Biden s'évertue à rassurer sur le soutien américain à l'Ukraine

Le président américain Joe Biden fait une déclaration sur le projet de loi de financement provisoire du gouvernement adopté par la Chambre des représentants et le Sénat pour éviter une fermeture du gouvernement à la Maison Blanche à Washington, le 1er octobre 2023. (Reuters)
Le président américain Joe Biden fait une déclaration sur le projet de loi de financement provisoire du gouvernement adopté par la Chambre des représentants et le Sénat pour éviter une fermeture du gouvernement à la Maison Blanche à Washington, le 1er octobre 2023. (Reuters)
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Publié le Mercredi 04 octobre 2023

Biden s'évertue à rassurer sur le soutien américain à l'Ukraine

  • Le président américain a organisé une conférence téléphonique pour «coordonner la suite de l'aide à l'Ukraine»
  • Il a assuré qu'il restait «optimiste à propos de la poursuite du soutien des deux partis (américains) et des deux chambres» du Congrès américain à Kiev, selon John Kirby

WASHINGTON : Joe Biden s'est employé mardi à rassurer les alliés des Etats-Unis sur la pérennité du soutien américain à l'Ukraine, qui dépend de l'issue de discussions budgétaires pour le moins chaotiques.

Le président américain a organisé une conférence téléphonique pour "coordonner la suite de l'aide à l'Ukraine", a fait savoir la Maison Blanche dans un court communiqué.

Il a assuré qu'il restait "optimiste à propos de la poursuite du soutien des deux partis (américains) et des deux chambres" du Congrès américain à Kiev, selon John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen Charles Michel, le chancelier allemand Olaf Scholz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre japonais Fumio Kishida, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, le président polonais Andrzej Duda, le président roumain Klaus Iohannis, le Premier ministre britannique Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères française Catherine Colonna ont participé à l'échange.

Jens Stoltenberg a évoqué, sur le réseau social X (anciennement Twitter), une "bonne conversation" et ajouté: "Nous promettons de soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra".

La cheffe du gouvernement italien a elle expliqué, dans un communiqué, que Joe Biden avait "tenu à rassurer les alliés sur la poursuite du soutien américain à l'Ukraine, y compris à la suite des récentes décisions du Congrès".

«Fermeté»

Une source diplomatique française a dit que "le coup de fil s'était monté très rapidement", et ajouté que Catherine Colonna avait "réitéré la fermeté de (l')engagement français auprès des Ukrainiens".

"C'était la tonalité générale de l'échange", a indiqué cette source.

Dans le même temps, la Maison Blanche maintient la pression sur la scène politique nationale.

"Le temps joue contre nous", a dit John Kirby lors d'une conférence de presse mardi, en évoquant notamment la nécessité de soutenir les forces armées ukrainiennes alors qu'approche l'hiver.

Il a estimé que l'aide américaine pourrait encore durer "quelques mois" si le Congrès ne votait pas de nouveau financement.

Le Pentagone a abondé dans son sens tout en pressant le Congrès d'assurer la poursuite de l'aide américaine.

"Nous avons suffisamment de capacités de financement pour répondre aux besoins de l'Ukraine sur le champ de bataille pendant encore un peu plus longtemps mais nous avons besoin que le Congrès agisse pour garantir qu'il n'y ait pas d'interruption de notre soutien", a déclaré la porte-parole adjointe du Pentagone, Sabrina Singh.

Le Congrès américain, composé du Sénat actuellement à majorité démocrate et de la Chambre des représentants, dispose d'environ un mois et demi pour adopter un budget annuel, lequel devrait comporter une nouvelle enveloppe pour financer le soutien militaire et humanitaire à l'Ukraine.

Jusqu'ici, la Maison Blanche évalue à 24 milliards de dollars la rallonge nécessaire pour continuer de soutenir l'effort de guerre ukrainien.

Remous parlementaires

En réalité, l'Etat fédéral américain aurait dû être doté d'un nouveau budget depuis le 1er octobre, mais de très fortes tensions au sein de la majorité républicaine à la Chambre des représentants ont rendu tout vote impossible.

La situation s'est encore compliquée avec un risque de destitution du patron conservateur de la Chambre, Kevin McCarthy.

Les Etats-Unis sont les grands pilotes de la coalition occidentale qui s'est montée pour faire face à la Russie, et aussi - de loin - les premiers fournisseurs d'aide à l'Ukraine, sous forme d'armement lourd et sophistiqué.

Le conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, Jake Sullivan, évaluait récemment à 47 milliards de dollars le montant de l'assistance militaire fournie à Kiev depuis l'invasion par la Russie, une somme à laquelle s'ajoute un soutien budgétaire direct de "1 à 1,5 milliard de dollars" transitant par la Banque mondiale, et une dizaine de milliards de dollars en aide humanitaire.

Le Kiel Institute for the World Economy, un institut allemand qui tient le compte des aides versées à l'Ukraine, estime que les Etats-Unis ont consacré jusqu'ici un peu moins de 75 milliards de dollars au pays.

Cela en fait le premier contributeur mondial en valeur absolue, et le 13e si l'on rapporte la somme au Produit intérieur brut (0,3%).


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
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  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.

 

 


Guerre au Moyen-Orient: prochaine réunion des chefs de diplomatie du Pakistan, Arabie saoudite, Turquie et Egypte

Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
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  • Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions"
  • Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion

ISLAMABAD: Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais.

Conservant des liens tant avec l'Iran qu'avec les Etats-Unis, de même que de nombreux contacts avec les pays du Golfe, le Pakistan est apparu ces derniers jours comme un possible facilitateur de négociations entre les deux camps de la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a un mois.

Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions dans la région", a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale pakistanaise. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty est arrivé à Islamabad samedi.

Selon la présidence iranienne, M. Pezeshkian a a salué les efforts de médiation d’Islamabad et "a remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à stopper l’agression contre la République islamique".

Les deux hommes s'étaient déjà entretenus ces dernières semaines à propos du conflit et de l'intermédiation du Pakistan.

"J’ai réitéré la ferme condamnation par le Pakistan de la poursuite des attaques israéliennes contre l’Iran, y compris les frappes récentes visant les infrastructures civiles, et j’ai exprimé la solidarité du Pakistan avec le vaillant peuple iranien", a écrit sur X. M. Sharif à propos de son appel au président iranien.

"Je l’ai informé des efforts diplomatiques en cours du Pakistan — impliquant les États-Unis ainsi que des pays frères du Golfe et du monde islamique — afin de faciliter le dialogue et la désescalade", a-t-il ajouté.

L’Égypte a confirmé la tenue des discussions de dimanche et lundi.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait évoqué dès vendredi la possibilité d'une réunion des quatre chefs de diplomatie.

"Initialement, nous avions prévu de tenir cette réunion en Turquie (...) entre la Turquie, le Pakistan, l'Égypte et l'Arabie saoudite. Cependant, nos homologues pakistanais étant tenus de rester dans leur pays, nous avons déplacé la réunion au Pakistan. Il est possible que nous nous y réunissions ce week-end", avait-il déclaré sur la chaîne privée turque A Haber.

Si Téhéran refuse d'admettre des "discussions" avec les Etats-Unis, les Iraniens ont transmis "officiellement", via le médiateur pakistanais, une réponse à un plan américain en 15 points, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse iranienne Tasnim.

L'émissaire américain Steve Witkoff a affirmé vendredi espérer que des réunions entre l'Iran et Washington se dérouleraient dans la semaine afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.