L'Espagne à l'assaut de l'espace avec le lancement de sa première fusée privée

Vue du lancement de la fusée espagnole MIURA 1 à Medano del Loro, à Mazagon, Espagne, prise le 7 octobre 2023. La fusée espagnole MIURA 1 de PLD Space a été lancée avec succès, atteignant l'état d'ingravité. (AFP).
Vue du lancement de la fusée espagnole MIURA 1 à Medano del Loro, à Mazagon, Espagne, prise le 7 octobre 2023. La fusée espagnole MIURA 1 de PLD Space a été lancée avec succès, atteignant l'état d'ingravité. (AFP).
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Publié le Samedi 07 octobre 2023

L'Espagne à l'assaut de l'espace avec le lancement de sa première fusée privée

  • Ce tir inaugural, retransmis en direct, a eu lieu à 02H19 (00H19 GMT) depuis une base militaire de la province de Huelva, en Andalousie
  • La fusée de 2,5 tonnes s'est élevée à son apogée à 46 kilomètres au-dessus du golfe de Cadix, soit suffisamment haut pour s'éloigner de l'atmosphère mais pas assez pour se mettre en orbite autour de la Terre

MADRID : Décollage réussi pour la première fusée privée espagnole: après plusieurs reports, la start-up PLD Space est parvenue samedi à faire voler depuis l'Andalousie son prototype Miura-1, première étape d'un mini-lanceur censé faire entrer l'Espagne dans le club des nations spatiales.

Ce tir inaugural, retransmis en direct, a eu lieu à 02H19 (00H19 GMT) depuis une base militaire de la province de Huelva, en Andalousie (sud). Il s'est déroulé "avec succès" et a permis d'attendre "tous les objectifs techniques" recherchés, a assuré l'entreprise dans un communiqué.

La fusée de 2,5 tonnes s'est élevée à son apogée à 46 kilomètres au-dessus du golfe de Cadix, soit suffisamment haut pour s'éloigner de l'atmosphère mais pas assez pour se mettre en orbite autour de la Terre.

Après cinq minutes de vol, elle a fini sa course comme attendu dans l'océan Atlantique, où l'entreprise a prévu de dépêcher une équipe pour récupérer l'appareil.

"Ce lancement est le fruit de plus de douze années de travail", a souligné le co-fondateur et PDG de PLD Space Raul Torres, en saluant un tir "historique". Avec ce vol, "l'Espagne devient le dixième pays au monde à disposer d'une capacité spatiale directe", insiste l'entreprise.

Le lancement de Miura-1, une fusée de 12 mètres de hauteur, avait été suspendu une première fois le 31 mai en raison de fortes rafales de vent en altitude, puis une deuxième fois le 17 juin, à cause d'un problème sur l'un des tuyaux d'alimentation en énergie.

Pour respecter la réglementation en matière de prévention des feux de forêt, dans un contexte de températures élevées et de forte sécheresse, PLD Space avait finalement annoncé le report à l'automne de ce vol suborbital, le premier de l'histoire de l'Espagne.

Course aux mini-lanceurs

La fusée Miura-1, qui fera l'objet d'un second vol, doit servir de première étape dans le développement de Miura-5, un mini-lanceur de deux étages et 35 mètres de haut conçu pour placer en orbite des satellites de moins de 500 kilos, selon PLD Space.

En vertu d'un accord signé avec le Centre national français d'études spatiales (CNES), ce mini-lanceur décollera du Centre spatial de Kourou, en Guyane française, et non plus de Huelva. D'après l'entreprise, 70% des composants mis au point pour Miura-1 seront utilisés pour Miura-5.

La start-up, qui se prépare à passer à l'échelle industrielle avec une usine capable de produire 50 moteurs par an et une seconde pouvant fabriquer cinq à six fusées par an, prévoit deux vols de démonstration en 2025 et une entrée en service commercial l'année suivante.

Il s'agit d'un calendrier "raisonnable", a expliqué récemment à l'AFP Raul Verdu, autre co-fondateur de PLD Space. "Nous ne voulons pas sous-estimer les défis posés par le lancement d'un satellite" car "si vous arrivez sur le marché et commencez à échouer, vous disparaissez", a-t-il expliqué.

A plus long terme, la start-up compte rendre Miura-5 réutilisable, en récupérant dans l'océan l'étage principal de la fusée, dont la retombée sera ralentie par un parachute. L'entreprise conçoit ces développements avec cette idée en tête mais n'en fait pas un prérequis.

Pour assurer cet essor, PLD Space table sur le soutien des pouvoirs publics, l'Espagne s'étant dotée en avril de sa propre agence spatiale, basée à Séville, pour s'affirmer dans ce secteur et ne plus se contenter des seuls programmes développés via l'Agence spatiale européenne (ESA).

La start-up, créée en 2011, a décroché une subvention de 40 millions d'euros dans le cadre du méga-plan de relance post-Covid. Elle précise disposer d'un carnet de commandes potentiel de 350 millions d'euros, mêlant clients commerciaux et missions institutionnelles.

Comme elle, plusieurs start-up européennes, dont l'allemande Isar Aerospace et la française Latitude, se sont lancées ces dernières années dans la course aux mini-lanceurs spatiaux, afin de répondre au marché en forte croissance de la mise en orbite de micro-satellites.

Face aux gros lanceurs comme le Falcon 9 (SpaceX) ou Ariane 6 (ArianeGroup), ces petites fusées offrent une flexibilité d'emploi: embarquant un seul satellite, elles peuvent être tirées rapidement pour répondre à un besoin urgent, remplacer un satellite défaillant ou compléter une constellation.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.