«On est de plus en plus colère»: à Paris, des juifs disent leur désarroi

Un policier français monte la garde devant une synagogue, deux jours après le renforcement des mesures de sécurité à proximité des temples et des écoles juives, dans le centre de Paris, le 9 octobre 2023. (Photo, AFP)
Un policier français monte la garde devant une synagogue, deux jours après le renforcement des mesures de sécurité à proximité des temples et des écoles juives, dans le centre de Paris, le 9 octobre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 12 octobre 2023

«On est de plus en plus colère»: à Paris, des juifs disent leur désarroi

  • Depuis mardi, l'indignation revient régulièrement parmi la communauté juive de France, évaluée à 500.000 personnes, la plus importante d'Europe
  • Devant un magasin Hypercacher de l'est de Paris, Nessod Azencot, 68 ans, témoigne de cette "sidération, qui augmente d'un jour à l'autre". "On est là, à attendre, collés devant la télé..." ajoute le retraité, rencontré mercredi

PARIS: "On est de plus en plus en colère": cinq jours après l'attaque du Hamas contre Israël, les juifs de France restent sous le choc, encore amplifié par l'annonce de massacres dans des kibboutz.

"Le choc s'accentue au fur et à mesure des images", affirme à l'AFP Joël Mergui, le président du Consistoire de Paris. "On a pris une grande gifle au début, on pensait qu'on se remettrait, et puis on voit la liste s'allonger, on comprend ce qui s'est passé..."

Devant un magasin Hypercacher de l'est de Paris, Nessod Azencot, 68 ans, témoigne de cette "sidération, qui augmente d'un jour à l'autre". "On est là, à attendre, collés devant la télé..." ajoute le retraité, rencontré mercredi, ses sacs de course à la main.

Le 7 octobre, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, des centaines de combattants du Hamas ont infiltré Israël pour tuer plus d’un millier de civils.

Nessod Azencot évoque aussi "le carnage" dans les kibboutz, celui "des bébés" tués. "On a dépassé un stade. La cruauté qu’ils ont montrée...", ajoute le retraité.

Il s'agit là d'une référence au kibboutz de Kfar Aza, même si, côté israélien, le ministère des Affaires étrangères israélien a assuré mercredi ne pas être en mesure "à ce stade" de confirmer le nombre de "40 bébés assassinés".

Depuis mardi, l'indignation revient régulièrement parmi la communauté juive de France, évaluée à 500.000 personnes, la plus importante d'Europe.

"On a affaire à des monstres", assure Carole Esther, 55 ans, selon qui "il faut terrasser ce groupe terroriste, qu'il ne puisse plus se relever".

Dans ce contexte le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pourrait bénéficier du soutien, parfois "par défaut", d'une partie des juifs de France, "pas en général, mais pour sa volonté de taper fort, pour éradiquer le Hamas" affirme Martine Cohen, sociologue au CNRS, en s'interrogeant: "Comment faire entendre une autre voix critique ?"

Israël a riposté à l'offensive en annonçant une guerre pour détruire les capacités du Hamas, pilonnant sans relâche la bande de Gaza et déployant des dizaines de milliers de soldats autour de l’enclave palestinienne et à sa frontière nord avec le Liban.

«Sauvagerie»

Ces derniers jours, beaucoup de voix juives ont parlé de pogrom, terme historiquement lié aux attaques commises visant les juifs dans la Russie du XIXe siècle.

Certains ont même dressé une comparaison avec l'Holocauste pendant la Seconde guerre mondiale, à l'instar de Benjamin Netanyahu qui a parlé d'"une sauvagerie jamais vue depuis la Shoah".

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi a également condamné un "immense pogrom, le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah".

A Paris, Philippe Touitou, 61 ans, approuve: "C'est pareil, c’est du massacre". En revanche Joëlle Loubaton, 57 ans, tique un peu devant cette comparaison: "Ce n'est pas justifié, par le nombre déjà..." même si "l'Histoire se répète, et la haine des juifs".

"Ce n'est pas la première fois que cette référence existe", souligne Martine Cohen, qui rappelle qu'"en 1967 (Guerre des Six jours, NDLR) on ne parlait pas de Shoah, on parlait de génocide, mais les Juifs craignaient déjà une disparition d’Israël. En 1973 (guerre du Kippour) aussi d'ailleurs".

Si une comparaison avec la Shoah est établie, c'est selon elle surtout "pour la cruauté des actes" recensés lors de l’attaque la plus meurtrière depuis la création d’Israël il y a 75 ans: 1.200 morts en Israël (essentiellement des civils) selon Tsahal, et côté palestinien 1.055 décès, d'après les autorités de Gaza.

Alors que certains redoutent des répercussions en France, la sécurité a été renforcée. Quelque "500 lieux" (écoles, synagogues...) "sont désormais protégés par 10.000 policiers et gendarmes", a assuré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Le ministre a affirmé jeudi qu'il y avait eu "plus d'une centaine d'actes antisémites" en France depuis l'attaque de samedi contre Israël, allant de tags à des insultes contre la communauté juive.

Il a toutefois ajouté que "pour les services de renseignement, il n'y a pas dans les quartiers, dans la rue" de signe d'importation du conflit en France.

Pour autant, certains s'inquiètent.
"Quand il y a eu le Bataclan (le massacre de près d'une centaine de personnes dans cette salle de concert parisienne par des islamistes en 2015 ndlr), il n'y avait aucun conflit qui pouvait être importé. C'était juste une généralisation de la haine barbare islamiste radicale", souligne Joël Mergui.

Les islamistes "ne vont pas agir maintenant, pour le moment ils sont gagnants", estime Carole Esther. "Mais dès l’instant où Israël va occuper Gaza, c’est là que ça va flamber", s'inquiète Nessod Azencot.


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.