 10 septembre à Bordeaux, où la fréquentation touristique est importante en septembre.

Dans cet établissement du centre-ville, prisé de la clientèle anglo-saxonne, tous les malades ont consommé des sardines en bocal de fabrication artisanale.

Possibles nouveaux cas

Les autorités sanitaires recommandent aux personnes ayant fréquenté le restaurant aux mêmes dates et présentant des symptômes (diarrhée, vomissements, troubles de la vision ou de la parole) "de consulter un médecin de toute urgence ou de contacter le 15".

Au vu des délais d'action de la toxine qui provoque la maladie, "on pourrait avoir des nouveaux cas jusqu'à ce weekend", a prévenu Benoît Elleboode, directeur général de l'ARS.

Des tickets de paiement et les numéros de téléphone de clients potentiels ont été récupérés dans le restaurant. Jusqu'à 25 personnes pourraient avoir consommé neuf bocaux, contenant trois ou quatre sardines chacun, servis à table.

Le ministère de la Santé a envoyé un message d'alerte à l'ensemble des professionnels de santé, en France et à l'étranger via l'OMS.

Le botulisme est une affection neurologique grave, mortelle dans 5 à 10% des cas, provoquée par une toxine très puissante produite par la bactérie clostridium botulinum, qui se développe notamment dans les aliments mal conservés, faute de stérilisation suffisante.

En France, la majorité des cas de botulisme correspondent à des intoxications alimentaires par ingestion de ladite toxine dans des salaisons, charcuteries ou conserves d'origine familiale ou artisanale.

"C'est une maladie extrêmement rare, qui avait quasiment disparu, avec une incidence inférieure à 0,4 par million en France", a précisé le Dr Clouzeau, qualifiant l'épisode d'"exceptionnel".

Un antidote anti-toxinique a été acheminé depuis un stock militaire à Marseille.

«Mauvaise odeur»

Une inspection de la Direction départementale de protection des populations (DDPP) a été réalisée lundi dans l'établissement, confirmant un "défaut de fabrication" des conserves de sardines.

"Le restaurateur a confirmé qu'à l'ouverture des bocaux, il y avait une mauvaise odeur et l'absence de vide", a souligné Thierry Touzet, directeur adjoint de la DDPP.

"L'établissement était plutôt bien tenu" mais le professionnel "a un mode opératoire très artisanal qui n'était pas maîtrisé", a-il ajouté, précisant que l'établissement n'avait jamais été signalé dans le passé.

La préfecture a interdit au gérant de fabriquer de nouveaux produits "jusqu'à nouvel ordre" et prescrit un "nettoyage approfondi" du bar-restaurant, resté fermé mercredi. L'ensemble des conserves fabriquées sur place ont été consignées. Les premiers résultats d'analyse des prélèvements sont attendus vendredi.

Le botulisme est une maladie à déclaration obligatoire provoquée par des neurotoxines qui s'attaquent au système nerveux, entraînant des problèmes oculaires (vision double), un défaut de déglutition et, dans les formes avancées, une paralysie des muscles, notamment respiratoires, qui peut conduire au décès.

Selon le Dr Clouzeau, la prise en charge des patients en réanimation s'annonce longue "car une fois que la toxine est bloquée et fixée, elle paralyse les muscles pendant plusieurs semaines", avec des risques divers de complications.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.