Diego Maradona et Kobe Bryant, le sport perd deux géants

L'ex-basketteur star de la NBA est mort le 26 janvier dans le crash de son hélicoptère près de Los Angeles, plongée dans un épais brouillard (Photo, AFP)
L'ex-basketteur star de la NBA est mort le 26 janvier dans le crash de son hélicoptère près de Los Angeles, plongée dans un épais brouillard (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 28 décembre 2020

Diego Maradona et Kobe Bryant, le sport perd deux géants

  • Il a été sacré meilleur joueur de NBA en 2008 et figure parmi les sept joueurs à avoir inscrit plus de 30.000 points
  • Construisant sa légende avec le fameux but de la « main de Dieu », puis son slalom incroyable contre l'Angleterre en quarts de finale

PARIS: Diego Maradona, Kobe Bryant: deux géants de la scène sportive se sont éteints en 2020. Retour sur les principales disparitions de l'année écoulée dans le monde du sport.

JANVIER

David Stern, 77 ans

L'ancien grand patron emblématique de la NBA de 1984 à 2014 est décédé le 1er janvier, deux semaines après avoir subi une hémorragie cérébrale. Ce fils d'épicier de New York a transformé la NBA en marque mondiale. Durant son mandat, la Ligue est passée de 23 à 30 franchises, d'autres ont déménagé et toutes ont considérablement augmenté leurs revenus, de même que les joueurs dont certains, comme Michael Jordan ou Magic Johnson, sont devenus des stars planétaires multimillionaires.

Kobe Bryant, 41 ans

L'ex-basketteur star de la NBA est mort le 26 janvier dans le crash de son hélicoptère près de Los Angeles, plongée dans un épais brouillard. Huit autres personnes, dont sa fille Gianna, sont également décédées dans l'accident. Joueur emblématique des Lakers entre 1996 et 2016, Kobe Bryant était quintuple champion NBA et double champion olympique avec la « Team USA ». Un temps décrié pour son arrogance et son égoïsme, le natif de Philadelphie a su opérer une mue salutaire, davantage tournée vers l'esprit d'équipe, pour devenir une star incontestée. Il a été sacré meilleur joueur de NBA en 2008 et figure parmi les sept joueurs à avoir inscrit plus de 30.000 points. Il avait pris sa retraite en 2016.  

MARS

Nicolas Portal, 40 ans

L'ancien cycliste français, devenu directeur sportif d'Ineos, a succombé à un infarctus du myocarde le 3 mars. Comme dirigeant de l'ex-Sky, qu'il avait rejointe en 2010 - d'abord en tant que coureur avant d'intégrer l'encadrement - il a remporté huit Grands Tours dont six Tour de France. Il est considéré comme l'un des principaux artisans des victoires de Chris Froome, dont il était très proche, et de Geraint Thomas notamment.

Lorenzo Sanz, 76 ans 

L'ancien président du Real Madrid entre 1995 et 2000 est décédé le 21 mars, après avoir contracté le Covid-19. Sous son règne, le Real a remporté deux Ligues des champions, en 1998, après 32 ans de disette, puis en 2000. Sanz avait été remplacé quelques mois plus tard par Florentino Perez.

Michel Hidalgo, 87 ans

L'ancien sélectionneur de l’équipe de France est décédé le 26 mars, après plusieurs années de maladie. Avec les Bleus, il avait remporté l'Euro-1984, premier grand trophée du football français. Né dans le nord de la France, Hidalgo avait joué à Monaco, Reims ou encore au Havre. Il a également été manager de l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie à la fin des années 1980 et a dirigé l'UNFP, le syndicat des joueurs. Sélectionneur des Bleus entre 1976 et 1984, un record de longévité à ce poste, sa bienveillance et son amour du beau jeu ont mené l'équipe de France de Michel Platini à son premier titre, l'Euro-1984, remporté à domicile deux ans après la défaite traumatisante aux tirs au but contre l'Allemagne en demi-finale du Mondial-1982 à Séville.

Pape Diouf, 68 ans 

Le Sénégalais, ancien président de l'OM, est décédé des suites du coronavirus le 31 mars. Ancien journaliste, agent de joueurs puis dirigeant de l'OM de 2005 à 2009, Diouf avait notamment contribué à bâtir l'équipe sacré championne de France en 2010, après dix-sept années sans titre pour l'OM.

AVRIL

Stirling Moss, 90 ans

Légende du sport automobile, le Britannique s'est éteint le 12 avril des suites d'une longue maladie. Surnommé le "champion sans couronne", Moss a terminé quatre fois 2e du Championnat du monde des pilotes de Formule 1 (1955, 1956, 1957 et 1958), éclipsé par l'Argentin Juan Manuel Fangio qui fut son équipier. Entre 1951 et 1961, il a remporté seize Grands Prix. Il a également gagné les 24 Heures du Mans en 1956. Il avait mis un terme à sa carrière en 1962 après un violent accident, qui lui avait valu de passer un mois dans le coma, et de subir une paralysie partielle pendant six mois.

Robert Herbin, 81 ans

L'ancien entraîneur emblématique de Saint-Etienne est mort le 28 avril, trois jours après avoir été hospitalisé pour de sérieuses insuffisances cardiaques et pulmonaires. Joueur puis technicien des Verts, son air impassible lui avait valu le surnom de "Sphinx". Arrivé à Saint-Etienne à l'été 1957, il a été neuf fois champion de France avec les Verts, cinq fois comme joueur et quatre comme entraîneur, et six fois vainqueur de la coupe de France, trois dans chaque rôle, mais son nom reste associé à l'épopée de 1976 et la défaite contre le Bayern Munich en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions à Glasgow, la fameuse finale des "poteaux carrés". Milieu puis défenseur, il a été sélectionné 23 fois en Bleu. Il a aussi entraîné Lyon (1983-1985), Al Nasr Ryad (Arabie saoudite, 1985-1986), Strasbourg (1986-1987) et le Red Star (1991-1995).

JUILLET

Jack Charlton, 85 ans

Champion du monde 1966 avec l'Angleterre, le frère aîné du légendaire Bobby Charlton, s'est éteint le 10 juillet. Comptant parmi les plus grands défenseurs centraux anglais, "Big Jack", auteur par ailleurs de 96 buts, a effectué ses 23 ans de carrière en club à Leeds United, remportant notamment une Coupe de la Ligue (1968), un titre de champion (1969) et une Coupe d'Angleterre (1972).

AOUT

Alex Dupont, 66 ans 

L'ancien entraîneur de Dunkerque, Laval ou Brest est décédé le 1er août d'une crise cardiaque. Il avait également conduit Sedan en Coupe d'Europe et permis à Gueugnon, alors en deuxième division, de créer l'exploit en battant le Paris SG en finale de Coupe de la Ligue en 2000.

SEPTEMBRE

Jean-Baptiste Mendy, 57 ans

Le boxeur français, ex-champion WBA et WBC des légers, est mort le 1er septembre des suites d'un cancer du pancréas. Il avait à son actif 55 victoires dont 31 avant la limite, 8 défaites, 3 nuls. Né à Dakar, il s'était emparé de la ceinture WBC des légers en 1996 face à l'Américain Lamar Murphy, avant de reconquérir la ceinture en WBA deux ans plus tard. Il avait raccroché les gants en 2000.

OCTOBRE

Bruno Martini, 58 ans

L'ancien gardien de l'équipe de France de foot est mort le 20 octobre, des suites d'un arrêt cardio-respiratoire. Sélectionné à 31 reprises entre 1987 et 1996, il avait pris le relais chez les Bleus de Joël Bats. Il reste également associé à son club formateur, Auxerre, avec qui il avait atteint les demi-finales de la Coupe de l'UEFA (1993) et remporté une victoire en Coupe de France (1994). Après sa retraite, il avait intégré la direction technique nationale, où il s'est occupé pendant plus d'une décennie (1999-2010) des portiers tricolores.

John James Williams, 72 ans

JJ Williams, l'ailier de la légendaire équipe du pays de Galles dans les années 1970, est décédé le 29 octobre. Cet ancien sprinteur était notamment connu pour ses qualités de finisseur: il avait marqué douze essais en trente tests entre 1973 et 1979 et remporté deux Grands Chelems dans le Tournoi des cinq nations (1976 et 1978).

Nobby Stiles, 78 ans

Le milieu de terrain anglais, champion du monde en 1966, est décédé le 30 octobre des suites d'une longue maladie.

NOVEMBRE

Charles Corver, 84 ans

L'ancien arbitre de football néerlandais Charles Corver, qui avait officié lors de la demi-finale polémique du Mondial-1982 France-RFA, est mort le 11 novembre.

Ray Clemence, 72 ans

Le gardien du grand Liverpool au tournant des années 1970-1980 et de l'équipe d'Angleterre est décédé le 15 novembre. Il était atteint depuis 2005 d'un cancer de la prostate.

Christophe Dominici, 48 ans

L'ancien international français de rugby (67 sélections, 25 essais) a été retrouvé mort le 24 novembre, près de Paris. L'ailier, cinq fois champion de France avec le Stade Français, avait été finaliste de la Coupe du monde en 1999 avec le XV de France, réussissant notamment une percée puis un essai d'anthologie lors de la victoire face à la Nouvelle-Zélande en demi-finale. Dominici avait aussi remporté quatre victoires dans le Tournoi, dont deux Grand Chelem, lors d'une carrière hachée par plusieurs épisodes dépressifs. Après sa retraite, il avait été entraîneur des lignes arrières du Stade Français, dont il était devenu actionnaire (1%), consultant, acteur... Il avait aussi tenté, en vain, de racheter le club de Béziers, porté par des fonds émiratis. 

Jacques Secrétin, 71 ans

Le joueur le plus titré du tennis de table français est décédé dans la nuit du 24 au 25 novembre. Champion d'Europe en simple en 1976, 17 fois champion de France, le gaucher avait aussi été champion du monde en double mixte en 1977. En double, Secrétin avait été champion d'Europe en 1980, avant de décrocher le titre continental par équipes en 1984. Il avait aussi contribué à populariser son sport grâce au « show Secrétin-Purkart », un concentré de facéties autour d'une table de ping-pong en duo avec Vincent Purkart.

Diego Maradona, 60 ans

La légende argentine du football mondial est décédée le 25 novembre, d'une crise cardiaque, trois semaines après avoir été opéré d'un hématome à la tête. Considéré comme l'un des plus grands footballeurs de tous les temps, Maradona a acquis le statut de « demi-dieu » en Argentine et pour de nombreux fans dans le monde entier. Ce dribbleur hors-pair d'1,65 m a laissé une trace indélébile de Boca Juniors, son club de coeur à Buenos Aires, à Naples, où il a évolué de 1984 à 1991, après un passage à Barcelone. Avec l'Albiceleste (91 sélections, 34 buts), il fut champion du monde en 1986 à la tête d'une équipe qu'il porta à bout de bras jusqu'au sacre, construisant sa légende avec le fameux but de la « main de Dieu », puis son slalom incroyable contre l'Angleterre en quarts de finale. Une fois les crampons raccrochés, le célèbre numéro 10 sombra dans la drogue et dans l'alcool, flirtant plusieurs fois avec la mort. Il a également exercé comme entraîneur avec des résultats très mitigés, notamment à la tête de la sélection argentine (2008-2010). 

DÉCEMBRE

Paolo Rossi, 64 ans

L'ancien buteur de la Juventus Turin et de l'équipe d'Italie est décédé le 9 décembre. Il a conduit la « Nazionale » au sacre lors de la Coupe du monde 1982 en Espagne avec ses six buts. En club, la saison 1983-84 marque son apogée. Il forme un redoutable trio avec Platini et Boniek et collectionne les trophées sous le maillot de la Juve: Serie A, Coupe d'Italie, Coupe des Coupes et Supercoupe d'Europe.

Gérard Houllier, 73 ans

L'ancien entraîneur du Paris SG, de Lyon et de Liverpool s'est éteint dans la nuit du 13 au 14 décembre, quelques jours après une opération cardiaque. Houllier a offert au Paris SG en 1986 son premier titre de champion de France, mais c'est en Angleterre que l'ancien professeur d'anglais est devenu une légende: sous sa conduite de 1998 à 2004, Liverpool a flirté avec le titre de champion et a réussi une année 2001 exceptionnelle marquée par quatre trophées (Cup, Coupe de la Ligue, Coupe de l'UEFA et Supercoupe). Avec Lyon, ce technicien novateur ajoute à son palmarès deux titres de champion de France en 2006 et 2007. Sélectionneur des Bleus entre 1992 et 1993, il est aussi associé à jamais avec l'un des pires traumatismes de l'histoire de l'équipe de France, l'élimination aux portes de la Coupe du monde 1994 à l'issue d'un France-Bulgarie (1-2) au Parc des Princes.


Du blues de "Sinners" à une rare égalité: cinq temps forts des Oscars 2026

Priyanka Chopra et Javier Bardem sur scène. (AFP)
Priyanka Chopra et Javier Bardem sur scène. (AFP)
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  • Une bataille après l'autre triomphe aux Oscars, tandis que Sinners brille par sa performance musicale spectaculaire rendant hommage au blues et à la musique noire
  • Javier Bardem lance un message politique discret mais fort : « non à la guerre, libérez la Palestine », dans une cérémonie par ailleurs plutôt consensuelle

HOLLYWOOD: "Une bataille après l'autre" a triomphé aux Oscars dimanche devant "Sinners", auquel on doit un des temps forts de la cérémonie, une performance musicale magistrale.

Le blues de "Sinners" et la Corée de "KPop Demon Hunters" sur scène

Le blues s'est emparé du Dolby Theatre, transformé en bar de fortune dans une grange du Mississippi pour reproduire la scène musicale d'anthologie de "Sinners" (quatre Oscars dont la meilleure musique de film).

Miles Caton, qui interprète un fils de pasteur accro à la musique du diable, et l'auteur-compositeur-interprète Raphael Saadiq ont repris "I Lied To You", entourés d'artistes incarnant toutes les époques de la musique noire, de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au hip-hop américain. Participaient à cet hommage le musicien Shaboozey et la danseuse étoile Misty Copeland, qui a récemment subi un remplacement de hanche.

Les chanteuses de "KPop Demon Hunters" (meilleur film d'animation) ont elles rendu hommage à la culture sud-coréenne en interprétant leur tube "Golden", meilleure chanson originale.

Robert Redford "cowboy intellectuel" pour Barbra Streisand

La cérémonie a honoré les figures du cinéma disparues récemment, dont l'acteur et réalisateur Robert Redford, "cow-boy intellectuel qui a tracé sa propre voie", selon Barbra Streisand, son amie depuis "Nos plus belles années" (1973).

Tué avec son épouse Michelle en décembre, le réalisateur Rob Reiner laisse en héritage des films qui "dureront des générations, parce qu'ils parlaient de ce qui nous fait rire et pleurer, et de ce à quoi nous aspirons à être", a dit Billy Crystal, héros de sa comédie romantique "Quand Harry rencontre Sally" (1989). Le fils du couple a plaidé non-coupable de ces meurtres.

Rachel McAdams, qui incarnait la fille de Diane Keaton dans "Esprit de famille" en 2005, a salué "une légende qui ne se terminera jamais".

Humour consensuel pour Conan O'Brien

"Je dois vous prévenir, cette soirée pourrait devenir politique", avait annoncé le présentateur de la cérémonie, l'humoriste Conan O'Brien. Ses piques sur le système de santé américain ou le patron de Netflix se sont avérées plutôt consensuelles.

C'est sur le traitement de l'affaire Epstein aux Etats-Unis qu'il a été le plus mordant, lançant: "C'est la première fois depuis 2012 qu'aucun Britannique n'est nommé dans les catégories meilleur acteur ou meilleure actrice. Un porte-parole britannique a déclaré: "+Ouais, mais au moins, nous on arrête nos pédophiles+".

En pleine guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump, le ton est resté globalement très sage, hormis le "non à la guerre, libérez la Palestine" lancé par Javier Bardem sur scène.

"Bébé yoda" fait sa promo

Diffusée sur la chaîne américaine ABC, propriété du groupe Disney, la cérémonie a été l'occasion de faire la promotion de plusieurs films produits par la firme aux grandes oreilles.

"Bébé yoda", héros de la série "The Mandalorian" et du film "The Mandalorian and Grogu", en salles en France le 20 mai, est apparu dans le public. Anne Hathaway, à l'affiche du "Diable s'habille en Prada 2" le 29 avril, a remis un prix avec la papesse de la mode Anna Wintour. Et les "Avengers" Chris Evans et Robert Downey Jr se sont retrouvés sur scène avant la sortie de "Doomsday" le 16 décembre.

Les bandes-annonces ont ensuite été diffusées pendant les publicités.

Rare ex-aequo dans l'histoire des Oscars

Pour la 7e fois seulement depuis 1929, un prix a récompensé deux films ex-aequo. Le meilleur court métrage de fiction est revenu à "The Singers", de Sam Davis et Jack Piatt, et à une production française, "Deux personnes échangeant de la salive", d'Alexandre Singh et Natalie Musteata.

L'acteur et humoriste Kumail Nanjiani, qui remettait ce prix, s'est amusé de "l'ironie que l'Oscar du court métrage prenne deux fois plus de temps".

Barbra Streisand, pour "Funny Girl", et Katharine Hepburn, pour "Le Lion en hiver", s'étaient partagé le prix de la meilleure actrice en 1969. La dernière égalité remontait à 2013, avec "Skyfall" et "Zero Dark Thirty" dans la catégorie meilleur montage sonore.


L’Institut du monde arabe rend hommage à Leila Shahid

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
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  • Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix"
  • "Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne"

PARIS: Mardi 31 mars 2026, l’Institut du monde arabe rendra hommage à Leila Shahid pour une soirée exceptionnelle. Proches, amis et compagnons de route évoqueront son parcours et son engagement, avec notamment les interventions d’Elias Sanbar, Karim Kattan et de nombreux invités. Un moment de mémoire et de dialogue pour saluer une grande voix de la Palestine.

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark.

Elle a ensuite été déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, avant d'occuper les mêmes fonctions à Bruxelles auprès de l'UE durant la décennie suivante.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix".

"Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne".

"Combattante infatigable" 

L'ancien Premier ministre français et ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a salué, toujours sur X, "une ardente amoureuse de la culture, de la poésie et des arts", qui "fut de celles et ceux qui, dès les premières heures, crurent obstinément à la possibilité d'une paix juste et durable au Proche-Orient".

De nombreuses réactions en France sont venues de la gauche, à l'instar de l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry, qui a évoqué une "inlassable militante pour la reconnaissance d'un État palestinien et pour la paix avec Israël".

"Leïla Shahid aura été de ces diplomates exemplaires qui marquent une génération", a pour sa part réagi dans un communiqué l'Institut du Monde Arabe (IMA): "Combattante infatigable, héroïne des temps modernes, elle portait la Palestine en elle avec force et dignité".

"Le désastre des souffrances du peuple palestinien à Gaza l'a hantée jusqu’à sa fin tragique", ajoute l’institution parisienne.

Face à la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Leïla Shahid n'avait eu de cesse d'appeler la communauté internationale à agir pour un cessez-le feu.

Mais dans un entretien à France-Inter deux jours après le 7-Octobre, elle se disait "pessimiste" quant à l'avenir de la Palestine, et mettait en garde contre une annexion par Israël de "ce qu'il reste comme territoires palestiniens".


La femme au cœur de la transformation saoudienne selon Doha Brahim

L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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  • Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité
  • Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020

PARIS: Délicatesse et chaleur humaine étaient au rendez-vous lors de l’iftar organisé par l’épouse de l’ambassadeur saoudien à Paris, Fatima Al Ruyaily, qui a réuni plusieurs dizaines de personnalités féminines connues de la place parisienne.

Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité.

Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020.

De passage à Paris pour quelques heures seulement, la docteure Brahim a livré un témoignage éclairant sur l’évolution de la place des femmes dans le Royaume.

Vision 2030 et promotion du rôle des femmes

Arrivée le matin même de Riyad, elle devait repartir dès le lendemain, mais son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations engagées ces dernières années.

Au cœur de son propos : la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le Royaume pour diversifier son économie et transformer en profondeur la société saoudienne.

« Nous vivons un moment historique dans l’histoire de notre pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette vision stratégique constitue bien plus qu’un projet économique : elle dessine une transformation globale fondée sur l’innovation, le progrès social et l’ouverture culturelle.

Portée par le roi Salman ben Abdelaziz et mise en œuvre par le prince héritier Mohammed ben Salmane, la Vision 2030 place le développement humain au cœur de ses priorités. « Les citoyens sont à la fois le moteur, le sujet et les bénéficiaires de cette vision », a insisté Doha Brahim.

Dans ce cadre, la promotion des femmes occupe une place centrale. Loin d’être perçue comme un simple symbole ou un privilège, l’autonomisation féminine est présentée comme un droit fondamental et un levier indispensable du développement.

« Un développement global ne peut être atteint que par la participation de tous », a-t-elle affirmé, soulignant que les réformes engagées dépassent le cadre économique pour s’inscrire dans une véritable transformation culturelle et sociale.

Cette évolution s’inscrit également dans les engagements internationaux du Royaume, notamment dans le cadre des Objectifs de développement durable des Nations unies, parmi lesquels figure l’égalité entre les sexes.

Au cours des dernières années, l’Arabie saoudite a multiplié les initiatives destinées à mesurer et encourager la participation des femmes dans la société, parmi lesquelles la création d’outils statistiques et d’institutions dédiées, comme l’Observatoire national des femmes, chargé de suivre leur participation dans les différents secteurs de la vie publique et économique.

Ces efforts commencent à produire des résultats tangibles, souligne Brahim. La participation des femmes au marché du travail a connu une progression spectaculaire, passant d’environ 17 % à plus de 36 %, dépassant même les objectifs initialement fixés dans le cadre de la Vision 2030.

Aujourd’hui, les femmes saoudiennes occupent des postes dans des domaines autrefois largement masculins. Elles participent à la vie politique à travers leur présence dans les instances consultatives, exercent des responsabilités diplomatiques et contribuent activement au développement économique.

La femme saoudienne est également présente dans les secteurs d’avenir, notamment la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat, et cette présence ne cesse de croître.

De nombreuses femmes créent désormais leurs propres entreprises, contribuant à dynamiser l’économie nationale et à renforcer le tissu entrepreneurial du pays.

L’éducation constitue l’un des moteurs les plus puissants de cette transformation, puisque les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des étudiants dans les universités du Royaume, notamment dans les disciplines scientifiques.

Certaines participent désormais à des projets scientifiques internationaux majeurs, affirme Brahim, qui signale au passage la participation d’une astronaute saoudienne à une mission vers la Station spatiale internationale.

La transformation touche également des domaines inattendus : les femmes s’illustrent dans les arts, la littérature et la culture, devenant des ambassadrices de l’identité saoudienne sur la scène internationale.

Mais c’est peut-être dans les secteurs de la sécurité et de la justice que le changement apparaît le plus marquant, car les femmes sont désormais présentes dans les forces armées, la garde nationale ou encore l’armée de l’air.

Parallèlement, le système judiciaire s’est ouvert à leur participation, avec un nombre croissant d’avocates et de juristes. Sur la scène diplomatique, plusieurs femmes ont été nommées ambassadrices, représentant le Royaume dans des capitales importantes et au sein d’organisations internationales, y compris auprès de l’Union européenne.

Le sport féminin constitue un autre symbole de cette évolution rapide. En quelques années seulement, l’Arabie saoudite est passée d’une absence quasi totale de pratique sportive féminine à la création de ligues professionnelles et à la participation de sportives saoudiennes à des compétitions internationales.

Pour Doha Brahim, ces évolutions traduisent une transformation profonde de la société saoudienne. « Le parcours d’autonomisation des femmes n’est pas un projet temporaire », a-t-elle souligné. Il s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à construire une société plus inclusive et durable.

« Nous ne construisons pas seulement une économie », a-t-elle conclu, « nous construisons aussi une société fondée sur la justice, le partenariat et l’égalité des opportunités ».

L’iftar, qui s’est prolongé par un échange entre les convives sur le potentiel des femmes et le rôle central qui leur revient dans le développement social, a constitué une parenthèse de détente et d’espoir au milieu des turbulences que traverse le monde.