Libye: report d'une conférence «internationale» pour la reconstruction de Derna

Un ouvrier nettoie une maison touchée par des inondations mortelles, à Derna, en Libye, le 28 septembre 2023. (Reuters)
Un ouvrier nettoie une maison touchée par des inondations mortelles, à Derna, en Libye, le 28 septembre 2023. (Reuters)
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Publié le Dimanche 01 octobre 2023

Libye: report d'une conférence «internationale» pour la reconstruction de Derna

  • Accueillie avec scepticisme par la communauté internationale, la conférence initialement prévue le 10 octobre a été reportée aux 1er et 2 novembre, pour des raisons «logistiques»
  • L'émissaire de l'ONU en Libye a de son côté réclamé jeudi à Bruxelles un contrôle des fonds destinés à l'aide et la reconstruction, lors de consultations avec la Commission européenne

BENGHAZI: Les autorités de l'Est de la Libye ont annoncé dimanche le report à début novembre d'une conférence "internationale" pour la reconstruction de la ville de Derna dévastée par les inondations meurtrières du 10 septembre, dans un pays gouverné par deux administrations rivales et rongé par la corruption.

Accueillie avec scepticisme par la communauté internationale, la conférence initialement prévue le 10 octobre a été reportée aux 1er et 2 novembre, a annoncé le comité préparatoire dans un communiqué, invoquant des raisons "logistiques".

Le comité veut "donner le temps nécessaire aux sociétés et bureaux d'études pour préparer leurs projets". Le report a été décidé à la demande des maires des communes sinistrées et des compagnies qui ont manifesté leur intérêt de participer, a précisé Saqr al-Jibani, le chef de ce comité.

Pourtant non reconnu internationalement, l'exécutif basé dans l'Est du pays avait appelé dans un premier temps l'ensemble de la "communauté internationale" à participer à la conférence.

Il a toutefois revu ses ambitions à la baisse cette semaine, affirmant que la réunion serait "ouverte aux entreprises internationales" et libyennes.

Les Etats-Unis semblent avoir déjà choisi de bouder le rendez-vous, estimant vendredi que la "proposition" d'organiser une conférence sur la reconstruction (...) le 10 octobre serait beaucoup plus efficace si elle était menée conjointement et de manière inclusive", selon un communiqué de l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Richard Norland.

Washington "continuera à travailler avec les responsables libyens dans tout le pays et avec les Nations unies pour appuyer un programme de reconstruction dans lequel les Libyens auront confiance", a-t-il ajouté en appelant à la mise en place de "structures unifiées (...) plutôt que de lancer des initiatives séparées".

Un «revers prévisible»

Le report de la conférence de Derna est perçu comme un "revers largement prévisible pour les factions de l'Est de la Libye qui ont maintenant la confirmation qu'elles seront contraintes de travailler d'une manière ou d'une autre avec les autorités de l'Ouest", a réagi Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye auprès de l'institut britannique Royal United Services (RUSI).

Le pays est gouverné par deux exécutifs rivaux: l'un à Tripoli (ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnue par l'ONU, l'autre dans l'Est, incarné par le Parlement et affilié au camp du maréchal Khalifa Haftar.

Illustrant le chaos institutionnel dans le pays, c'est le gouvernement de M. Dbeibah qui a annoncé dimanche la reprise des cours dans 15 communes sinistrées dans l'Est du pays, ajoutant avoir alloué plus de 92 millions de dinars (environ 18 millions d'euros) pour l'entretien de 117 établissements scolaires endommagés par les inondations.

Le chef du Parlement, Aguila Salah, a appelé de nouveau à la formation d'un gouvernement unifié pour préparer l'élection présidentielle, en accueillant samedi des dignitaires de l'Ouest et du Sud du pays, selon une vidéo publiée dimanche par son porte-parole Abdallah Bliheg.

Craintes de corruption 

Le gouvernement de l'Est de la Libye a multiplié les annonces sur le financement de la reconstruction de Derna et le dédommagement des sinistrés, suscitant des craintes de corruption et de mauvaise gestion des fonds.

Il a ainsi indiqué vendredi qu'il commencerait, dans les prochains jours, à indemniser les habitants touchés par les inondations provoquées par la tempête Daniel, distribuant des chèques aux maires des communes sinistrées, photos à l'appui.

Il a annoncé aussi cette semaine la création d'un fonds pour reconstruire la ville de Derna, frappée de plein fouet par les inondations, sans préciser comment ce fonds serait financé.

L'émissaire de l'ONU en Libye, Abdoulaye Bathily, a de son côté réclamé jeudi à Bruxelles un contrôle des fonds destinés à l'aide et la reconstruction, lors de consultations avec la Commission européenne.

Les inondations, provoquées par la tempête Daniel et amplifiées par la rupture de deux barrages en amont de Derna, ont fait 3.893 morts, selon un dernier bilan provisoire du gouvernement de l'Est.


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.