Le marché saoudien de la santé, riche en opportunités, présenté lors d’une journée événement à Paris

Fahad al-Ruwaily, ambassadeur de l’Arabie saoudite en France lors de son intervention. (Fournie)
Fahad al-Ruwaily, ambassadeur de l’Arabie saoudite en France lors de son intervention. (Fournie)
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Publié le Samedi 04 novembre 2023

Le marché saoudien de la santé, riche en opportunités, présenté lors d’une journée événement à Paris

  • «Pour plus d’efficacité, nous avons eu l’idée, avec Bertrand Besancenot, d’organiser des visites thématiques par secteur d’activité», nous a révélé Amélia Lakrafi
  • Le conseiller principal d’ESL & Network a présenté les différentes évolutions enregistrées dans le secteur depuis le lancement du plan Vision 2030, en 2016

PARIS: La journée événement consacrée au marché saoudien de la santé a été coorganisée le 31 octobre 2023 par Amélia Lakrafi, députée de la 10e circonscription des Français établis à l’étranger, présidente du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien, et Bertrand Besancenot, ancien ambassadeur de France en Arabie saoudite et conseiller principal de l’entreprise ESL & Network (groupe Adit).

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Amélia Lakrafi lors de son intervention. (Fournie)

Les intervenants ont abordé différents sujets: le climat des affaires en Arabie saoudite, la présentation de la Vision 2030, le secteur de la santé dans le Royaume, le potentiel de développement, l’attractivité et les différentes opportunités d’investissement de ce marché en pleine expansion. «ESL & Network est fier de soutenir cet événement et de fournir son expertise géographique et technique pour aider les entreprises françaises à saisir les opportunités offertes sur marché saoudien de la santé», ont souligné les organisateurs.

Dans une interview accordée à Arab News en français, Amélia Lakrafi a expliqué: «Cette journée a été pensée dans le cadre des recommandations effectuées auprès du gouvernement pour permettre aux députés français d’organiser des visites à l’international en étant accompagnés d’entreprises françaises.»

Mme Lakrafi a rappelé que Team France, un groupe élargi composé de France Export, de Business France, de la Banque publique d’investissement (BPI) et du groupe Adit, dont l’État est actionnaire, œuvre à améliorer le commerce extérieur de la France. Elle a rappelé que dans le cadre des activités du groupe d’amitié franco-saoudien de l’Assemblée nationale, un déplacement officiel est prévu dans le Royaume le 3 décembre prochain. Cette visite permettra, selon elle, de renforcer les liens entre les deux pays. 

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Benoît Tamalet, expert en relations internationales, conseiller principal d’ESL & Network. (Fournie)

«Pour plus d’efficacité, nous avons eu l’idée, avec Bertrand Besancenot, d’organiser des visites thématiques par secteur d’activité», nous a révélé la députée. Cette dernière a souligné que «l’objectif dans l’organisation de cette journée consiste essentiellement à informer et à expliquer aux entreprises françaises du secteur de la santé, la stratégie saoudienne dans ce domaine, le climat des affaires… Il s’agit de pouvoir répondre aux questions des entreprises françaises sur les opportunités et les perspectives de développement du secteur de la santé en Arabie saoudite».

Jean-Paul Scheuer a fait savoir que «le marché saoudien de la santé est le plus important de la région du Moyen-Orient, avec sa valorisation supérieure à 9 milliards de dollars [1 dollar = 0,95 euro] et une croissance de 20%».

Intervenants de la journée événement consacrée au marché saoudien de la santé

  • Fahad al-Ruwaily, ambassadeur de l’Arabie saoudite en France
  • Mohamed ben Laden, président du Centre d’affaires franco-saoudien (Cafs)
  • Jean-Paul Scheuer, directeur général pour la médecine de spécialité du groupe Sanofi pour la région du Moyen-Orient
  • Benoît Tamalet, expert en relations internationales, conseiller principal d’ESL & Network ainsi que des représentants d’entreprises françaises qui opèrent dans le secteur de la santé

Forte priorité de la Vision 2030

«Le marché de la santé en Arabie saoudite est fascinant et en pleine transformation», a précisé de son côté Jean-Paul Scheuer, directeur général pour la médecine de spécialité du groupe Sanofi pour la région du Moyen-Orient. Il a indiqué que Sanofi, présent dans le pays depuis cinquante ans, est impliqué dans la production avec de nouveaux projets de fabrication locale (vaccin et insuline, notamment), ainsi que dans les recherches cliniques, sur le diabète ou sur les maladies cardiovasculaires. 

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De G a D, Amélia Lakrafi, Bertrand Besancenot, Fahad al-Ruwaily, Ambassadeur de l’Arabie Saoudite en France, Mohamed ben Laden, président du CAFS et Benoit Tamlat. (Fournie)

«Avec une population de 35 millions d’habitants, le développement du secteur de la santé et le marché pharmaceutique en particulier sont vitaux pour le développement économique. C’est une très forte priorité, bien inscrite dans le plan Vision 2030, qui démontre la volonté du gouvernement saoudien de diversifier son économie et de créer un environnement très propice aux investissements dans ce secteur.» Jean-Paul Scheuer a fait savoir que «le marché saoudien de la santé est le plus important de la région du Moyen-Orient, avec sa valorisation supérieure à 9 milliards de dollars [1 dollar = 0,95 euro] et une croissance de 20%». 

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Bertrand Besancenot, ancien ambassadeur de France en Arabie saoudite. (Fournie)

Marché riche en opportunités

La France et l’Arabie saoudite entretiennent depuis de nombreuses années des relations étroites dans de nombreux secteurs, parmi lesquels celui de la santé. Considéré comme un marché riche en opportunités, ce domaine offre de nombreuses opportunités d’affaires en matière de produits et de services de santé. Selon les organisateurs, ce dernier devrait valoir 35 milliards de dollars en 2024 et enregistrer une croissance annuelle de 7% d’ici à 2030. 

«Le marché saoudien de la santé offre des opportunités importantes aux entreprises françaises», a fait observer Benoît Tamalet, expert en relations internationales, conseiller principal d’ESL & Network. Il a présenté les différentes évolutions enregistrées dans le secteur depuis le lancement du plan Vision 2030, en 2016. «Le domaine de la santé est l’un des secteurs prioritaires, avec un plan de modernisation qui devrait investir 200 milliards de dollars d’ici à 2030 et qui prévoit l’amélioration de l’accès aux soins, le renforcement de leur qualité et la réduction des coûts.»

«Pour assurer l’accès au marché saoudien, les entreprises françaises doivent prendre en considération les priorités des autorités saoudiennes, qui consistent à encourager la production locale et à assurer le transfert du savoir-faire, le partage de la propriété intellectuelle ainsi que la création des postes d’emplois pour les nationaux», a-t-il indiqué lors de l’échange qu’il a eu avec les opérateurs français présents dans la salle.

Benoît Tamalet a rappelé que ces critères peuvent assurer «une entrée forte sur le marché et un renforcement de positionnement pour les entreprises françaises implantées dans le pays». Le conseiller principal d’ESL & Network a par ailleurs souligné que «l’expertise française dans le secteur de la santé, reconnue mondialement, notamment en matière de recherche et développement [R&D], des technologies médicales, des biotechs et en Intelligence artificielle appliquée au secteur médical, est très recherchée dans ce marché».


Nouvelle session de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington

Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
Nada Hamadeh (au centre), ambassadrice du Liban aux États-Unis, participe à une réunion entre les délégations israélienne et libanaise organisée par les États-Unis au département d’État à Washington, le 2 juin 2026. (AFP)
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  • Des représentants d’Israël et du Liban participent à une quatrième session de pourparlers directs à Washington, sous médiation américaine, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays
  • Malgré les appels à l’apaisement, les combats entre Israël et le Hezbollah se poursuivent

WASHINGTON: Les ambassadeurs d'Israël et du Liban ont été reçus mardi au département d'Etat pour une nouvelle session de pourparlers directs, alors qu'Israël et le Hezbollah ont échangé des tirs après que Donald Trump a assuré que les deux camps lui avaient promis l'apaisement.

Cette quatrième rencontre entre les représentants des deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, a lieu au département d'Etat et doit durer deux jours.

Elle réunit les représentants israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadeh Moawad, ainsi que Daniel Holler, un haut conseiller du secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui ne participe pas à cette session.

Aucun des participants n'a fait de déclarations.

Le président américain a indiqué lundi soir sur son réseau Truth Social que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".

Mais les combats qui opposent l'armée israélienne et le Hezbollah depuis le 2 mars, se sont poursuivis malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril et qui avait été prolongé une fois à l'issue de ces pourparlers, les premiers depuis des décennies.

Des frappes israéliennes lundi soir ont fait au moins six morts dans le sud du pays, portant à 13 le bilan global pour la journée, selon des sources libanaises. Et le Hezbollah a revendiqué mardi une attaque à la roquette contre un char israélien à Hadatha dans la région, disant y lutter contre "l'avancée des forces israéliennes".


Israël dit avoir obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth si le Hezbollah attaque ses localités

Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
Les premiers intervenants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne qui a touché les environs d’un hôpital dans la ville de Tyr, dans le sud, le 1er juin 2026. (Reuters)
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  • Le ministre de la Défense israélien Israël Katz affirme qu’Israël aurait obtenu l’aval des États-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), bastion du Hezbollah, en cas d’attaques contre le nord d’Israël
  • Il expose une logique de dissuasion : si les tirs continuent, Israël dit qu’il ciblerait Dahiyeh, en liant le sort de cette zone aux attaques subies par les localités israéliennes

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien Israël Katz a affirmé mardi que son pays avait obtenu l'aval des Etats-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en cas d'attaque du groupe pro-iranien sur son sol, selon un communiqué de son bureau.

"Le Premier ministre et moi-même avons mené, avec l'armée israélienne, une démarche visant à établir une équation selon laquelle le sort de Dahiyeh (la banlieue sud, ndlr) à Beyrouth serait lié à celui des localités du nord d'Israël. Si les localités israéliennes continuent d'être attaquées, nous évacuerons et frapperons le quartier chiite de Dahiyeh à Beyrouth, bastion du Hezbollah", a dit M. Katz.

"Les Etats-Unis ont validé ce principe et l'ont communiqué au gouvernement libanais ainsi qu'à toutes les parties concernées (...) Soit les tirs contre les localités cessent, soit, s'ils se poursuivent, nous frapperons Dahiyeh à Beyrouth", a poursuivi le ministre.


Paris s’inquiète des évolutions au Liban et tente un déblocage

Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre Français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants
  • Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention international

PARIS: Soucieuse des évolutions alarmantes de la situation au Liban, Paris a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité, alors que l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, doit se rendre à Beyrouth demain mercredi.

La diplomatie française se mobilise pour venir en aide à un pays dont la situation est une véritable plaie pour ses habitants, notamment les centaines de milliers de déplacés disséminés à travers le territoire au gré des ordres d’évacuation israéliens.

Derrière cette initiative, une question centrale se pose : à quoi peut encore servir une réunion d’urgence à l’ONU dans un contexte où les rapports de force semblent verrouillés ?

Pour Paris, l’objectif de cette réunion est clair : il ne s’agit pas tant d’arracher une résolution, peu probable en raison des équilibres au Conseil de sécurité, que de « remettre la pression » et de replacer le Liban au cœur de l’attention internationale, alors que les regards sont largement tournés vers l’Iran.

Il est clair, pour la diplomatie française, que la situation a franchi un seuil critique ces derniers jours. D’autant que, déjà fragile, le cessez-le-feu apparaît désormais vidé de sa substance.

Les frappes se poursuivent, les menaces israéliennes s’intensifient, y compris contre Beyrouth, et les conditions minimales d’un dialogue crédible semblent s’effondrer.

Canal de discussion entre le Liban et Israël

On ne peut même plus parler de cessez-le-feu, reconnaît-on en substance du côté français, et cette dégradation inquiète d’autant plus qu’elle intervient au moment où un canal de discussion s’est ouvert entre le Liban et Israël sous médiation américaine.

Un choix jugé courageux par la diplomatie française, mais qui place Beyrouth dans une position extrêmement délicate car, faute de réciprocité sur le terrain, ces négociations risquent de perdre toute crédibilité.

Paris insiste sur ce point : si l’on veut que les autorités libanaises puissent avancer dans ces discussions, encore faut-il leur en laisser la possibilité. Or, l’intensification des opérations militaires israéliennes réduit cet espace politique à néant.

Pire encore, elle pourrait renforcer les acteurs que ces négociations cherchent précisément à contenir, au premier rang desquels figure le Hezbollah.

Dans cette équation, la France tente de défendre une approche pragmatique. Elle continue de rappeler la responsabilité du Hezbollah dans l’engrenage du conflit, tout en soulignant que la stratégie actuelle d’Israël est contre-productive, estimant que, s’il fallait saboter les discussions, on ne s’y prendrait pas autrement.

Dès lors, la priorité affichée est le rétablissement d’un cessez-le-feu « robuste », condition indispensable à toute avancée politique, ainsi que la réactivation et l’amélioration du mécanisme mis en place fin 2024, aujourd’hui largement inopérant.

Paris insiste sur le fait que, sans cadre crédible de vérification et de désescalade, les initiatives diplomatiques risquent de rester lettre morte.

Mais au-delà de l’urgence immédiate, la France travaille sur une stratégie de plus long terme qui repose notamment sur un renforcement de l’État libanais, à commencer par son armée. L’objectif est d’aider le Liban à retrouver progressivement sa souveraineté en limitant l’influence des acteurs armés non étatiques.

Cela passe par un soutien accru — financier, logistique mais aussi politique — aux forces armées libanaises, sans pour autant leur demander une confrontation directe avec le Hezbollah, jugée irréaliste dans le contexte actuel. Il s’agit plutôt de renforcer leur présence sur le terrain, de contrôler les flux logistiques et financiers et de sécuriser des zones clés, notamment la frontière avec la Syrie.

Sur ce dernier point, Paris voit un levier important car, contrairement aux années précédentes, un certain niveau de coopération avec les autorités syriennes semble possible, ouvrant la voie à un meilleur contrôle des flux qui alimentent le Hezbollah.

Autre chantier majeur du point de vue français : l’avenir de la présence internationale au Liban. Le retrait annoncé de la FINUL d’ici à la fin de l’année suscite de vives inquiétudes.

Les leviers de la France demeurent limités

La France estime qu’un tel vide sécuritaire serait dangereux et plaide donc pour une réflexion rapide sur un nouveau dispositif, potentiellement plus adapté aux réalités actuelles.

Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large consistant à remobiliser les partenaires internationaux. À ce propos, Paris travaille étroitement avec plusieurs pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, ainsi qu’avec certains partenaires européens, afin de tenter de recréer une dynamique collective autour du Liban.

Reste toutefois une réalité difficile à contourner : les leviers de la France demeurent limités face au rôle central des États-Unis dans la médiation. La diplomatie française s’efforce néanmoins de peser indirectement en multipliant les échanges avec Washington et en délivrant un message constant : sans cessez-le-feu, aucune avancée durable n’est possible.

Par ailleurs, Paris explore d’autres pistes de pression, notamment au niveau européen. Le débat sur l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël pourrait ainsi évoluer sous l’effet conjugué des situations à Gaza, en Cisjordanie et désormais au Liban.

Enfin, la mission de l’envoyé spécial Jean-Yves Le Drian à Beyrouth revêt une dimension politique essentielle puisque, au-delà du soutien affiché, il s’agira pour lui de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques libanaises afin de favoriser un minimum de cohésion interne.

Un enjeu jugé crucial par la diplomatie française dans un pays profondément fragmenté, où les divisions communautaires affaiblissent toute stratégie nationale.