Les funérailles de Dominique Bernard ont débuté à Arras, sous haute surveillance

Des riverains se rassemblent devant la mairie d'Arras le jour des funérailles du professeur Dominique Bernard, poignardé à mort par un ancien élève, à Arras, dans le nord de la France, le 19 octobre 2023. (Photo, AFP)
Des riverains se rassemblent devant la mairie d'Arras le jour des funérailles du professeur Dominique Bernard, poignardé à mort par un ancien élève, à Arras, dans le nord de la France, le 19 octobre 2023. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 19 octobre 2023

Les funérailles de Dominique Bernard ont débuté à Arras, sous haute surveillance

  • Le chef de l'Etat Emmanuel Macron, son épouse Brigitte et le ministre de l'Éducation Gabriel Attal assistent à la cérémonie, présidée par l'évêque d'Arras Mgr Olivier Leborgne
  • Dominique Bernard, mort à 57 ans, a été nommé au grade de chevalier de la Légion d'honneur par la présidence de la République, selon un décret paru jeudi au Journal officiel

ARRAS: Dominique Bernard "n'aimait pas la foule et les honneurs" mais cet enseignant poignardé à mort par un ancien élève devant son collège-lycée d'Arras lors d'un attentat jihadiste qui a placé la France en état d'alerte, a été enterré en grande pompe jeudi devant plusieurs centaines de personnes.

"Sensible et discret, il n'aimait pas le bruit et la fureur du monde. Il aimait profondément ses filles, sa mère et sa soeur. Nous nous aimions", a déclaré son épouse Isabelle, elle aussi enseignante, devant un millier de personnes présentes dans la cathédrale d'Arras. Parmi elles, le chef de l'Etat Emmanuel Macron, son épouse Brigitte et le ministre de l'Éducation Gabriel Attal.

"Il n'aimait pas la foule et les honneurs, les cérémonies, qu'il avait en horreur", a-t-elle ajouté, égrainant la liste des nombreux artistes qu'il appréciait, de Gracq à Baudelaire en passant par Kubrick et Le Titien.

La cérémonie, présidée par l'évêque d'Arras Mgr Olivier Leborgne, a été retransmise sur grand écran sur une place du centre-ville, devant près de 600 personnes selon la préfecture du Pas- de-Calais, certaines enlacées avec leurs proches, d'autres une rose blanche a la main. Une photo de l'enseignant était affichée sur la façade de l'hôtel de ville.

"Nous sommes désemparés, mais ensemble. Nous sommes là, abasourdis, mais refusant de nous laisser écraser", a lancé l'évêque.

"Ta silhouette, je la vois dans la salle des profs, je vois ta chemise, toujours, le gobelet que tu tiens, ton sourire malicieux parce que tu as un truc marrant à dire", a poursuivi une collègue, Aurélie.

«Belle personne»

Tué à 57 ans,Dominique Bernarda été élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur par la présidence de la République, selon un décret paru jeudi au Journal officiel. Le chef de l'Etat s'est entretenu avec sa famille avant la cérémonie.

De nombreux bouquets de roses avaient été déposés sur le parvis de la cathédrale, où le cercueil a été accueilli par une trentaine d'enseignants et agents du collège-lycée Gambetta, théâtre du drame.

"M. Bernard était gentil, passionné, il aimait nous faire découvrir la littérature, il avait toujours des petites choses en plus à nous dire sur les auteurs qu'il nous présentait", témoigne, la voix tremblante, Maxime, un de ses anciens élèves, qui a suivi la cérémonie devant le grand écran, accompagné de sa mère.

Mattheo Tenti, 18 ans, qui l'a eu comme enseignant en terminale, décrit "un prof vraiment sociable, relax, toujours à l'écoute des élèves quand il y avait des problèmes. Une belle personne".

Un important dispositif policier a été déployé dans une grande partie du centre-ville, où la circulation a été interdite jusqu'à 15h.

Le meurtre de Dominique Bernard le 13 octobre, survenu presque trois ans jour pour jour après l'assassinat du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty en région parisienne par un jeune homme radicalisé, a suscité une onde de choc, en particulier chez les enseignants.

Famille catholique pratiquante

Une minute de silence a été respectée lundi dans tous les collèges et lycées de France en mémoire de Dominique Bernard et de Samuel Paty.

Dans un entretien mercredi à l'hebdomadaire chrétien La Vie, la mère et la soeur de l'enseignant, issu d'une famille catholique pratiquante, disent espérer qu'il "soit le dernier" professeur assassiné et que ce drame soit "un électrochoc" pour "que la France reste une terre d'accueil".

Le pays est passé en alerte "urgence attentat" dès le soir de l'attaque, menée par Mohammed Mogouchkov, 20 ans, un Russe radicalisé qui se revendique de l'organisation Etat islamique. Il a aussi blessé au couteau trois autres hommes, dont deux grièvement, aujourd'hui tirés d'affaire.

Il a été mis en examen pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste et écroué mardi soir. Son frère de 16 ans l'est pour complicité et un cousin de 15 ans pour abstention volontaire d'empêcher un crime.

Fiché pour radicalisation, il était suivi par la DGSI "depuis la fin du mois de juillet", selon Gérald Darmanin, en raison des liens avec son frère, emprisonné pour sa participation à un projet d'attentat visant l'Elysée, et son père, lui aussi fiché S.

L'inquiétude s'est encore aggravée avec les meurtres lundi soir à Bruxelles en pleine rue de deux Suédois, un attentat revendiqué par un Tunisien ensuite abattu par la police.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Short Url
  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Short Url
  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.