Incidents OM/OL: Le football français sous le choc, trois enquêtes ouvertes

Une photographie prise au Stade Vélodrome de Marseille, dans le sud de la France, le 29 octobre 2023, montre le bus de l'équipe de l'OL, avec une fenêtre complètement cassée et une autre endommagée, après que le bus ait été lapidé (Photo, AFP).
Une photographie prise au Stade Vélodrome de Marseille, dans le sud de la France, le 29 octobre 2023, montre le bus de l'équipe de l'OL, avec une fenêtre complètement cassée et une autre endommagée, après que le bus ait été lapidé (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 31 octobre 2023

Incidents OM/OL: Le football français sous le choc, trois enquêtes ouvertes

  • Lundi soir, le procureur de Marseille Nicolas Bessone a annoncé l'ouverture de trois enquêtes au total en lien avec les incidents de dimanche
  • La première porte sur des faits de «violence volontaire en réunion avec préméditation» sur l'entraîneur lyonnais Fabio Grosso, punissables de dix ans de prison

PARIS: Le football français est sous le choc et sous une forte pression politique lundi au lendemain de graves incidents à Marseille ayant entraîné l'annulation du match OM-Lyon, la sérieuse blessure de l'entraîneur lyonnais Fabio Grosso et l'ouverture de trois enquêtes.

Lundi soir, le procureur de Marseille Nicolas Bessone a annoncé l'ouverture de trois enquêtes au total en lien avec les incidents de dimanche. La première porte sur des faits de "violence volontaire en réunion avec préméditation" sur l'entraîneur lyonnais Fabio Grosso, punissables de dix ans de prison.

Le technicien italien a été sérieusement blessé au visage dimanche soir quand le car transportant les joueurs et le staff de l'OL a été caillassé sur la route du Vélodrome. Selon le procureur de Marseille, Grosso a reçu une ITT (incapacité totale de travail) de 30 jours.

Une impressionnante photo du visage en sang de l'entraîneur de l'OL s'étale d'ailleurs lundi à la Une des quotidiens L'Equipe et La Provence, symbole d'une nouvelle soirée cauchemardesque pour la Ligue 1. Son adjoint Raffaele Longo a lui aussi été blessé.

De même, au moins un car de supporters lyonnais a également été visé -- des faits pour lesquels le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour violences volontaires en réunion sans ITT et dégradations en réunion -- avant que la partie ne soit reportée par la Ligue de football professionnel (LFP) après la réunion d'une cellule de crise.

D'autres incidents ont eu lieu également en tribunes, dans le parcage où étaient installés les 600 supporters lyonnais autorisés à venir à Marseille. Ils ont donné lieu à l'ouverture d'une troisième enquête, pour "provocation à la haine raciale et injures à caractère racial".

«Réponse globale»

"Une partie des supporters lyonnais ont fait des saluts nazis et des cris de singes à destination des supporters marseillais", a détaillé le procureur Nicolas Bessone, précisant que personne n'a été interpellé pour ces faits.

Dès lundi matin, l'OL avait condamné "fermement les inacceptables comportements racistes d'individus dans le parcage" et "demandé les vidéos pour identifier les auteurs".

Trois semaines après l'interruption de la rencontre de Ligue 1 Montpellier-Clermont, provoquée par le jet d'un pétard sur la pelouse, les graves incidents du Vélodrome tombent particulièrement mal pour le football français, qui semble ne pas trouver de solution pour endiguer la brutalité d'une frange de ses fans.

La LFP est en effet actuellement engagée dans une négociation délicate pour attribuer les droits nationaux et internationaux de la L1 à partir de la saison 2024-2025.

Les événements de dimanche s'étant déroulés en dehors du stade, les clubs ne sont théoriquement pas condamnables, selon les règlements de la LFP. Mais les autorités n'ont pas tardé à renvoyer la balle dans le camp des institutions sportives.

La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, a ainsi estimé sur France 2 que "s'il est établi qu'il y a des supporters impliqués" dans des violences, "les clubs ne peuvent pas se désintéresser de cela", prônant "une réponse globale" où "toutes les instances du secteur sportif doivent être responsabilisées".

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a de son côté jugé sur BFMTV/RMC que ces incidents étaient "inacceptables", ajoutant qu'ils avaient donné lieu à "neuf interpellations". Selon le procureur de Marseille, aucune de ces interpellations ne concerne l'attaque du bus de l'OL.

«Inconscients irresponsables»

Le ministre de l'Intérieur a également dit que "500 policiers et gendarmes avaient été mobilisés" pour sécuriser ce match. Pour lui, il n'y a "pas eu de défaillance" de la police et "c'est au club de gérer ses supporters".

La préfète de police de Marseille, Frédérique Camilleri, avait eu dimanche soir un point de vue différent, indiquant que les incidents étaient le fait d'une poignée d'"inconscients irresponsables" et insistant sur la "préparation" du match avec les groupes de supporters lyonnais et marseillais "pour réautoriser la venue des Lyonnais au stade Vélodrome".

Malgré la pression politique, la LFP, par la voix de son directeur général Arnaud Rouger, a tenu à préciser sur RMC que les événements avaient "eu lieu à 500 mètres du stade".

"Cela ne relève pas de notre responsabilité. Pour autant, comme pour chaque incident, nous sommes aux côtés de l’Etat et nous soutenons pleinement les déclarations de Gérald Darmanin qui demande une plus grande fermeté de la justice à l’égard des auteurs de ces actes d'une particulière gravité", a-t-il poursuivi, réclamant des "sanctions fortes".

Le président de la Fifa Gianni Infantino est aussi monté au créneau dans un message posté sur Instagram, en appelant les "autorités compétentes" à "veiller à ce que les mesures appropriées soient prises".


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.

 


Moyen-Orient : la France «s'étonne» des reproches de Trump sur l'interdiction de survol de son territoire

La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire". (AFP)
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  • "Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux.
  • "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française

PARIS: La France a dit mardi "s'étonner" des reproches de Donald Trump, qui l'a accusée de se montrer "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran en interdisant le survol de son territoire par "des avions à destination d'Israël chargés d'équipement militaire".

"Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit", a dit l'Elysée à la presse en réponse à un message du président sur les réseaux sociaux. "La France n'a pas changé de position depuis le premier jour", a ajouté la présidence française.

"Nous nous étonnons de ce tweet" de Donald Trump, a-t-elle encore affirmé.

Paris n'avait pas annoncé officiellement ou publiquement d'interdiction de survol de son territoire pour les appareils américains impliqués dans le conflit, comme l'a en revanche fait l'Espagne.

La France avait autorisé les Etats-Unis à poser des avions ravitailleurs sur sa base méridionale d'Istres début mars après avoir obtenu la garantie qu'ils ne participaient aux opérations menées en Iran.

"La France n'a pas laissé des avions à destination d'Israël, chargés d'équipement militaire, survoler le territoire français. La France a été TRES PEU COOPERATIVE en ce qui concerne le +boucher iranien+ qui a été éliminé avec succès", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

 


Macron attendu à Tokyo, le conflit au Moyen-Orient en toile de fond

Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à l’Élysée, à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron entame une visite au Japon pour renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil, l’innovation technologique et spatiale, et discuter de la crise au Moyen-Orient

TOKYO: Emmanuel Macron doit entamer mardi une visite au Japon qui vise a renforcer les partenariats franco-japonais dans le nucléaire civil ou l'innovation technologique et spatiale, mais qui est aussi percutée par la guerre au Moyen-Orient.

Le président français est attendu à 17H30 locales (08H30 GMT) à Tokyo, avant une soirée dédiée à la culture populaire nippone et une rencontre prévue avec Kunihiko Moriguchi, peintre réputé de kimonos.

Les échanges économiques et politiques auront lieu mercredi tandis que le couple présidentiel déjeunera avec l'Empereur Naruhito et l'Impératrice jeudi.

S'il s'agit de son quatrième déplacement dans l'archipel, c'est la première fois qu'Emmanuel Macron s'y rend pour une visite pleinement consacrée aux relations avec le Japon. Et ce sera mercredi son "premier entretien à part entière" avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, après un échange en marge du G20 à l'automne, relève un responsable de la diplomatie japonaise.

Ce responsable a évoqué, parmi les attentes, "la poursuite des communications en vue d'un apaisement rapide de la situation en Iran".

"La crise au Moyen-Orient sera au cœur de nos échanges", a confirmé la présidence française avant le voyage. Les deux dirigeants discuteront de la "façon dont on peut essayer de trouver des solutions communes", a-t-elle ajouté, insistant sur une possible coopération autour d'une initiative française pour rallier une coalition de "volontaires" sur le sujet du détroit d'Ormuz.

Le conflit déclenché il y a un mois par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, et la riposte de Téhéran, ont provoqué le blocage de facto de cet étroit passage maritime dans le Golfe par lequel transite, en temps normal, une grande part des importations de pétrole du Japon mais aussi de la Corée du Sud, où Emmanuel Macron doit se rendre ensuite jeudi et vendredi.

- "Attractivité" -

Ces deux pays asiatiques ont signé avec une vingtaine d'autres, dont la France, une déclaration d'Etats se disant "prêts à contribuer aux efforts" pour accompagner la réouverture du détroit, mais quand les armes se seront tues.

Le G7, présidé cette année par la France qui organisera un sommet en juin, et dont est également membre le Japon, multiplie aussi les messages communs, dont une déclaration lundi pour se dire déterminé à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour stabiliser le marché de l'énergie face à la flambée des cours du brut.

Emmanuel Macron, qui a longtemps mis en avant sa capacité à discuter avec son homologue américain Donald Trump avec lequel les relations semblent toutefois s'être tendues dernièrement, pourra échanger à cet égard avec Sanae Takaichi.

La dirigeante japonaise, devenue en octobre la première femme à la tête de l'archipel, s'est imposée avec des positions ultranationalistes et conservatrices et n'a pas ménagé ses efforts pour afficher ses affinités avec le milliardaire républicain.

Au-delà de la crise géopolitique, le président français compte sur cette visite pour mettre l'accent sur "l'attractivité de la France", selon son entourage. Accompagné de nombreux chefs d'entreprises françaises, il doit rencontrer mercredi, en marge d'un forum économique, les dirigeants de Softbank, champion des investissements dans l'intelligence artificielle, de Iwatani, l'entreprise japonaise qui a investi dans la start-up lyonnaise Carester, ou encore du fabricant d'équipements pour la recherche Horiba.

Les deux pays entendent aussi signer une feuille de route en matière de nucléaire civil au Japon, dans la lignée d'une coopération déjà bien établie. Et renforcer les partenariats dans le domaine spatial, la recherche et les "technologies de rupture".

En présence de plusieurs ministres français, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères Catherine Vautrin et Jean-Noël Barrot, un volet consacré à la sécurité est aussi prévu.

Emmanuel Macron arrive à Tokyo en plein pic de floraison des emblématiques cerisiers du Japon, moment fort de l'année. Mais l'instant espéré de "hanami", ou observation des fleurs, pourrait être gâché par la pluie attendue trois jours durant dans la capitale japonaise.