Professeur tué en France: Macron demande de passer au peigne fin le fichier des radicalisés expulsables

Des personnes déposent un bouquet de fleurs alors qu'elles se rassemblent avec les autorités locales pour rendre hommage à la place des Héros à Arras, dans le nord-est de la France, le 15 octobre 2023, deux jours après qu'un enseignant a été tué et deux autres personnes ont été gravement blessées le 13 octobre, lors d'une attaque au couteau au lycée Gambetta. (AFP).
Des personnes déposent un bouquet de fleurs alors qu'elles se rassemblent avec les autorités locales pour rendre hommage à la place des Héros à Arras, dans le nord-est de la France, le 15 octobre 2023, deux jours après qu'un enseignant a été tué et deux autres personnes ont été gravement blessées le 13 octobre, lors d'une attaque au couteau au lycée Gambetta. (AFP).
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Publié le Lundi 16 octobre 2023

Professeur tué en France: Macron demande de passer au peigne fin le fichier des radicalisés expulsables

  • Le chef de l'Etat compte s'assurer qu'il n'y ait pas eu "d'oubli" dans l'examen des procédures visant les personnes dites "fichées S"
  • Un hommage doit être rendu lundi à ce professeur avec une minute de silence dans toutes les écoles de France

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a demandé aux autorités de passer au peigne fin le fichier des personnes radicalisées susceptibles d'être expulsées du pays, à la suite d'un attentat islamiste ayant coûté la vie à un enseignant vendredi, a annoncé la présidence lundi.

Le chef de l'Etat compte s'assurer qu'il n'y ait pas eu "d'oubli" dans l'examen des procédures visant les personnes dites "fichées S", suspectées de constituer une menace potentielle pour la "sûreté de l'Etat", a-t-on précisé de même source.

Cette annonce survient après l'assassinat d'un professeur de français poignardé vendredi devant un collège-lycée d'Arras (nord) par un ex-élève radicalisé de 20 ans de nationalité russe et fiché pour sa radicalisation dans un établissement scolaire.

Un hommage doit être rendu lundi à ce professeur avec une minute de silence dans toutes les écoles de France.

M. Macron souhaite aussi que ses ministres "incarnent un Etat impitoyable envers tous ceux qui portent la haine et des idéologies terroristes", a dit un conseiller à des journalistes.

 

L'école restera un «  sanctuaire » et un « rempart contre l’obscurantisme », assure Macron

L'école restera un "rempart contre l’obscurantisme" et "un sanctuaire pour nos élèves et pour tous ceux qui y travaillent", a assuré lundi Emmanuel Macron dans un message sur X aux "professeurs, chefs d’établissements, personnels de l’Education nationale et des collectivités territoriales" et aux "élèves de France".

Dans ce message sur X (ex-Twitter) posté avant la reprise des cours, le chef de l'Etat salue la mémoire de Dominique Bernard, "assassiné parce qu’il était enseignant" et au comportement "héroïque", ce qui "fait tragiquement écho à l'assassinat de Samuel Paty, voilà trois ans jour pour jour".

Vendredi, "alors qu’il tentait de protéger ses élèves, il est tombé sous les coups du terrorisme islamiste. Un professeur d’éducation physique et sportive, un agent d’entretien et le chef de l’équipe technique de l’établissement ont également été blessés, prix de leur courage", rappelle Emmanuel Macron.

"Je sais que ce matin, vous pensez à lui. Je sais aussi que vous pensez au sens même de votre métier, et aux ressorts nécessaires pour tenir. Si je m’adresse à vous, c’est pour vous assurer à tous que nous nous tenons à vos côtés. Que la Nation qui doit tant à l'Education nationale est là pour vous. Debout", écrit-il.

"Les terroristes le savent: il n’y a pas de République sans école, sans l’apprentissage patient dans vos salles de classe de l’esprit critique et des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité qui forgent les citoyens", ajoute-t-il.

"Il n’y a pas non plus de Nation française sans école, sans l’enseignement de notre histoire, de notre langue, d’une certaine idée de l’homme", affirme-t-il.

"Nous continuerons d’agir pour que notre école demeure un sanctuaire pour nos élèves et pour tous ceux qui y travaillent. Plus forte que la peine, la douleur et le chagrin, l’école doit rester ce rempart contre l’obscurantisme. Elle le restera", promet-il.

"Car à la haine aveugle, nous opposerons toujours l’inextinguible soif d’enseigner. La soif d’apprendre. La soif de vivre libre", conclut-il.

 

Dans une circulaire, le ministère de l'Intérieur ordonne à tous les préfets du pays de réunir sous 48 heures les groupes départementaux d'évaluation de la radicalisation créés en 2014 pour "réexaminer dans le détail" tous "les cas individuels", "notamment dès lors qu'il s'agit d'étrangers en situation irrégulière", a expliqué la présidence française.

Il s'agit de "s'assurer que toutes les personnes radicalisées qui sont expulsables l'ont bien été ou d'accélérer les procédures", et de "revérifier qu'il n'y a aucun oubli et qu'on est bien allés au maximum de la procédure".

L'idée est notamment de voir s'il est possible d'obtenir un laisser-passer consulaire dans les cas où cela n'a pas été possible jusqu'ici, notamment s'agissant de la Russie où le dialogue en la matière, et donc les expulsions, sont de facto à l'arrêt depuis la guerre en Ukraine.

Né en Russie et originaire de la république fédérale d'Ingouchie, l'assaillant d'Arras, fiché S, était suivi depuis peu par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Son père a été expulsé en 2018 pour radicalisation et son frère aîné est incarcéré pour sa participation à un projet d'attentat visant l'Elysée.

En 2014, la famille de l’assaillant avait été visée par une procédure d’expulsion, finalement annulée.

Outre la circulaire aux préfets sur les radicalisés, le ministère de l'Intérieur a aussi été invité à étudier une "approche spécialisée pour les jeunes hommes originaires du Caucase sur la tranche 16-25 ans".

L'assaillant d'Arras tout comme celui qui avait assassiné et décapité un professeur il y a trois ans près de Paris sont originaires de cette région.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).