A Marrakech, beaucoup de paroles mais peu d'actes pour l'Afrique de la part du FMI et de la BM

Un piéton passe devant un panneau publicitaire annonçant les réunions annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, du côté du siège du Fonds monétaire international à Washington DC, le 5 octobre 2023. (AFP)
Un piéton passe devant un panneau publicitaire annonçant les réunions annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, du côté du siège du Fonds monétaire international à Washington DC, le 5 octobre 2023. (AFP)
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Publié le Samedi 14 octobre 2023

A Marrakech, beaucoup de paroles mais peu d'actes pour l'Afrique de la part du FMI et de la BM

  • La directrice générale du FMI a répété l'importance qu'elle donnait à l'Afrique dans le développement de l'économie mondiale à l'avenir: «un XXIe siècle prospère nécessite une Afrique prospère»
  • Le FMI devrait s'entendre pour créer un 25e siège à son conseil d'administration, et en faire le 3e pour l'Afrique sub-saharienne, une mesure qui deviendra effective dans un an, rejoignant la BM qui en a fait de même dès 2014

MARRAKECH: Beaucoup de conversations au sujet de l'Afrique mais au total peu d'avancées concrètes, tel pourrait être le bilan des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), qui se tiennent depuis lundi à Marrakech (Maroc).

Des réunions hautement symboliques puisqu'elles étaient les premières à être organisées sur le continent depuis 50 ans, autant dire qu'il était nécessaire pour les organisateurs de rappeler que l'Afrique était bien au centre des préoccupations.

Dès ses premières prises de parole, la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, a répété l'importance qu'elle donnait à l'Afrique dans le développement de l'économie mondiale à l'avenir: "un XXIe siècle prospère nécessite une Afrique prospère", a-t-elle martelé.

"Si nous ne réussissons pas à construire des ponts entre le capital, concentré principalement dans le Nord, et les jeunes gens qui sont concentrées principalement dans le Sud-est et tout particulièrement en Afrique, nous n'y arriverons pas", a déclaré Mme Georgieva.

Dès lors, il importait aux institutions internationales d'apporter des garanties au continent, de lui montrer qu'elles sont à l'écoute et n'oublient pas leurs préoccupations.

L'une de celles exprimées en amont des réunions étaient de voir le financement climatique prendre le dessus sur la lutte contre la pauvreté, question qui reste essentielle sur un continent qui concentre encore une part prépondérante de la population la plus pauvre dans le monde et est régulièrement confronté aux crises humanitaires.

Une situation qui a poussé durant la semaine les pays en développement, regroupés au sein du G24 à demander "annulation de la dette des pays les plus vulnérables et les plus pauvres dont la majeure partie de la dette est due aux banques multilatérales de développement et au FMI", par la voix de son président, le ministère de l'Economie ivoirien Adama Coulibaly.

A défaut de répondre à leur demande, les institutions veulent montrer qu'elles tiennent compte des pays africains.

Continent sous tension économique 

Le FMI devrait s'entendre pour créer un 25e siège à son conseil d'administration, et en faire le 3e pour l'Afrique sub-saharienne, une mesure qui deviendra effective dans un an, rejoignant la BM qui en a fait de même dès 2014.

Mais les actions concrètes manquent encore, et en particulier sur la question de l'endettement, alors que plus d'une vingtaine de pays sont confrontés ou tout près de basculer dans une crise de la dette.

Dans certains pays de la région, le service de la dette représente plus de 40% du budget de l'Etat, un niveau intenable alors que les défis les plus élémentaires, comme assurer un accès à l'eau potable et l'énergie, nécessitent d'importants investissements.

Or les négociations de restructuration sont souvent compliquées, du fait d'intérêts divergents entre créanciers, en particulier la Chine et les membres du Club de Paris, qui regroupe surtout les pays occidentaux.

"Si vous combinez ce que l'on dépense en salaires pour nos agents publics et le service de cette dette, cela représente plus de 90% des taxes collectées", expliquait ainsi jeudi le ministre des Finances zambien, Situmbeko Musokotwane, alors que son pays tente de finaliser un protocole d'accord avec ses créanciers bilatéraux pour restructurer sa dette.

Plus encore, les Etats africains ont parfois le sentiment que les ressources se libèrent plus facilement dans certains cas, à l'image de l'Ukraine, qui a disposé de près de 20 milliards de dollars de la part de la BM depuis le début de l'invasion russe.

Le FMI de son côté, a signé avec le gouvernement ukrainien fin mars un plan d'aide de 15,6 milliards de dollars, dans le cadre d'un plan plus large, impliquant notamment les pays du G7 et l'Union européenne (UE), pour un montant total de 115 milliards de dollars.

"Tout le monde admet qu'il est important d'aider financièrement l'Ukraine mais dans certains pays, il y a le sentiment que l'urgence est tout aussi importante chez eux sans qu'elle ne soit prise en compte de la même manière", a déclaré aussi à l'AFP le représentant d'un pays africain, présent aux réunions.

En attendant, l'Afrique continue de connaître une situation économique difficile. Début octobre, la BM alertait sur le risque d'une "décennie perdue" pour le continent, alors que la croissance du PIB par habitant devrait être quasiment stable entre 2015 et 2025.

Le rapport régional pour l'Afrique sub-saharienne du FMI, publié vendredi, pointe lui une croissance d'à peine plus de 3% (3,3%) en 2023, pour la deuxième année consécutive, avant de remonter à 4% en 2024, alors que l'inflation reste supérieure à 10% dans une quinzaine de pays africains.


L'économie du premier État saoudien a jeté les bases de la stabilité moderne

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
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  • Le commerce a repris dans la péninsule arabique, selon un historien
  • La ville de Diriyah est considérée comme un centre politique et commercial de premier plan

RIYAD: L'économie du premier État saoudien a servi de pilier fondamental à la construction de la nation, à la consolidation de son influence et à la garantie de sa stabilité, a récemment rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les principales caractéristiques de cette économie sont décrites dans le livre "Diriyah : Origins and Development during the First Saudi State", du Dr Abdullah Al-Saleh Al-Othaimeen, a rapporté la SPA.

Les mesures prises à l'époque ont permis d'assurer la sécurité, d'unifier les régions et d'organiser la société. Cela a permis de stimuler le commerce, de stabiliser les marchés et d'améliorer la vie à Diriyah et dans les régions avoisinantes.

arabie saoudite

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenu un centre économique dynamique. (SPA)


L'ouvrage, publié par la Fondation du roi Abdulaziz pour la recherche et les archives, explique comment ces actions ont facilité l'arrivée des caravanes, sécurisé de vastes routes commerciales et relancé le commerce dans toute la péninsule arabique.

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. Ses marchés attiraient des marchands et des étudiants de toute la région.

La communauté locale s'appuyait sur diverses activités, notamment le commerce, l'agriculture et l'élevage, les chevaux et les chameaux jouant un rôle crucial dans le transport, le commerce et la sécurisation des routes.

La croissance économique au cours de cette phase de fondation "a consolidé la position de Diriyah en tant que centre politique et commercial de premier plan dans la péninsule arabique", a rapporté l'APS


EDF dévoile ses résultats à l'orée d'une année 2026 décisive

Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
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  • EDF affiche des performances robustes grâce au rebond du nucléaire et à un bénéfice record en 2024, mais reste confronté à une dette élevée, à des besoins d’investissements massifs et à une consommation d’électricité en berne
  • Sous l’impulsion de Bernard Fontana, le groupe mise sur la relance des réacteurs (programme EPR2), la maîtrise des coûts et des investissements « sélectifs », tout en maintenant la stabilité des tarifs pour les ménages en 2026

PARIS: Consommation d'électricité en berne, relance du nucléaire, priorité à l'efficacité: le géant électricien EDF dévoile vendredi ses résultats annuels 2025, à l'orée d'une année 2026 pleine de défis financiers et industriels pour l'entreprise publique.

A quelques semaines du 80e anniversaire de la naissance d'EDF, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Bernard Fontana, qui a pris les rênes du groupe il y a dix mois, s'apprête à présenter des résultats solides, fort de la "remontada" de la production nucléaire depuis 2023 et malgré la décrue des prix de l'électricité sur les marchés après la crise énergétique.

En 2024, le groupe avait engrangé un bénéfice record de 11,4 milliards d'euros, peu avant l'éviction de son PDG Luc Rémont, en désaccord avec l'Etat, et la nomination en mai 2025 par l'Elysée du discret patron de l'équipementier Framatome, filiale d'EDF.

Face à une pile de dossiers brûlants, Bernard Fontana s'est fixé comme priorités de pacifier les relations avec les industriels sur le prix de l'électricité, enjeu majeur pour leur compétitivité, et de poursuivre la hausse de la production nucléaire.

Au passage, il aura aussi évité l'écueil de la sortie début 2026 du mécanisme de tarification très avantageuse du nucléaire, grâce au recul des cours sur les marchés de gros: les factures des ménages resteront stables en 2026.

En parallèle, EDF et l'Etat se sont entendus sur le partage du financement du nouveau programme de construction de réacteurs nucléaires EPR2. Sous réserve du feu vert de Bruxelles, EDF pourrait annoncer en fin d'année sa décision officielle d'investir pour six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique de la France.

Sa publication, la semaine dernière, a mis fin au moins pour un temps aux atermoiements politiques sur la place du nucléaire et des renouvelables: à rebours de la précédente qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, cette nouvelle mouture confirme la priorité donnée à l'atome, tout en préservant l'éolien et solaire, plus faciles et rapides à déployer.

Du côté de l'hydraulique, l'horizon se dégage avec l'adoption par les députés d'une proposition de loi visant à relancer les investissements bloqués depuis des années en raison de différends juridiques avec Bruxelles.

- "Sélectifs" -

Mais de nombreux défis financiers, industriels et humains demeurent.

Le groupe est encore lesté d'une dette abyssale (54,3 milliards d'euros à fin 2024), à l'heure où il doit engager 25 milliards d'euros d'investissements par an, et jusqu'à 460 milliards d'ici 2040, selon la Cour des comptes.

Si bien que Bernard Fontana a fait des économies et de l'efficacité ses lignes directrices. Pour ce faire, le dirigeant à la réputation de "cost-killer" prévoit un plan d'un milliard d'euros par an d'économies sur les frais généraux d'ici 2030, en simplifiant l'organisation, ce qui inquiète les salariés.

"Il s'attaque en premier lieu aux fonctions support, pourtant essentielles afin de décharger le travail du personnel dit +opérationnel+... On sent plus une logique guidée par des économies rapides et à tout va plutôt que par un réel retour à plus de sens au travail et de reconnaissance des agents", a déploré Thomas Plancot, de la CGT.

Une formule que le PDG répète à l'envi résume sa priorité: "le lead time", soit une réduction du temps de réalisation des opérations ou des processus. Place "à l'opérationnel et au terrain" et à la simplification, et moins de "réunions préparatoires pour préparer des réunions", résume une source proche de la direction.

Parallèlement, la cession d'actifs dans les énergies renouvelables aux Etats-Unis, conformément à son objectif d'investissements "sélectifs" à l'international, et l'ouverture du capital d'Edison en Italie, pourraient lui redonner quelques marges de manœuvre.

Car pour investir, EDF va devoir composer, non seulement avec des prix en baisse, mais avec une consommation d'électricité qui patine, en attendant un grand plan d'électrification du gouvernement pour accélérer le transfert des consommations d'énergies fossiles importées et coûteuses vers l'électricité.

Fort de sa production décarbonée, EDF s'efforce de conquérir de nouveaux clients, parmi les particuliers (voitures électriques, pompes à chaleur), dans les entreprises et parmi les grands industriels qui recherchent de la visibilité à long terme et bientôt dans les centres de données, très gourmands en électricité.


E. Leclerc: hausse de 2,4% des ventes en 2025

Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
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  • Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U
  • E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire

PARIS: Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an.

Depuis 2020, son chiffre d'affaires a bondi de près d'un quart, indique Leclerc, soit un gain de près de 12 milliards d'euros et 5 points de parts de marché en 5 ans, se targue-t-il, selon des chiffres reçus dimanche par l'AFP.

En 2024, le chiffre d'affaires avait augmenté de 2,6% pour atteindre 49,9 milliards d'euros.

"L'écart avec nos concurrents se resserre, mais ils ne sont pas près de nous rattraper", a estimé dans le quotidien économique Les Echos le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc.

Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U.

E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire.

Par ailleurs, "nous avons identifié un potentiel de 600 magasins de proximité que l'on ouvrira d'ici à 2030", a relaté aux Echos Michel-Edouard Leclerc, évoquant l'existence actuelle d'une centaine de E. Leclerc Express, avec "différents formats, qui vont de 300 à 1.000 m2".

Sur leurs objectifs pour 2030, "cela inclut des grandes métropoles - Paris n'est pas forcément notre priorité, car les espaces sont rares et très disputés".

"Il faut ajouter les centres-villes délaissés, les petites villes, mais aussi les villages. Pour ces derniers, les drives piétons et les camions E. Leclerc se révèlent une très bonne option", a-t-il ajouté.

E. Leclerc, comme Intermarché ou Système U en France, est un groupement de magasins indépendants, où les patrons de magasins ont plus de marge de manoeuvre que dans les groupes dits intégrés, comme Carrefour ou Auchan par exemple.

C'est la raison pour laquelle ces groupements ne communiquent que sur leurs ventes, pas sur leurs résultats nets qui dépendent des orientations et de la situation financière de chacun des membres.