Métaux critiques: un premier sommet international à Paris

Un technicien recycle des piles et des aimants au centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Marcoule, dans le sud de la France, le 19 septembre 2023. (Photo, AFP)
Un technicien recycle des piles et des aimants au centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Marcoule, dans le sud de la France, le 19 septembre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 28 septembre 2023

Métaux critiques: un premier sommet international à Paris

  • Jeudi à Paris, les représentants de 47 pays consommateurs et producteurs -sans la Chine ni la Russie- se réunissent sous l'égide de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) pour le premier sommet consacré aux "métaux critiques"
  • Le sommet de jeudi pourrait être "un premier pas visant à la création d'une agence dédiée", notamment autour de l'AIE et de la Banque mondiale, sous l'égide de l'ONU ou du G20, estiment les deux experts

PARIS: Du cuivre pour transporter l'électricité des éoliennes offshore vers la terre ferme, du lithium, du cobalt et du nickel pour les batteries automobiles: la transition énergétique qui doit permettre d'arrêter de consommer pétrole, charbon et gaz émetteurs de CO2, est affamée de métaux.

Jeudi à Paris, les représentants de 47 pays consommateurs et producteurs -sans la Chine ni la Russie- se réunissent sous l'égide de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) pour le premier sommet consacré aux "métaux critiques", le nouvel or noir que le monde s'arrache, dans le but de tracer les premiers contours d'une "diplomatie des métaux".

Les questions sont nombreuses: comment garantir et diversifier les approvisionnements? Comment augmenter la production? Comment éviter les problèmes sociaux et environnementaux générés par l'exploitation minière? Comment mobiliser les énormes financements nécessaires pour lancer de nouvelles installations minières et développer le recyclage?

Les patrons des géants miniers australiens BHP et Rio Tinto ou du groupe chilien Sociedad Quimica y Minera de Chile, de géants du trading des matières premières comme Glencore et Trafigura, seront présents.

Tout comme le patron du London Metal Exchange (LME) à Londres, Matthew Chamberlain, des investisseurs, des organisations internationales, ainsi que des ONG et des scientifiques participent aux échanges, fermés à la presse à l'exception d'une introduction liminaire.

"Plus de projets (miniers et recyclages) sont nécessaires d'ici 2030 pour espérer limiter le réchauffement climatique au-dessous de 1,5 degré", par rapport à l'ère pré-industrielle, souligne l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son analyse.

«Agence internationale»

Selon l'Agence, la seule électrification des transports à l'horizon 2040 engendrera une multiplication de la demande en lithium de plus de 40 au niveau mondial, d'environ 20 pour celle du cobalt et du nickel et plus de 3 pour le cuivre dans des scénarios de décarbonation compatibles avec l'accord de Paris sur le climat en 2015.

Le risque de pénuries de métaux critiques brandi par certains "n'est pas un grand problème" a néanmoins estimé le directeur général de l'AIE, Fatih Birol, lors d'un entretien récent avec l'AFP.

"Nous avons deux problèmes à régler: d'abord le raffinage des métaux est très concentré en Chine", a-t-il dit. Par ailleurs, les process d'extraction et de raffinage miniers "doivent être durables" aussi bien "sur le plan "environnemental que sur le plan social", a-t-il ajouté.

A elle seule, la Chine assure "près de 70% de la production de terres rares" précisent Emmanuel Hache, chercheur spécialiste des matières premières, et Benjamin Louvet, gérant d'actifs, dans leur récent ouvrage "Métaux, le nouvel or noir", paru en France (Editions du Rocher).

Côté raffinage, "dans le seul segment des batteries, la Chine raffine environ 67% du cobalt, 62% du lithium, 60% du manganèse, et 32% du nickel" mondial, soulignent-ils.

Pour le cobalt, elle produit environ 1% du minerai, mais elle participe à plus des deux tiers du raffinage mondial. Idem pour le cuivre, dont elle produit 8% du minerai mondial mais en raffine 41%.

La Russie de son côté a assuré 37% de la production mondiale de palladium en 2021, 13% du titane, 10% du platine, 9% du nickel, et 5% de l'aluminium mondial.

Le sommet de jeudi pourrait être "un premier pas visant à la création d'une agence dédiée", notamment autour de l'AIE et de la Banque mondiale, sous l'égide de l'ONU ou du G20, estiment les deux experts.

"Fonder une agence internationale sur les minerais et les métaux ouvrirait un espace de dialogue entre pays producteurs et consommateurs", soulignent-ils, et permettrait "d'imposer des critères de gouvernance sociale et environnementale dans les principales zones de production".


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.